{"id":3820,"date":"2015-01-11T17:55:27","date_gmt":"2015-01-11T16:55:27","guid":{"rendered":"http:\/\/saint-andre-d-olerargues.com\/wpdossier\/?p=3820"},"modified":"2015-01-11T17:55:27","modified_gmt":"2015-01-11T16:55:27","slug":"quest-ce-quil-en-pense-le-general","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/saint-andre-d-olerargues.com\/wpdossier\/blog\/2015\/01\/11\/quest-ce-quil-en-pense-le-general\/","title":{"rendered":"<strong>Qu\u2019est-ce qu\u2019il en pense le g\u00e9n\u00e9ral \u2026 ?<\/strong>"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/saint-andre-d-olerargues.com\/wpdossier\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/general.jpg\"><img loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/saint-andre-d-olerargues.com\/wpdossier\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/general.jpg\" alt=\"general\" width=\"605\" height=\"262\" class=\"alignnone size-full wp-image-3821\" srcset=\"http:\/\/saint-andre-d-olerargues.com\/wpdossier\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/general.jpg 605w, http:\/\/saint-andre-d-olerargues.com\/wpdossier\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/general-300x130.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 605px) 100vw, 605px\" \/><\/a><br \/>\nAlexandrins de Patrick le Gavrian. Glan\u00e9 sur le site de Jean-Pierre PETIT<\/p>\n<h1>LA COLERE DU GENERAL <\/h1>\n<p><em>La sc\u00e8ne se passe au Paradis. Sur un petit nuage Tante Yvonne est assise sur un pliant et tricote. Elle voit arriver le G\u00e9n\u00e9ral la mine d\u00e9faite, titubant, pr\u00eat \u00e0 d\u00e9faillir. Apr\u00e8s quelques pas il s\u2019effondre dans un fauteuil \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s.<br \/>\n<\/em><\/p>\n<h2>Tante Yvonne <\/h2>\n<p>Depuis que de Saint Pierre vous e\u00fbtes permission<br \/>\nDe retourner sur terre ausculter la nation,<br \/>\nSur ce petit pliant j\u2019attends votre venue\u2026.<br \/>\nMais\u2026 je lis dans vos yeux une d\u00e9convenue.<br \/>\nParlez-moi sans tarder de celle qui toujours<br \/>\nFut jadis, avec moi, l\u2019objet de vos amours.<\/p>\n<h2>Le G\u00e9n\u00e9ral<\/h2>\n<p> Vous voulez dire\u2026 la France\u2026 \u00e0 qui j\u2019ai vou\u00e9 ma vie;<br \/>\nNe cachons point son nom. Je vous sais gr\u00e9, ma Mie,<br \/>\n&#8211; Malgr\u00e9 les embarras, les peines et les tracas<br \/>\nQu\u2019elle a pu vous donner et dont je fais grand cas, &#8211;<br \/>\nPendant aussi longtemps, de l\u2019avoir tol\u00e9r\u00e9e.<\/p>\n<h2>Tante Yvonne<\/h2>\n<p>Eh bien ?<\/p>\n<h2>Le G\u00e9n\u00e9ral<\/h2>\n<p>Eh bien Madame, elle est d\u00e9figur\u00e9e !<\/p>\n<h2>Tante Yvonne<\/h2>\n<p>Charles, je compatis, c\u2019est une peine extr\u00eame<br \/>\nDe voir les traits meurtris d\u2019une femme qu\u2019on aime<br \/>\nElle a vieilli, triste r\u00e9alit\u00e9\u2026\u2026<\/p>\n<h2>Le G\u00e9n\u00e9ral<\/h2>\n<p>Oh, ce n\u2019est pas cela !<br \/>\nIl m\u2019en faudrait bien plus pour \u00eatre en cet \u00e9tat.<br \/>\nNon ! Je n\u2019attendais pas de la revoir pucelle,<br \/>\nCar on peut d\u00e9cliner sans cesser d\u2019\u00eatre belle.<br \/>\nSi le corps en hiver n\u2019est plus \u00e0 son printemps<br \/>\nL\u2019\u00e2me de l\u2019\u00eatre aim\u00e9 sait r\u00e9sister au temps.