{"id":4196,"date":"2015-04-17T10:17:00","date_gmt":"2015-04-17T08:17:00","guid":{"rendered":"http:\/\/saint-andre-d-olerargues.com\/wpdossier\/?p=4196"},"modified":"2015-04-29T07:13:20","modified_gmt":"2015-04-29T05:13:20","slug":"la-parabole-du-reservoir-deau-edward-bellamy","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/saint-andre-d-olerargues.com\/wpdossier\/blog\/2015\/04\/17\/la-parabole-du-reservoir-deau-edward-bellamy\/","title":{"rendered":"La parabole du r\u00e9servoir d&rsquo;eau (Edward Bellamy)"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/saint-andre-d-olerargues.com\/wpdossier\/wp-content\/uploads\/2015\/04\/La-Citerne.jpg\"><img loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/saint-andre-d-olerargues.com\/wpdossier\/wp-content\/uploads\/2015\/04\/La-Citerne.jpg\" alt=\"La Citerne\" width=\"832\" height=\"606\" class=\"alignnone size-full wp-image-4197\" srcset=\"http:\/\/saint-andre-d-olerargues.com\/wpdossier\/wp-content\/uploads\/2015\/04\/La-Citerne.jpg 832w, http:\/\/saint-andre-d-olerargues.com\/wpdossier\/wp-content\/uploads\/2015\/04\/La-Citerne-300x219.jpg 300w, http:\/\/saint-andre-d-olerargues.com\/wpdossier\/wp-content\/uploads\/2015\/04\/La-Citerne-800x583.jpg 800w\" sizes=\"(max-width: 832px) 100vw, 832px\" \/><\/a><\/p>\n<p>\u00ab Equality \u00bb, publi\u00e9 en 1897 par Edward Bellamy, est la suite de son roman \u00ab\u00a0Looking Backward\u00a0\u00bb, <\/p>\n<p>Dans \u00ab\u00a0Equality\u00a0\u00bb, qui est l&rsquo;ach\u00e8vement de sa r\u00e9flexion utopique, Edward Bellamy r\u00e9pond \u00e0 ses contradicteurs et pr\u00e9cise sa pens\u00e9e.<br \/>\n\u00ab\u00a0L\u2019autoritarisme de Looking Backward est largement att\u00e9nu\u00e9, les droits des femmes sont r\u00e9affirm\u00e9s, le th\u00e8me de la protection de l\u2019environnement, qui n\u2019avait aucune place dans Looking Backward, appara\u00eet\u00a0\u00bb.<br \/>\nCe roman, sans grand ressort dramatique, ne connut  pas le succ\u00e8s du pr\u00e9c\u00e9dent. Aussi bien doit-il \u00eatre lu plut\u00f4t pour ses id\u00e9es, en contraste avec celles de son \u00e9poque et, souvent, en r\u00e9sonance avec la n\u00f4tre.<\/p>\n<p>On y trouve un texte c\u00e9l\u00e8bre, <em>\u00ab la parabole du r\u00e9servoir d&rsquo;eau \u00bb, <\/em>souvent repris dans la litt\u00e9rature ouvri\u00e8re et anarchiste, mais sous une forme \u00e9dulcor\u00e9e ou sous forme de tract. <\/p>\n<p> On trouvera ci-dessous, dans son int\u00e9gralit\u00e9, ce fameux passage, \u00e9tonnamment moderne !!!<\/p>\n<p>D\u00e9j\u00e0 les m\u00eame causes et les m\u00eames effets en 1897 !<\/p>\n<p>______________________________________________________________________________<\/p>\n<h1>La parabole du r\u00e9servoir d&rsquo;eau<\/h1>\n<p>Il \u00e9tait une fois un pays tr\u00e8s sec, dont les habitants manquaient cruellement d&rsquo;eau. Et ils ne faisaient rien d&rsquo;autre que de chercher de l&rsquo;eau, du matin au soir. Beaucoup mouraient parce qu&rsquo;ils n&rsquo;en trouvaient pas.<\/p>\n<p>Cependant, certains hommes, dans ce pays, \u00e9taient plus rus\u00e9s et diligents que les autres. Et ils s&rsquo;\u00e9taient procur\u00e9 des quantit\u00e9s d&rsquo;eau l\u00e0 o\u00f9 d&rsquo;autres n&rsquo;en avaient pas trouv\u00e9. Et on appelait ces hommes les capitalistes. Il advint que les habitants de ce pays s&rsquo;en furent trouver les capitalistes et les pri\u00e8rent de leur donner un peu de l&rsquo;eau qu&rsquo;ils s&rsquo;\u00e9taient procur\u00e9e, pour qu&rsquo;ils puissent boire, puisqu&rsquo;ils mouraient de soif.