{"id":4111,"date":"2015-03-16T11:13:32","date_gmt":"2015-03-16T10:13:32","guid":{"rendered":"http:\/\/saint-andre-d-olerargues.com\/wpdossier\/?p=4111"},"modified":"2015-04-29T07:22:32","modified_gmt":"2015-04-29T05:22:32","slug":"perturbateurs-endocriniens-jen-remets-une-couche","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/saint-andre-d-olerargues.com\/wpdossier\/blog\/2015\/03\/16\/perturbateurs-endocriniens-jen-remets-une-couche\/","title":{"rendered":"Perturbateurs endocriniens: j\u2019en remets une couche !"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"https:\/\/saint-andre-d-olerargues.com\/wpdossier\/wp-content\/uploads\/2015\/03\/perturbateur3.jpg\"><img loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/saint-andre-d-olerargues.com\/wpdossier\/wp-content\/uploads\/2015\/03\/perturbateur3.jpg\" alt=\"perturbateur3\" width=\"640\" height=\"468\" class=\"alignnone size-full wp-image-4112\" srcset=\"https:\/\/saint-andre-d-olerargues.com\/wpdossier\/wp-content\/uploads\/2015\/03\/perturbateur3.jpg 640w, https:\/\/saint-andre-d-olerargues.com\/wpdossier\/wp-content\/uploads\/2015\/03\/perturbateur3-300x219.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 640px) 100vw, 640px\" \/><\/a><br \/>\nSource : Le HuffPost  |  Par Sara Taleb <\/p>\n<h1>Vous vous en foutez ? Vous avez tort !<\/h1>\n<p>SANT\u00c9 &#8211; Bisph\u00e9nol A, phtalates, paraben entre autres. Les noms de ces substances chimiques vous disent peut-\u00eatre quelque chose. En France, la premi\u00e8re a \u00e9t\u00e9 interdite dans les biberons en 2010 et est cens\u00e9e \u00eatre absente des contenants alimentaires depuis le 1er janvier 2015. Les deux autres sont r\u00e9guli\u00e8rement nomm\u00e9es dans des campagnes de publicit\u00e9 pour cosm\u00e9tiques qui se vantent de les bannir de leur composition. <\/p>\n<p>Ces mol\u00e9cules sont ce qu&rsquo;on appelle des perturbateurs endocriniens (PE). Derri\u00e8re ce nom un peu froid et \u00e0 rallonge se cachent des substances controvers\u00e9es, pr\u00e9sentes dans de nombreux objets de notre quotidien, qui posent une question de sant\u00e9 publique. Depuis plusieurs ann\u00e9es, des scientifiques alertent sur les effets des PE sur notre syst\u00e8me hormonal qu&rsquo;ils, comme leur nom l&rsquo;indique, perturbent. Ce jeudi 12 mars, la journaliste Marine Jobert et le porte-parole de l&rsquo;association G\u00e9n\u00e9rations futures ont publi\u00e9 un livre grand public et tr\u00e8s p\u00e9dagogique aux \u00e9ditions Buchet Chastel \u00e0 leur sujet. Dans \u00ab\u00a0Perturbateurs endocriniens, la menace invisible\u00a0\u00bb, ils expliquent pourquoi nous devrions nous int\u00e9resser \u00e0 eux.<\/p>\n<h1>Un syst\u00e8me hormonal d\u00e9traqu\u00e9<\/h1>\n<p>Pour comprendre la controverse autour des perturbateurs endocriniens, il faut d&rsquo;abord comprendre ce qu&rsquo;ils sont et comment ils agissent sur notre corps. \u00ab\u00a0La sant\u00e9 d\u00e9pend du bon fonctionnement du syst\u00e8me endocrinien, qui r\u00e9gule la s\u00e9cr\u00e9tion d\u2019hormones essentielles, par exemple, au m\u00e9tabolisme, \u00e0 la croissance, au d\u00e9veloppement, au sommeil et \u00e0 l\u2019humeur\u00a0\u00bb, rappelle l&rsquo;Organisation mondiale de la sant\u00e9. Or, \u00ab\u00a0certaines substances, connues sous le nom de perturbateurs endocriniens, peuvent perturber une ou plusieurs fonctions du