<\/p>\n<h2>Tante Yvonne<\/h2>\n<p>C\u2019est donc son \u00e2me ?<\/p>\n<h2>Le G\u00e9n\u00e9ral<\/h2>\n<p>H\u00e9las, si je n\u2019\u00e9tais au Ciel<br \/>\nPr\u00e8s de vous, \u00e0 l\u2019abri des chocs existentiels<br \/>\nCe que j\u2019ai vu m\u2019aurait donn\u00e9 le coup de gr\u00e2ce !<\/p>\n<h2>Tante Yvonne <\/h2>\n<p>Mais qu\u2019avez-vous donc vu ? Vos silences me glacent.<\/p>\n<h2>Le G\u00e9n\u00e9ral <\/h2>\n<p>France, m\u00e8re des arts, des armes et des lois\u2026 !<br \/>\n\u00d4 Dieu, l\u2019\u00e9trange peine ! Et quel affreux \u00e9moi !<br \/>\nQuelle d\u00e9sillusion, quelle d\u00e9sesp\u00e9rance<br \/>\nDe revoir sa maitresse en telle d\u00e9sh\u00e9rence !<\/p>\n<h2>Tante Yvonne<\/h2>\n<p>Mais encore.. ? Pr\u00e9cisez ! Je reste sur ma faim ;<br \/>\nVous me turlupinez ! Qu\u2019avez-vous vu enfin ?<\/p>\n<h2>Le G\u00e9n\u00e9ral<\/h2>\n<p>J\u2019ai vu\u2026J\u2019ai vu\u2026Oh Ciel !&#8230;J\u2019ai vu\u2026 Comment vous dire ?<br \/>\nComment bien s\u2019exprimer quand on a vu le pire ?<br \/>\nJ\u2019ai vu le Titanic s\u2019ab\u00eemer dans les flots<br \/>\nEt son grand timonier repeindre les hublots.<br \/>\nJ\u2019ai vu un pr\u00e9sident la cravate en goguette<br \/>\nL\u2019air niais, le regard flou et la mine d\u00e9faite,<br \/>\nUn casque sur le chef, juch\u00e9 sur un scooter.<br \/>\n(On avait d\u00fb lui dire : \u00ab Il faut sortir couvert \u00bb).<br \/>\nVous voyez le tableau ! Oh Madame, j\u2019ai honte<br \/>\nDe certifier pour vrai ce que je raconte !<br \/>\nC\u2019est la chienlit, vous dis-je, et pas qu\u2019en les faubourgs<br \/>\nComme ce fut le cas quand nous jouissions du jour\u2026.,<br \/>\nMais dans le Saint des Saints\u2026..au c\u0153ur de l\u2019Etat m\u00eame\u2026<br \/>\nO\u00f9 tout devrait baigner dans un accord extr\u00eame.<br \/>\n&#8211; J\u2019ai vu des gouvernants qui ne gouvernent rien<br \/>\nEt un peuple h\u00e9b\u00e9t\u00e9 les traiter de vauriens\u2026<br \/>\n&#8211; J\u2019ai vu des \u00ab ministrons \u00bb se tirer dans les pattes<br \/>\nPlus divis\u00e9s entre eux que ne sont les Carpates.<br \/>\n&#8211; J\u2019ai vu, comme jadis, tous ces \u00ab politichiens \u00bb<br \/>\nSe disputer leur os, hargneux comme des chiens.<br \/>\n&#8211; J\u2019ai vu, dans la maison o\u00f9 j\u2019ai r\u00e9gn\u00e9 dix ans<br \/>\nUn orchestre amateur gratter des instruments<br \/>\nDans la cacophonie\u2026et dans ce grand bazar<br \/>\nLe moindre \u00ab palotin \u00bb se prendre pour C\u00e9sar;<br \/>\nL\u2019un, fraichement nomm\u00e9, jouant les petits saints,<br \/>\nS\u2019exon\u00e9rer d\u2019imp\u00f4ts et trouver \u00e7\u00e0 tr\u00e8s bien ;<br \/>\nL\u2019autre, obscure conseiller, qu\u00e9rir \u00e0 son de trompe<br \/>\nUn larbin stipendi\u00e9 pour lui cirer les pompes.<br \/>\nGeste surr\u00e9aliste au temps qui fut le mien !<br \/>\nMais j\u2019allais oublier, et l\u00e0, tenez-vous bien<br \/>\nPour couronner le tout, j\u2019ai vu, (serrez les cuisses)<br \/>\nLe gardien du budget, planquer son fric en Suisse.<\/p>\n<h2>Tante Yvonne<\/h2>\n<p>N\u2019\u00eates-vous point s\u00e9v\u00e8re avec ces jeunes gens<br \/>\nTout fiers d\u2019avoir acquis un certain entregent ?