<\/p>\n<p>Mais les capitalistes leur r\u00e9pondirent: <\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Allez-vous-en, gens stupides! Pourquoi devrions-nous vous donner de l&rsquo;eau que nous avons, et devenir comme vous \u00eates, et mourir avec vous. Mais voici ce que nous allons faire pour vous. Soyez nos serviteurs, et vous aurez de l&rsquo;eau.\u00a0\u00bb Et les habitants dirent: \u00ab\u00a0Donnez nous donc \u00e0 boire, et nous serons vos serviteurs, nous et nos enfants.\u00a0\u00bb<br \/>\n<\/em><\/p>\n<p>Et il en fut ainsi.<br \/>\nLes capitalistes \u00e9taient des hommes intelligents et avis\u00e9s. Ils organis\u00e8rent ceux qui les servaient en brigades, avec des chefs et des contremaitres, affect\u00e9s, pour certains, \u00e0 sonder les sources, d&rsquo;autres \u00e0 transporter l&rsquo;eau, d&rsquo;autres enfin \u00e0 chercher de nouvelles sources. Et toute l&rsquo;eau fut rassembl\u00e9e en un seul endroit. Les capitalistes construisirent un grand r\u00e9servoir pour la contenir, et le r\u00e9servoir fut appel\u00e9 Le March\u00e9, car c&rsquo;est l\u00e0 que les gens, y compris les serviteurs des capitalistes, venaient s&rsquo;approvisionner en eau. Et les capitalistes dirent au gens:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Pour chaque seau d&rsquo;eau que vous nous apporterez, pour le verser dans le r\u00e9servoir, qui est Le March\u00e9, voici que nous vous donnerons un sou, mais pour chaque seau que nous en retirerons pour vous donner \u00e0 boire, \u00e0 vous, \u00e0 vos femmes et \u00e0 vos enfants, vous nous donnerez deux sous, et la diff\u00e9rence sera notre b\u00e9n\u00e9fice, car sans cela nous ne le ferions pas pour vous et vous devriez tous mourir.\u00a0\u00bb<br \/>\n<\/em><br \/>\nEt c&rsquo;\u00e9tait bien ainsi, aux yeux du peuple, car il manquait de discernement. Et les gens s&rsquo;activ\u00e8rent \u00e0 remplir le r\u00e9servoir jour apr\u00e8s jour, et pour chaque seau, les capitalistes payaient \u00e0 chacun un sou, alors que pour chaque seau fourni au peuple, deux sous revenaient aux capitalistes.<br \/>\nEt apr\u00e8s plusieurs jours le r\u00e9servoir d&rsquo;eau, dit Le March\u00e9, d\u00e9borda, du fait que pour chaque seau vers\u00e9, les gens ne recevaient que de quoi acheter un demi-seau. Et \u00e0 cause de l&rsquo;exc\u00e9dent laiss\u00e9 \u00e0 chaque seau, le r\u00e9servoir d&rsquo;eau d\u00e9bordait car les gens \u00e9taient nombreux, alors que les capitalistes \u00e9taient rares et ne pouvaient pas boire plus que les autres.<br \/>\nEn cons\u00e9quence de quoi le r\u00e9servoir d&rsquo;eau d\u00e9bordait. <\/p>\n<p>Et quand les capitalistes virent l&rsquo;eau d\u00e9border, ils dirent aux gens :<br \/>\n<em>\u00ab\u00a0Ne voyez-vous pas que le r\u00e9servoir d&rsquo;eau, qui est Le March\u00e9, d\u00e9borde? Asseyez-vous donc, et soyez patients. Cessez d&rsquo;apporter de d&rsquo;eau jusqu&rsquo;\u00e0 ce que le r\u00e9servoir soit vide.\u00a0\u00bb<br \/>\n<\/em><\/p>\n<p>Mais quand les gens ne re\u00e7urent plus les sous des capitalistes pour l&rsquo;eau qu&rsquo;ils apportaient, ils ne purent plus acheter de l&rsquo;eau aux capitalistes, n&rsquo;ayant pas de quoi acheter. Et quand les capitalistes virent qu&rsquo;ils ne faisaient plus de b\u00e9n\u00e9fice, car plus personne n&rsquo;achetait de l&rsquo;eau, ils furent troubl\u00e9s.