{"id":4940,"date":"2015-10-03T15:58:04","date_gmt":"2015-10-03T13:58:04","guid":{"rendered":"http:\/\/saint-andre-d-olerargues.com\/wpdossier\/?p=4940"},"modified":"2015-10-03T15:58:04","modified_gmt":"2015-10-03T13:58:04","slug":"lhistoire-ne-se-repete-jamais-elle-begaie","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/saint-andre-d-olerargues.com\/wpdossier\/blog\/2015\/10\/03\/lhistoire-ne-se-repete-jamais-elle-begaie\/","title":{"rendered":"L\u2019Histoire ne se r\u00e9p\u00e8te jamais \u2026 elle b\u00e9gaie !"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/saint-andre-d-olerargues.com\/wpdossier\/wp-content\/uploads\/2015\/10\/Capitalisme1.jpg\"><img loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/saint-andre-d-olerargues.com\/wpdossier\/wp-content\/uploads\/2015\/10\/Capitalisme1.jpg\" alt=\"Capitalisme1\" width=\"605\" height=\"199\" class=\"alignnone size-full wp-image-4941\" srcset=\"http:\/\/saint-andre-d-olerargues.com\/wpdossier\/wp-content\/uploads\/2015\/10\/Capitalisme1.jpg 605w, http:\/\/saint-andre-d-olerargues.com\/wpdossier\/wp-content\/uploads\/2015\/10\/Capitalisme1-300x99.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 605px) 100vw, 605px\" \/><\/a><\/p>\n<h1>Souvenons-nous <\/h1>\n<h2>Nous sommes en 1848. <\/h2>\n<p>La journ\u00e9e de travail du textile lyonnais vient de passer de quatorze \u00e0 douze heures. Pour la chambre patronale des soieries, c\u2019est la catastrophe. Elle adresse au pr\u00e9fet une supplique pour d\u00e9noncer la dangerosit\u00e9 et l\u2019amoralisme de la nouvelle loi\u2009: <\/p>\n<blockquote><p> \u00abNous attirons votre attention sur les graves cons\u00e9quences qu\u2019auraient \u00e0 subir nos industries au cas o\u00f9 la loi venait \u00e0 \u00eatre appliqu\u00e9e. Vous le savez, la main-d\u2019\u0153uvre ici est exigeante et hors de prix. Avec quatorze heures, nous tenions \u00e0 peine.<br \/>\nDouze heures pr\u00e9cipiteraient les faillites.<br \/>\nLe travail, dans nos entreprises, a toujours commenc\u00e9 \u00e0 quatre heures du matin, repos d\u2019un quart d\u2019heure \u00e0 midi, repos final \u00e0 dix-huit heures.<br \/>\nLes filles employ\u00e9es s\u2019y livrent sans que leur sant\u00e9 n\u2019en ait jamais \u00e9t\u00e9 alt\u00e9r\u00e9e et sans qu\u2019elles ne se plaignent de leur sort par ailleurs envieux quand on songe \u00e0 tous les \u201csans-travail\u201d qui \u00e9cument les rues. Ici, la main-d\u2019\u0153uvre est plus co\u00fbteuse qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9tranger.<br \/>\nSi nous maintenions le m\u00eame salaire pour la journ\u00e9e r\u00e9duite \u00e0 douze heures, la partie ne serait plus tenable. Nous serions dans l\u2019obligation de fermer nos manufactures et de les transporter l\u00e0 o\u00f9 l\u2019ouvri\u00e8re est la moins dispendieuse.<br \/>\nEt puis, que l\u2019on ne se trompe pas, l\u2019ouvri\u00e8re ramen\u00e9e \u00e0 douze heures continuerait \u00e0 se lever \u00e0 l\u2019aurore pour n\u2019arriver \u00e0 la manufacture qu\u2019\u00e0 la minute obligatoire, plus dispos\u00e9e \u00e0 se reposer des occupations auxquelles elle aurait vaqu\u00e9 dehors qu\u2019\u00e0 attaquer avec ferveur le travail de nos fabriques. Redevenue plus t\u00f4t libre le soir, elle n\u2019en profiterait pas dans l\u2019int\u00e9r\u00eat de son sommeil.<br \/>\nIl y aurait \u00e0 craindre pour la moralit\u00e9 de celles qui, \u00e9tant sans famille, se verraient affranchies de toute surveillance pendant deux longues heures de la soir\u00e9e.\u00bb <\/blockquote>\n<p>Le texte est \u00e9loquent.<\/p>\n<h2>On entendra la m\u00eame remarque en 1919 <\/h2>\n<p>Pour r\u00e9prouver la loi qui interdit aux enfants le travail dans les mines\u2009: \u00abLoi qui porte atteinte au droit du travail et \u00e0 la libert\u00e9 individuelle\u00bb.