<br \/>\nCes nouveaux Rastignac jadis vous faisaient rire<br \/>\nEt ne vous mettaient pas dans une telle ire.<br \/>\nNous conn\u00fbmes souvent et du temps de nos rois<br \/>\nNombre de grands coquins qui s\u2019exemptaient des lois<br \/>\nEt m\u00eame pour certains sombraient dans la d\u00e9bauche.<\/p>\n<h2>Le G\u00e9n\u00e9ral <\/h2>\n<p>Mais aucun de ceux-l\u00e0 ne se disait de gauche<br \/>\nAlors que ces pignoufs, sinistres polissons,<br \/>\nSe pavanent le jour en donnant des le\u00e7ons.<br \/>\nJe me suis renseign\u00e9 sur l\u2019Histoire r\u00e9cente<br \/>\nPour comprendre un peu mieux ces fa\u00e7ons ind\u00e9centes.<br \/>\nEt qu\u2019ai-je appris ? Grands dieux !&#8230;Mille calamit\u00e9s<br \/>\nSur un gouvernement qui semble tout rater.<br \/>\nDepuis plus de deux ans, on s\u2019agite, on sp\u00e9cule ;<br \/>\nCe qu\u2019on avance un jour ensuite on le recule.<br \/>\nDans un rythme effr\u00e9n\u00e9 qui donne le tournis<br \/>\nCe n\u2019est plus un tango, c\u2019est la danse de saint Guy.<br \/>\nLe peuple abasourdi par ces folles pratiques<br \/>\nNe voit pour l\u2019avenir que funestes musiques.<br \/>\nIl s\u2019agite \u00e0 son tour, ployant sous les imp\u00f4ts<br \/>\nR\u00e9siste \u00e0 tout diktat, discute \u00e0 tout propos,<br \/>\nTire \u00e0 hue et \u00e0 dia et renverse la table.<\/p>\n<h2>Tante Yvonne <\/h2>\n<p>Un peuple ingouvern\u00e9 devient ingouvernable.<\/p>\n<h2>Le G\u00e9n\u00e9ral <\/h2>\n<p>Je confirme et j\u2019illustre\u2026. Ecoutez bien ceci !<br \/>\nC\u2019est un tableau d\u2019en bas que je vous fais ici:<br \/>\nA-t-on pris d\u00e9cision dans les formes l\u00e9gales,<br \/>\nQue l\u2019on voit illico se former des cabales !<br \/>\nL\u2019un met un bonnet rouge et l\u2019autre un bonnet vert<br \/>\nEn pr\u00e9tendant agir au nom de l\u2019Univers.<br \/>\nQuelques illumin\u00e9s ou quelques fous furieux<br \/>\nHurlent en vomissant des slogans injurieux,<br \/>\nPillent les magasins, \u00e9ructent, gesticulent<br \/>\nCassent trois abris-bus\u2026 Et le pouvoir recule.<\/p>\n<h2>Tante Yvonne<\/h2>\n<p>Mais que fait la police et que font les gendarmes<\/p>\n<h2>Le G\u00e9n\u00e9ral<\/h2>\n<p>Le moins possible, h\u00e9las ! Ils ont du \u00ab vague \u00e0 l\u2019arme \u00bb.<br \/>\nCar si par aventure on coffre un malfaisant<br \/>\nC\u2019est la Garde des Sceaux qui porte les croissants.<br \/>\nLes socialos, na\u00effs, r\u00eavent dans les nuages<br \/>\nSe bercent d\u2019illusions dans leurs lits d\u2019enfants sages.<br \/>\nConfront\u00e9s au r\u00e9el, ancr\u00e9s dans leur d\u00e9ni<br \/>\nIls sont tout \u00e9tonn\u00e9s quand ils tombent du nid.<br \/>\nLes jeunes snobinards, que bobos on appelle,<br \/>\nVitup\u00e8rent la droite en faisant bien pis qu\u2019elle.<br \/>\nLes tribuns de la pl\u00e8be agitent leurs grelots;<br \/>\nL\u2019un veut saigner Neuilly pour nourrir le prolo;<br \/>\nL\u2019autre clame \u00e0 grands cris qu\u2019il faudrait tout secouer<br \/>\nEn virant les n\u00e9gros, les bicots, les niaquou\u00e9s.<br \/>\nEt les deux r\u00e9unis proposent des programmes<br \/>\nQui traduisent \u00e0 plat leur enc\u00e9phalogramme.<\/p>\n<h2>Tante Yvonne <\/h2>\n<p>Mais o\u00f9 sont les anciens, gaullistes et cocos,<br \/>\nCeux qui savaient pousser de grands cocoricos.