<\/p>\n<p>Et ils envoy\u00e8rent des hommes sur les routes, les chemins et les haies, en criant:<br \/>\n<em>\u00ab\u00a0Si quelqu&rsquo;un a soif, qu&rsquo;il vienne au r\u00e9servoir d&rsquo;eau nous acheter de l&rsquo;eau, sinon elle va d\u00e9border\u00a0\u00bb <\/p>\n<p><\/em>Et ils se dirent :<br \/>\n<em>\u00ab\u00a0Voici que les temps sont durs, il faut faire de la publicit\u00e9 \u00ab\u00a0.<\/p>\n<p><\/em>Mais le peuple r\u00e9pondit, en disant:<br \/>\n<em>\u00ab\u00a0Comment pouvons-nous acheter si vous ne nous employez pas, sinon comment allons-nous avoir de quoi acheter? Employez-nous donc comme avant et nous serons heureux acheter de l&rsquo;eau, car nous avons soif, et vous n&rsquo;aurez pas besoin de faire de la publicit\u00e9\u00a0\u00bb.<br \/>\n<\/em><br \/>\nMais les capitalistes dirent au peuple:<br \/>\n<em>\u00ab\u00a0Allons-nous vous embaucher pour apporter de l&rsquo;eau, alors que le r\u00e9servoir, qui est Le March\u00e9, d\u00e9borde d\u00e9j\u00e0? Achetez-nous donc d&rsquo;abord de l&rsquo;eau, et quand vous aurez vid\u00e9 le r\u00e9servoir avec vos achats, nous vous embaucherons \u00e0 nouveau.\u00a0\u00bb<br \/>\n<\/em><br \/>\nEt ainsi, du fait que les capitalistes ne les employaient plus pour apporter de l&rsquo;eau, les gens ne pouvaient pas acheter l&rsquo;eau qu&rsquo;ils avaient d\u00e9j\u00e0 apport\u00e9, et du fait que les gens ne pouvaient acheter l&rsquo;eau qu&rsquo;ils avaient d\u00e9j\u00e0 apport\u00e9, les capitalistes ne pouvaient plus les employer \u00e0 apporter l&rsquo;eau . <\/p>\n<p>Et on se mit \u00e0 dire partout : \u00ab\u00a0C\u2019EST LA CRISE.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Le peuple mourait de soif. Il n&rsquo;en allait plus maintenant comme du temps de leurs p\u00e8res, quand les terrains \u00e9taient libres et quand chacun pouvait librement chercher de l&rsquo;eau pour lui-m\u00eame. L\u00e0, les capitalistes avaient pris toutes les sources, et les puits, et les roues \u00e0 eau, et les r\u00e9cipients, et les seaux, de sorte que personne ne pouvait se procurer de l&rsquo;eau du r\u00e9servoir d&rsquo;eau, qui \u00e9tait Le March\u00e9. Alors le peuple murmura contre les capitalistes et dit:<br \/>\n<em>\u00ab\u00a0Voici que le r\u00e9servoir est \u00e0 sec, et que nous mourons de soif. Donnez-nous donc de l&rsquo;eau, pour que nous ne p\u00e9rissions pas.\u00a0\u00bb<br \/>\n<\/em><br \/>\nMais les capitalistes r\u00e9pondirent :<br \/>\n<em>\u00ab\u00a0Que nenni. L&rsquo;eau est \u00e0 nous. Vous ne boirez pas, \u00e0 moins que vous n&rsquo;achetiez \u00e0 boire avec vos sous.\u00a0\u00bb<br \/>\n<\/em><br \/>\nEt ils le confirm\u00e8rent par serment, disant, \u00e0 leur mani\u00e8re : <em>\u00ab\u00a0Les affaires sont les affaires.\u00a0\u00bb <\/em><\/p>\n<p>Mais les capitalistes \u00e9taient inquiets de ce que les gens n&rsquo;achetaient plus d&rsquo;eau, dont il r\u00e9sultait qu&rsquo;ils ne faisaient plus de profit, et ils parlaient entre eux en disant:<br \/>\n<em>\u00ab\u00a0Il semble que nos b\u00e9n\u00e9fices ont bloqu\u00e9 nos b\u00e9n\u00e9fices, et du fait des b\u00e9n\u00e9fices que nous avons faits, nous pouvons plus faire de b\u00e9n\u00e9fices. Comment se fait-il que nos profits ne soient plus profitables pour nous, et que nos gains nous rendent pauvres? Allons interroger les devins, pour qu&rsquo;ils nous \u00e9claircissent sur ce myst\u00e8re.\u00a0\u00bb<br \/>\n<\/em><br \/>\nEt ils les envoy\u00e8rent chercher.