<\/p>\n<p>La loi des huit heures suscite les m\u00eames r\u00e9actions. Voici ce qu\u2019\u00e9crit un entrepreneur de la m\u00e9tallurgie\u2009: <\/p>\n<blockquote><p> \u00abOn en veut \u00e0 ceux qui font la richesse du pays. Il est s\u00fbr que nos industries p\u00e9ricliteront, et puis que feront nos ouvriers de tout ce temps vacant\u2009? D\u00e9s\u0153uvrement, fr\u00e9quentation plus assidue des estaminets. D\u00e9cid\u00e9ment, la morale n\u2019est plus du c\u00f4t\u00e9 du gouvernement. Faudra-t-il bient\u00f4t que nous transportions nos industries dans les colonies\u2009?\u00bb<\/p><\/blockquote>\n<h2>Juin 1936. <\/h2>\n<p>La semaine tombe \u00e0 quarante heures. Les ma\u00eetres de forges en Lorraine tonnent contre ce qu\u2019ils baptisent \u00abla loi de fain\u00e9antise sociale\u00bb\u2009: <\/p>\n<blockquote><p> \u00abNos entreprises sont perdues. Comment relever le pays si nos ouvriers habitu\u00e9s \u00e0 la t\u00e2che et fiers de l\u2019accomplir travaillent deux fois moins\u2009? La France va \u00e0 sa ruine. Et tous, nous p\u00e2tiront de ce luxe de paresse\u2009!\u00bb <\/p><\/blockquote>\n<p>La chanson contre la r\u00e9duction du temps de travail est une vieille rengaine. Au fil des si\u00e8cles, les archives d\u00e9clinent les m\u00eames arguments.<\/p>\n<h2>12 novembre 1938. <\/h2>\n<p>Par une s\u00e9rie de d\u00e9crets, baptis\u00e9s \u00abd\u00e9crets mis\u00e8re\u00bb, le gouvernement Daladier supprime les acquis du Front populaire. Entre autres, la semaine de quarante heures. L\u2019argument m\u00e9rite citation\u2009: <\/p>\n<blockquote><p> \u00abCette loi de paresse et de trahison nationale est la cause de tous les maux de notre \u00e9conomie. Elle va pr\u00e9cipiter la chute de la France. On ne peut pas avoir une classe ouvri\u00e8re avec une \u201csemaine de deux dimanches\u201d et un patronat qui s\u2019\u00e9trangle pour faire vivre le pays\u2009!\u00bb <\/p><\/blockquote>\n<p>Deux ans plus tard, reprenant les m\u00eames arguments, P\u00e9tain, \u00e0 la une ces jours-ci pour son antis\u00e9mitisme exacerb\u00e9, balayera les derni\u00e8res lois sociales et les syndicats qui en \u00e9taient \u00e0 l\u2019origine.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/saint-andre-d-olerargues.com\/wpdossier\/wp-content\/uploads\/2015\/10\/Capitalisme2.jpg\"><img loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/saint-andre-d-olerargues.com\/wpdossier\/wp-content\/uploads\/2015\/10\/Capitalisme2.jpg\" alt=\"Capitalisme2\" width=\"479\" height=\"349\" class=\"alignnone size-full wp-image-4942\" srcset=\"http:\/\/saint-andre-d-olerargues.com\/wpdossier\/wp-content\/uploads\/2015\/10\/Capitalisme2.jpg 479w, http:\/\/saint-andre-d-olerargues.com\/wpdossier\/wp-content\/uploads\/2015\/10\/Capitalisme2-300x219.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 479px) 100vw, 479px\" \/><\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Souvenons-nous Nous sommes en 1848. 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Les filles employ\u00e9es s\u2019y livrent sans que leur sant\u00e9 n\u2019en ait jamais \u00e9t\u00e9 alt\u00e9r\u00e9e et sans qu\u2019elles ne se plaignent de leur sort par ailleurs envieux quand on songe \u00e0 tous les \u201csans-travail\u201d qui \u00e9cument les rues. Ici, la main-d\u2019\u0153uvre est plus co\u00fbteuse qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9tranger. Si nous maintenions le m\u00eame salaire pour la journ\u00e9e r\u00e9duite \u00e0 douze heures, la partie ne serait plus tenable. Nous serions dans l\u2019obligation de fermer nos manufactures et de les transporter l\u00e0 o\u00f9 l\u2019ouvri\u00e8re est la moins dispendieuse. 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