<\/p>\n<h2>Le G\u00e9n\u00e9ral <\/h2>\n<p>Leur QG moscovite ayant p\u00e9t\u00e9 les c\u00e2bles<br \/>\nLes cocos d\u2019autrefois sont quasi introuvables.<\/p>\n<h2>Tante Yvonne<\/h2>\n<p>Au gu\u00e9 ! Bonne nouvelle. Tout espoir n\u2019est pas mort.<br \/>\nSouvenez-vous du temps o\u00f9 ils \u00e9taient si forts.<br \/>\nAh ! Plus de rouges, enfin, en travers de la route.<br \/>\nMais\u2026 la race est teigneuse\u2026Il en reste sans doute.<\/p>\n<h2>Le G\u00e9n\u00e9ral<\/h2>\n<p>Oui ! Vous avez raison, ce sont de grands pervers\u2026<br \/>\nLes derniers survivants se font repeindre en vert.<br \/>\nQuant \u00e0 nos vieux amis, gaullistes de bapt\u00eame,<br \/>\nOn fleuri leur logis avec des chrysanth\u00e8mes.<br \/>\nC\u2019est leurs petits neveux qui piaillent \u00e0 pr\u00e9sent<br \/>\nEt se bouffent le nez pour occuper leur temps.<br \/>\nL\u2019un d\u2019eux, le plus remuant, habile en artifices<br \/>\nSe d\u00e9bat aujourd\u2019hui en des cours de justice.<br \/>\nJe crains pour mon malheur avoir \u0153uvr\u00e9 en vain.<br \/>\nMon costume est trop grand pour habiller ces nains.<\/p>\n<h2>Tante Yvonne<\/h2>\n<p>Oubliez tout ceci; laissons la politique<br \/>\nQui vous fait enrager et tourner en bourrique.<br \/>\nParlons d\u2019autres sujets, plus gais et plus l\u00e9gers;<br \/>\nDes lieux que j\u2019ai connus\u2026 Paris a-t-il chang\u00e9 ?<\/p>\n<h2>Le G\u00e9n\u00e9ral <\/h2>\n<p> (devenant plus calme)<br \/>\nHeureusement pas trop. On reconnait la ville.<br \/>\nJ\u2019ai pu me promener jusqu\u2019\u00e0 saint Louis en l\u2019Ile.<br \/>\nPompidou, un peu snob, pour marquer son s\u00e9jour<br \/>\nFit une usine \u00e0 gaz au quartier de Beaubourg.<br \/>\nGiscard n\u2019a rien cass\u00e9, c\u2019est d\u00e9j\u00e0 quelque chose.<br \/>\nMitterrand l\u2019a suivi, tenant au poing la rose.<br \/>\nMais lui, plus m\u00e9galo, se croyant pharaon<br \/>\nS\u2019est plu \u00e0 imiter le roi Toutankhamon.<br \/>\nIl sema pyramides aux parterres du Louvre.<br \/>\nC\u2019est l\u2019Egypte \u00e0 pr\u00e9sent qu\u2019en ces lieux on d\u00e9couvre.<br \/>\nChirac plus primitif a voulu, Quai Branly,<br \/>\nHonorer les Dogons, les Peuls, les Chamboulis.<br \/>\nA leur art, dit premier, il a su rendre hommage.<br \/>\nLe monument s\u2019efface au milieu des feuillages.<br \/>\nJe n\u2019ai pas retrouv\u00e9 les Halles de Baltard.<br \/>\nA leur place un chantier avait pris du retard.<br \/>\nEt quant \u00e0 l\u2019Elys\u00e9e ou vous f\u00fbtes nagu\u00e8re<br \/>\nCe n\u2019est plus un palais, c\u2019est une gar\u00e7onni\u00e8re.<br \/>\nJ\u2019ai m\u00eame cru comprendre en lisant leurs canards<br \/>\nQue peu s\u2019en est fallu qu\u2019il fut un lupanar.<\/p>\n<h2>Tante Yvonne<\/h2>\n<p>Un lupanar ! Grands dieux ! Comment est-ce possible ?<br \/>\nVous me faites plonger dans un monde indicible.<br \/>\nJe ne puis y songer sans trembler de d\u00e9go\u00fbt.<br \/>\n\u2026.Notre chambre \u00e0 coucher, annexe du \u00ab one two two \u00bb !&#8230;.<\/p>\n<h2>Le G\u00e9n\u00e9ral <\/h2>\n<p> (qui s\u2019\u00e9chauffe progressivement)<br \/>\nOui ! les m\u0153urs d\u2019aujourd\u2019hui connaissent quelque audace<br \/>\nLa contrainte est bannie et la honte fugace;<br \/>\nCe qu\u2019on cachait jadis on l\u2019\u00e9tale \u00e0 pr\u00e9sent;<br \/>\nL\u2019inverti manifeste et la lesbienne autant.