<\/p>\n<p>Les devins \u00e9taient gens experts en \u00e9nonciations sibyllines. Ils s&rsquo;associ\u00e8rent aux capitalistes pour profiter de leur eau, et survivre, eux et leurs enfants. Et ils parlaient au peuple au nom des capitalistes, et se faisaient leurs ambassadeurs, voyant que les capitalistes n&rsquo;\u00e9taient pas gens \u00e0 comprendre vite ni \u00e0 parler volontiers. <\/p>\n<p>Et les capitalistes exig\u00e8rent des devins qu&rsquo;ils leur expliquent comment il se faisait que les gens ne leur achetaient plus d&rsquo;eau bien que le r\u00e9servoir fut plein. Et certains des devins r\u00e9pondirent et dirent:<br \/>\n<em>\u00ab\u00a0C&rsquo;est en raison de la surproduction.\u00a0\u00bb<br \/>\n<\/em><br \/>\nEt les uns disaient:<br \/>\n<em>\u00ab\u00a0C&rsquo;est la surabondance.\u00a0\u00bb<br \/>\n<\/em><br \/>\nMais la signification des deux mots est la m\u00eame. Et d&rsquo;autres disaient:<br \/>\n<em>\u00ab\u00a0Non, mais c&rsquo;est le r\u00e9sultat des taches sur le soleil.\u00a0\u00bb<br \/>\n<\/em><br \/>\nEt d&rsquo;autres encore r\u00e9pondaient, en disant:<br \/>\n<em>\u00ab\u00a0Ce n&rsquo;est ni en raison de surabondance, ni encore des taches sur le soleil, que le mal est arriv\u00e9, mais en raison du manque de confiance. \u00a0\u00bb<br \/>\n<\/em><\/p>\n<p>Et tandis que les devins confrontaient leurs interpr\u00e9tations, les hommes de profit \u00e9taient saisi de somnolence et s&rsquo;endormaient, et quand ils se r\u00e9veill\u00e8rent, ils dirent aux devins :<br \/>\n<em>\u00ab\u00a0C&rsquo;est assez. Vous vous \u00eates exprim\u00e9s \u00e0 votre aise. Maintenant, allez et parlez \u00e0 votre aise au peuple, afin qu&rsquo;ils se calment et nous laissent aussi en paix.\u00a0\u00bb <\/em><\/p>\n<p>Mais les devins, hommes \u00e0 la science funeste, comme on les appelait aussi, furent r\u00e9ticents \u00e0 aller vers le peuple de peur d&rsquo;\u00eatre lapid\u00e9, car les gens ne les aimaient pas. Et ils dirent aux capitalistes:<br \/>\n<em>\u00ab\u00a0Ma\u00eetres, c&rsquo;est un myst\u00e8re de notre m\u00e9tier que si les hommes sont repus, d\u00e9salt\u00e9r\u00e9s et paisibles, alors ils trouvent du r\u00e9confort dans notre discours, comme vous. Mais s&rsquo;il ont soif et faim, ils n&rsquo;y trouvent aucun r\u00e9confort, mais plut\u00f4t des raisons de se moquer, car il semble que si un homme n&rsquo;est pas repu, notre sagesse n&rsquo;est pour lui que du vide\u00a0\u00bb. <\/em><\/p>\n<p>Mais les capitalistes dirent :<br \/>\n<em>\u00ab\u00a0Hardi, en avant. N&rsquo;\u00eates-vous pas nos hommes d\u00e9sign\u00e9s pour \u00eatre nos ambassadeurs?\u00a0\u00bb<br \/>\n<\/em><\/p>\n<p>Et les devins se dirig\u00e8rent vers le peuple et leur expliqu\u00e8rent le myst\u00e8re de la surproduction, et comment il se faisait qu&rsquo;ils devaient p\u00e9rir de soif parce qu&rsquo;il y avait trop d&rsquo;eau, et comment il ne pouvait pas y en avoir assez parce qu&rsquo;il y en avait trop !!!<br \/>\nEt ils leurs parl\u00e8rent aussi des taches du soleil, et leur expliqu\u00e8rent comment tout ce qui leur \u00e9tait arriv\u00e9 venait de leur manque de confiance. Mais tout se passa comme les devins avaient dit, car pour le peuple leur sagesse n&rsquo;\u00e9tait que du vide. <\/p>\n<p>Et le peuple les maudit, en leur disant:<br \/>\n<em>\u00ab\u00a0Allez-vous faire voir, t\u00eates d&rsquo;\u0153ufs ! Est-ce que vous vous moquez de nous ? Est-ce que l&rsquo;abondance produit la famine ? Est-ce que beaucoup ne donne rien ?\u00a0\u00bb<br \/>\n<\/em><br \/>\nEt ils prirent des pierres pour les lapider. <\/p>\n<p>Les capitalistes, voyant que les gens du peuple murmuraient encore, et n&rsquo;\u00e9coutaient pas les devins, et craignant qu&rsquo;ils n&rsquo;attaquent le r\u00e9servoir pour s&#8217;emparer de l&rsquo;eau, leur envoy\u00e8rent de saints hommes (en fait de faux pr\u00eatres), qui les exhort\u00e8rent au calme et leur demand\u00e8rent de ne pas s&rsquo;en prendre aux capitalistes parce qu&rsquo;ils avaient soif. Et ces saints hommes, qui \u00e9taient de faux pr\u00eatres, assur\u00e8rent au peuple que ce fl\u00e9au leur avait \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9e par Dieu pour le salut de leur \u00e2me, et que s&rsquo;ils l&rsquo;enduraient avec patience, sans convoiter l&rsquo;eau, ni s&rsquo;en prendre aux capitalistes, il adviendrait qu&rsquo;apr\u00e8s avoir rendu l&rsquo;\u00e2me, ils arriveraient dans un pays sans capitalistes, o\u00f9 l&rsquo;eau serait abondante. Cependant, il y avait aussi de vrais proph\u00e8tes de Dieu, compatissants pour ces gens, qui ne proph\u00e9tisaient pas pour le compte des capitalistes, mais plut\u00f4t contre eux. <\/p>\n<p>Les capitalistes virent que le peuple murmurait encore et s&rsquo;attroupait sans \u00eatre calm\u00e9 par les gouttes dont ils les aspergeaient du bout de leurs doigts tremp\u00e9s dans l&rsquo;eau qui d\u00e9bordaient du r\u00e9servoir, et le nom des gouttes d&rsquo;eau \u00e9tait La Charit\u00e9, et elles \u00e9taient tr\u00e8s am\u00e8res. <\/p>\n<p>Et quand les capitalistes virent que ni les paroles des devins, ni celles des saints hommes qui \u00e9taient faux pr\u00eatres, ni les gouttes appel\u00e9es  La Charit\u00e9 ne calmaient le peuple, qui \u00e9tait de plus en plus en col\u00e8re et se pressait autour du r\u00e9servoir comme pour s&rsquo;en emparer, ils r\u00e9unirent un conseil et d\u00e9p\u00each\u00e8rent des \u00e9missaires aupr\u00e8s du peuple et aussi tous ceux qui \u00e9taient de bons guerriers, ils les prirent \u00e0 part et leur dirent habilement :<br \/>\n<em>\u00ab\u00a0Et si vous rejoigniez les capitalistes? Si vous vous mettez \u00e0 leur service contre le peuple pour qu&rsquo;ils ne s&#8217;emparent pas du r\u00e9servoir, vous aurez de l&rsquo;eau en abondance et ne p\u00e9rirez pas, vous et vos enfants.\u00a0\u00bb<br \/>\n<\/em><br \/>\nEt les hommes forts et les guerriers aguerris furent convaincus par ce discours, se laiss\u00e8rent persuader, pouss\u00e9s par la soif, se mirent au service au service des capitalistes, devinrent leurs hommes, furent \u00e9quip\u00e9s en b\u00e2tons et \u00e9p\u00e9es, se firent les d\u00e9fenseurs des capitalistes, et frapp\u00e8rent les gens qui s&rsquo;approchaient du r\u00e9servoir. <\/p>\n<p>Au bout de plusieurs jours le niveau de l&rsquo;eau avait baiss\u00e9 dans le r\u00e9servoir, car les capitalistes utilisaient l&rsquo;eau pour des fontaines et des bassins o\u00f9 ils se baignaient avec femme et enfants et ils gaspillaient l&rsquo;eau pour leur plaisir. <\/p>\n<p>Quand les capitalistes virent que le r\u00e9servoir \u00e9tait vide, ils dirent:<br \/>\n<em> \u00ab\u00a0La crise est termin\u00e9e\u00a0\u00bb<\/em> et ils all\u00e8rent embaucher des gens pour apporter de l&rsquo;eau et le remplir de nouveau. Et pour chaque seau qu&rsquo;ils apportaient ils recevaient un sou, mais pour le seau que les capitalistes tiraient du r\u00e9servoir pour le redonner aux gens, ils recevaient deux sous, pour faire leur b\u00e9n\u00e9fice. Au