<br \/>\nOn divorce partout. Mariage ?&#8230;Anachronique !<br \/>\nSauf pour certains homos qui, eux, le revendiquent<br \/>\nLa d\u00e9viance est tr\u00e8s mode et ne fait plus horreur ;<br \/>\nOn l\u2019exhibe \u00e0 tout vent mieux que l\u00e9gion d\u2019honneur.<br \/>\nLe travelo s\u2019affiche et le cam\u00e9 ne cesse<br \/>\nDe r\u00e9clamer sa dose aux frais de la princesse.<br \/>\nLe moindre hurluberlu fait son int\u00e9ressant<br \/>\nQuitte \u00e0 montrer son cul au regard des passants.<br \/>\nA quand le zoophile ? A quand le coprophage ?<\/p>\n<h2>Tante Yvonne<\/h2>\n<p>Du calme mon ami, mod\u00e9rez cet orage !<\/p>\n<h2>Le G\u00e9n\u00e9ral <\/h2>\n<p>Mais, mon c\u0153ur, laissez-moi m\u2019expliquer plus avant<br \/>\nEt vous aurez la cl\u00e9 de cet emportement.<br \/>\nSi vous aviez pu voir, m\u00eame de votre rive<br \/>\nCe qui m\u2019est advenu juste avant que j\u2019arrive,<br \/>\nVous eussiez, c\u2019est certain, eu le souffle coup\u00e9.<br \/>\nJe reprends mon discours o\u00f9 je l\u2019avais laiss\u00e9<br \/>\nAyant \u00e0 sati\u00e9t\u00e9 subi les psychodrames<br \/>\nDes gauchos, des fachos et de tous ceux qui brament<br \/>\nAvant de repartir j\u2019ai voulu, bon \u00e9poux,<br \/>\nMe rendre chez Chaumet vous choisir un bijou,<br \/>\nSur la Place Vend\u00f4me. Au pied de la colonne<br \/>\nQue vis-je alors, Madame ? En cent, je vous le donne,<br \/>\nLe sommet m\u2019a-t-on dit de l\u2019art contemporain :<br \/>\nUn enculoir g\u00e9ant en guise de sapin.<br \/>\nIl m\u2019a fallu trouver le salut dans la fuite<br \/>\nPour ne pas m\u2019exposer au viol d\u2019un sodomite.<br \/>\nAfin qu\u2019il me remonte aussit\u00f4t chez les miens,<br \/>\nJ\u2019ai convoqu\u00e9, presto, mon bon ange gardien.<br \/>\nEt c\u2019est ainsi, tremblant et d\u2019horreur et de rage<br \/>\nQue vous me revoyez en ces nobles parages.<\/p>\n<h2>Tante Yvonne<\/h2>\n<p>Calmez-vous ! les Fran\u00e7ais autrefois ont fait pis.<br \/>\nEt m\u00eame en votre temps vous f\u00fbtes d\u00e9confit<br \/>\nPar leur acrimonie et par leur inconstance.<br \/>\nN\u2019ont-ils pas bien des fois fr\u00f4l\u00e9 la d\u00e9cadence ?<br \/>\nJe me souviens d\u2019un jour o\u00f9 par eux, exc\u00e9d\u00e9<br \/>\nVous les aviez, je crois, trait\u00e9s de bovid\u00e9s.<\/p>\n<h2>Le G\u00e9n\u00e9ral<\/h2>\n<p>C\u2019est possible, en effet, dans un acc\u00e8s de doute<br \/>\nO\u00f9 leur grande inertie entravait trop ma route.<br \/>\nMais, Yvonne, aujourd\u2019hui ils ont fait bien plus fort.<br \/>\nLes Fran\u00e7ais sont des veaux gouvern\u00e9s par des porcs.<\/p>\n<h2>Tante Yvonne <\/h2>\n<p>Mais vous n\u2019y pouvez rien ; laissez \u00e0 Dieu le P\u00e8re<br \/>\nLe soin de r\u00e9primer tous ces col\u00e9opt\u00e8res.<br \/>\nC\u2019est ainsi et c\u2019est tout ! Le Fran\u00e7ais, Fran\u00e7ais n\u00e9,<br \/>\nSera toujours paillard et indisciplin\u00e9 ;<br \/>\nToujours libidineux, frondeur si n\u00e9cessaire<br \/>\nArrogant, belliqueux et m\u00eame t\u00e9m\u00e9raire<br \/>\nEt cela en d\u00e9pit de centaines de lois<br \/>\nCar s\u2019il n\u2019est plus gaulliste, il demeure Gaulois.