bout d&rsquo;un certain temps, le r\u00e9servoir d\u00e9bordait \u00e0 nouveau comme avant. <\/p>\n<p>Alors, lorsque le peuple eut rempli le r\u00e9servoir jusqu&rsquo;\u00e0 ce qu&rsquo;il d\u00e9borde, et se retrouva assoiff\u00e9 jusqu&rsquo;\u00e0 ce que l&rsquo;eau contenue ait \u00e9t\u00e9 gaspill\u00e9e par les capitalistes, il advint que surgirent dans ce pays des hommes qu&rsquo;on appela des agitateurs car ils soulev\u00e8rent le peuple. Et ils s&rsquo;adress\u00e8rent au peuple, en disant qu&rsquo;ils devraient s&rsquo;associer, et qu&rsquo;ainsi ils n&rsquo;auraient plus besoin d&rsquo;\u00eatre des serviteurs des capitalistes, et ne mourraient plus de soif. Aux yeux des capitalistes les agitateurs \u00e9taient des individus n\u00e9fastes, qu&rsquo;ils auraient bien vus crucifi\u00e9s, sans oser le faire par peur du peuple. <\/p>\n<p>Et les agitateurs, lorsqu&rsquo;ils parlaient au peuple, leurs disaient ceci :<br \/>\n<em>\u00ab\u00a0Peuple stupide, combien de temps te laisseras-tu tromper par un mensonge et croiras-tu, pour ton malheur, ce qui n&rsquo;est pas ? Car toutes ces choses qui t&rsquo;ont \u00e9t\u00e9 dites par les capitalistes et les devins sont des fables habilement con\u00e7ues. Et de m\u00eame, les saints hommes, qui disent que c&rsquo;est la volont\u00e9 de Dieu que vous devez toujours \u00eatre pauvres, mis\u00e9rables et assoiff\u00e9s, ils blasph\u00e8ment Dieu et sont des menteurs. Il les jugera s\u00e9v\u00e8rement et Il pardonnera \u00e0 tous les autres. Comment se fait-il que vous ne puissiez-vous procurer de l&rsquo;eau dans le r\u00e9servoir ? N&rsquo;est-ce pas parce que vous n&rsquo;avez pas d&rsquo;argent ? Et pourquoi n&rsquo;avez-vous pas d&rsquo;argent ? N&rsquo;est-ce pas parce que vous ne recevez qu&rsquo;un seul sou \u00e0 chaque seau que vous portez au r\u00e9servoir, qui est Le March\u00e9, mais que devez rendre deux sous pour chaque seau que vous retirez, pour que les capitalistes puissent toucher leur b\u00e9n\u00e9fice ? Ne voyez-vous pas, comment le r\u00e9servoir doit ainsi n\u00e9cessairement d\u00e9border, rempli \u00e0 la mesure de ce dont vous manquez, abond\u00e9 de votre manque ? Ne voyez-vous pas \u00e9galement que plus durement vous travaillerez, plus diligemment vous rechercherez et apporterez l&rsquo;eau, plus les choses iront de mal en pis et non de mieux en mieux, tout cela \u00e0 cause du profit, et cela pour toujours ?\u00a0\u00bb<br \/>\n<\/em><\/p>\n<p>C&rsquo;est ainsi que les agitateurs parl\u00e8rent pendant plusieurs jours au peuple sans \u00eatre entendus, mais il vint un temps o\u00f9 le peuple \u00e9couta. <\/p>\n<p>Et il r\u00e9pondit aux agitateurs:<br \/>\n<em>\u00ab\u00a0Vous dites la v\u00e9rit\u00e9. C&rsquo;est \u00e0 cause des capitalistes et de leurs b\u00e9n\u00e9fices que nous sommes dans le besoin, vu que en raison de leur profit, on ne peut en aucun cas retrouver les fruits de notre travail, de sorte que notre travail est vain, et plus nous peinons \u00e0 remplir le r\u00e9servoir, plus vite il d\u00e9borde, et l&rsquo;on peut ne rien recevoir, car il y a trop, selon les mots des devins. Les capitalistes sont des hommes durs, et leurs compassions sont cruelles. Dites-nous si vous savez comment nous pouvons nous d\u00e9livrer de notre servitude. Mais si vous connaissez pas de moyen certain de nous d\u00e9livrer, nous vous prions de vous tenir en paix, et nous laisser seuls, pour que nous puissions oublier notre mis\u00e8re.\u00a0\u00bb<br \/>\n<\/em><\/p>\n<p>Et les agitateurs r\u00e9pondirent en disant : <em>\u00ab\u00a0Nous connaissons un moyen.\u00a0\u00bb<br \/>\n<\/em><br \/>\nEt le peuple dit:<br \/>\n<em>\u00ab\u00a0Ne nous trompez pas, comme il en a \u00e9t\u00e9 depuis le d\u00e9but, et personne n&rsquo;a trouv\u00e9 de moyen de nous d\u00e9livrer jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent, bien que beaucoup aient essay\u00e9 d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment. Mais si vous connaissez un moyen, dites-le-nous.\u00a0\u00bb<br \/>\n<\/em><\/p>\n<p>Alors, les agitateurs leur dirent le moyen :<br \/>\n<em>\u00ab\u00a0A la v\u00e9rit\u00e9, quel besoin avez-vous de tous ces capitalistes, \u00e0 qui vous devez c\u00e9der les b\u00e9n\u00e9fices pris sur votre travail? Pour quels grands faits leur payez-vous ce tribut? Eh bien! Ce n&rsquo;est que parce qu&rsquo;ils vous commandent en \u00e9quipes et vous font aller et venir, fixent vos t\u00e2ches, et puis vous donnent un peu de cette eau que vous, et non pas eux, avez apport\u00e9. Or, voici le moyen de sortir de cette servitude ! Faites pour vous-m\u00eames ce qui est fait par les capitalistes, \u00e0 savoir l&rsquo;organisation de votre travail , le commandement de vos \u00e9quipes, et la division de vos t\u00e2ches. Ainsi vous n&rsquo;aurez aucun besoin des capitalistes, ni de leur r\u00e9troc\u00e9der le moindre profit, mais tout le fruit de votre travail doit vous revenir entre fr\u00e8res, chacun ayant la m\u00eame part. Et ainsi est le r\u00e9servoir ne d\u00e9bordera plus jamais jusqu&rsquo;\u00e0 ce que chaque homme soit rassasi\u00e9, sans avoir besoin de remuer la langue pour r\u00e9clamer plus, et ensuite le d\u00e9bordement fera fontaines agr\u00e9able et \u00e9tangs pour votre plaisir, comme le firent pour eux les capitalistes, mais cette fois pour le plaisir de tous.\u00a0\u00bb<br \/>\n<\/em><\/p>\n<p>Et le peuple r\u00e9pondit:<br \/>\n<em>\u00ab\u00a0Comment allons-nous faire cela, qui nous semble excellent pour nous?\u00a0\u00bb<br \/>\n<\/em><br \/>\nEt les agitateurs r\u00e9pondirent :<br \/>\n<em>\u00ab\u00a0Choisissez-vous des hommes modestes pour aller et venir, pour commander vos \u00e9quipes et organiser votre travail, et ces hommes seront les capitalistes, mais attention, ils ne doivent pas \u00eatre vos ma\u00eetres comme les capitalistes le sont, mais vos fr\u00e8res et vos officiers qui feront votre volont\u00e9, et ils ne prendront pas de b\u00e9n\u00e9fices, mais chaque homme aura sa part comme les autres, de sorte qu&rsquo;il n&rsquo;y ait pas de ma\u00eetres et de serviteurs parmi vous, mais seulement des fr\u00e8res. Et, de temps en temps, comme bon vous semblera, vous choisirez d&rsquo;autres hommes modestes \u00e0 la place des premiers pour organiser le travail.\u00a0\u00bb<br \/>\n<\/em><br \/>\nEt le peuple \u00e9couta, et cela lui paraissait bon. En plus, cela ne semblait pas difficile. Et d&rsquo;une seule voix ils cri\u00e8rent:<br \/>\n<em>\u00ab\u00a0Alors, qu&rsquo;il en soit comme vous l&rsquo;avez dit, nous le ferons!\u00a0\u00bb <\/em><\/p>\n<p>Et les capitalistes entendirent des clameurs, et ce que les gens disaient. De m\u00eame les devins l&rsquo;entendirent aussi, de m\u00eame que les faux pr\u00eatres et les puissants hommes de guerre, qui servaient \u00e0 la d\u00e9fense des capitalistes. Et quand ils entendirent, ils trembl\u00e8rent de tous leur membres, de sorte que leurs genoux se heurt\u00e8rent, et ils se dirent les uns aux autres, <em>\u00ab\u00a0C&rsquo;est la fin !