<\/p>\n<h2>Le G\u00e9n\u00e9ral <\/h2>\n<p> <em>(se levant, plus d\u00e9tendu)<br \/>\n<\/em><br \/>\nOui, vous avez raison ! J\u2019ai tort, je m\u2019obnubile<br \/>\nEt ne fais rien de mieux que m\u2019\u00e9chauffer la bile.<br \/>\nLaissons aux successeurs ce monde convulsif<br \/>\nEt allons chez Malraux prendre l\u2019ap\u00e9ritif. <\/p>\n<p><em>Ils sortent<br \/>\n<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Alexandrins de Patrick le Gavrian. Glan\u00e9 sur le site de Jean-Pierre PETIT LA COLERE DU GENERAL La sc\u00e8ne se passe au Paradis. Sur un petit nuage Tante Yvonne est assise sur un pliant et tricote. Elle voit arriver le G\u00e9n\u00e9ral la mine d\u00e9faite, titubant, pr\u00eat \u00e0 d\u00e9faillir. Apr\u00e8s quelques pas il s\u2019effondre dans un fauteuil \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s. Tante Yvonne Depuis que de Saint Pierre vous e\u00fbtes permission De retourner sur terre ausculter la nation, Sur ce petit pliant j\u2019attends votre venue\u2026. Mais\u2026 je lis dans vos yeux une d\u00e9convenue. Parlez-moi sans tarder de celle qui toujours Fut jadis, avec moi, l\u2019objet de vos amours. Le G\u00e9n\u00e9ral Vous voulez dire\u2026 la France\u2026 \u00e0 qui j\u2019ai vou\u00e9 ma vie; Ne cachons point son nom. Je vous sais gr\u00e9, ma Mie, &#8211; Malgr\u00e9 les embarras, les peines et les tracas Qu\u2019elle a pu vous donner et dont je fais grand cas, &#8211; Pendant aussi longtemps, de l\u2019avoir tol\u00e9r\u00e9e. Tante Yvonne Eh bien ? Le G\u00e9n\u00e9ral Eh bien Madame, elle est d\u00e9figur\u00e9e ! Tante Yvonne Charles, je compatis, c\u2019est une peine extr\u00eame De voir les traits meurtris d\u2019une femme qu\u2019on aime Elle a vieilli, triste r\u00e9alit\u00e9\u2026\u2026 Le G\u00e9n\u00e9ral Oh, ce n\u2019est pas cela [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[10],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/saint-andre-d-olerargues.com\/wpdossier\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3820"}],"collection":[{"href":"http:\/\/saint-andre-d-olerargues.com\/wpdossier\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/saint-andre-d-olerargues.com\/wpdossier\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/saint-andre-d-olerargues.com\/wpdossier\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/saint-andre-d-olerargues.com\/wpdossier\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3820"}],"version-history":[{"count":2,"href":"http:\/\/saint-andre-d-olerargues.com\/wpdossier\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3820\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3823,"href":"http:\/\/saint-andre-d-olerargues.com\/wpdossier\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3820\/revisions\/3823"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/saint-andre-d-olerargues.com\/wpdossier\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3820"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/saint-andre-d-olerargues.com\/wpdossier\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3820"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/saint-andre-d-olerargues.com\/wpdossier\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3820"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}