\u00a0\u00bb<br \/>\n<\/em><br \/>\nCependant, il y avait de vrais pr\u00eatres du Dieu vivant qui ne proph\u00e9tisaient pas pour le compte des capitalistes, compatissants pour ces gens, quand ils entendirent les cris du peuple et ce qu&rsquo;il avait dit, ils se r\u00e9jouirent grandement et rendirent gr\u00e2ce \u00e0 Dieu de cette d\u00e9livrance. <\/p>\n<p>Et le peuple s&rsquo;en fut et tout se passa comme les agitateurs l&rsquo;avaient annonc\u00e9. Et il arriva ce que les agitateurs avaient dit qu&rsquo;il arriverait, comme ils l&rsquo;avaient pr\u00e9dit. Et il n&rsquo;y eu plus aucun assoiff\u00e9 dans ce pays, non plus que d&rsquo;affam\u00e9, de sans habit, de grelottant, ou de n\u00e9cessiteux. Et chaque homme dit \u00e0 son compagnon: \u00abMon fr\u00e8re\u00bb, et chaque femme dit \u00e0 sa compagne \u00ab\u00a0Ma s\u0153ur\u00a0\u00bb, c&rsquo;est ainsi qu&rsquo;ils furent, les uns aux autres, comme fr\u00e8res et s\u0153urs \u00e0 jamais unis. Et la b\u00e9n\u00e9diction de Dieu s&rsquo;\u00e9tendit sur cette terre \u00e0 jamais.<\/p>\n<p>Edward Bellamy, Equality, 1897.<br \/>\n<a href=\"http:\/\/saint-andre-d-olerargues.com\/wpdossier\/wp-content\/uploads\/2015\/04\/La-Citerne1.jpg\"><img loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/saint-andre-d-olerargues.com\/wpdossier\/wp-content\/uploads\/2015\/04\/La-Citerne1.jpg\" alt=\"La Citerne1\" width=\"605\" height=\"453\" class=\"alignnone size-full wp-image-4199\" srcset=\"http:\/\/saint-andre-d-olerargues.com\/wpdossier\/wp-content\/uploads\/2015\/04\/La-Citerne1.jpg 605w, http:\/\/saint-andre-d-olerargues.com\/wpdossier\/wp-content\/uploads\/2015\/04\/La-Citerne1-300x225.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 605px) 100vw, 605px\" \/><\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab Equality \u00bb, publi\u00e9 en 1897 par Edward Bellamy, est la suite de son roman \u00ab\u00a0Looking Backward\u00a0\u00bb, Dans \u00ab\u00a0Equality\u00a0\u00bb, qui est l&rsquo;ach\u00e8vement de sa r\u00e9flexion utopique, Edward Bellamy r\u00e9pond \u00e0 ses contradicteurs et pr\u00e9cise sa pens\u00e9e. \u00ab\u00a0L\u2019autoritarisme de Looking Backward est largement att\u00e9nu\u00e9, les droits des femmes sont r\u00e9affirm\u00e9s, le th\u00e8me de la protection de l\u2019environnement, qui n\u2019avait aucune place dans Looking Backward, appara\u00eet\u00a0\u00bb. Ce roman, sans grand ressort dramatique, ne connut pas le succ\u00e8s du pr\u00e9c\u00e9dent. Aussi bien doit-il \u00eatre lu plut\u00f4t pour ses id\u00e9es, en contraste avec celles de son \u00e9poque et, souvent, en r\u00e9sonance avec la n\u00f4tre. On y trouve un texte c\u00e9l\u00e8bre, \u00ab la parabole du r\u00e9servoir d&rsquo;eau \u00bb, souvent repris dans la litt\u00e9rature ouvri\u00e8re et anarchiste, mais sous une forme \u00e9dulcor\u00e9e ou sous forme de tract. On trouvera ci-dessous, dans son int\u00e9gralit\u00e9, ce fameux passage, \u00e9tonnamment moderne !!! D\u00e9j\u00e0 les m\u00eame causes et les m\u00eames effets en 1897 ! ______________________________________________________________________________ La parabole du r\u00e9servoir d&rsquo;eau Il \u00e9tait une fois un pays tr\u00e8s sec, dont les habitants manquaient cruellement d&rsquo;eau. Et ils ne faisaient rien d&rsquo;autre que de chercher de l&rsquo;eau, du matin au soir. 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