syst\u00e8me endocrinien et ainsi accro\u00eetre le risque de survenue de probl\u00e8mes de sant\u00e9\u00a0\u00bb, ajoute l&rsquo;OMS. <\/p>\n<h2>Concr\u00e8tement, que font-elles de mal ces mol\u00e9cules? <\/h2>\n<p>Sans trop rentrer dans les d\u00e9tails, du fait de leur impact sur le syst\u00e8me hormonal, les PE sont \u00ab\u00a0suspect\u00e9s de favoriser cancers, diab\u00e8te, ob\u00e9sit\u00e9 et autres maladies de la reproduction\u00a0\u00bb, soulignent Marine Jobert et Fran\u00e7ois Veillerette dans leur livre. \u00ab\u00a0Suspect\u00e9s\u00a0\u00bb car le lien de causalit\u00e9 entre PE et ces maladies chroniques est compliqu\u00e9 \u00e0 prouver selon Marine Jobert. <em>\u00ab\u00a0C&rsquo;est pour cela qu&rsquo;on parle de menace invisible\u00a0\u00bb. \u00ab\u00a0Dans la soupe chimique dans laquelle nous vivons, on ne peut par exemple pas prouver que c&rsquo;est parce qu&rsquo;une femme enceinte a \u00e9t\u00e9 expos\u00e9e \u00e0 tel produit chimique, que son enfant, ou ses petits enfants sont atteints de telle maladie\u00a0\u00bb,<\/em> d\u00e9taille-t-elle. <\/p>\n<h1>Theo Colborn, la pionni\u00e8re<\/h1>\n<p>Mais attention, cela ne signifie pas pour autant qu&rsquo;il s&rsquo;agit d'\u00a0\u00bbune marotte d&rsquo;\u00e9cologistes alarmistes\u00a0\u00bb, pr\u00e9vient-elle.<br \/>\n\u00ab\u00a0Des milliers de scientifiques ainsi que de nombreuses agences sanitaires ont soulev\u00e9 le probl\u00e8me des perturbateurs endocriniens et montr\u00e9 qu&rsquo;ils favorisaient\u00a0\u00bb les maladies cit\u00e9es ci-dessus, tient-elle fermement \u00e0 rappeler. Il faut retourner quelques ann\u00e9es en arri\u00e8re pour trouver les premiers travaux sur le sujet. A la fin des ann\u00e9es 80, la zoologiste am\u00e9ricaine Theo Colborn travaille sur l&rsquo;impact des polluants sur les animaux et la v\u00e9g\u00e9tation des Grands Lacs.<\/p>\n<p>Dans ces zones, des animaux pr\u00e9sentent des malformations g\u00e9nitales, se comportent de mani\u00e8re anormale et manquent m\u00eame pour certains de dispara\u00eetre notamment par d\u00e9faut de reproduction. Cens\u00e9e travailler sur les effets canc\u00e9rig\u00e8nes de la pollution, Theo Colborn s&rsquo;oriente vers une autre piste. Selon elle, c&rsquo;est du c\u00f4t\u00e9 des d\u00e9r\u00e8glements hormonaux qu&rsquo;il faut regarder. Pour confirmer son id\u00e9e, elle rassemble en 1991 une vingtaine de scientifiques qui vont plancher sur le sujet. A l&rsquo;issue de leur s\u00e9minaire, ces scientifiques r\u00e9digent une d\u00e9claration dans laquelle ils alertent sur ce qu&rsquo;ils nomment les <em>\u00ab\u00a0perturbateurs endocriniens\u00a0\u00bb.<br \/>\n\u00ab\u00a0Un grand nombre de produits chimiques de synth\u00e8se lib\u00e9r\u00e9s dans la nature, ainsi que quelques compos\u00e9s naturels, sont capables de d\u00e9r\u00e9gler le syst\u00e8me endocrinien des animaux, y compris celui de l&rsquo;homme\u00a0\u00bb<\/em>, \u00e9crivent-ils. <\/p>\n<p>Depuis les travaux de Theo Colborn, <em>\u00ab\u00a0la perturbation endocrinienne est devenue le c\u0153ur d&rsquo;une intense recherche acad\u00e9mique, qui ne cesse d&rsquo;\u00e9tayer les premiers intuitions de la biologiste\u00a0\u00bb, <\/em>indique Le Monde rappelant qu&rsquo;en 2014 \u00ab\u00a0il s&rsquo;est publi\u00e9 dans la litt\u00e9rature scientifique pr\u00e8s d&rsquo;un millier d&rsquo;\u00e9tudes sur le sujet\u00a0\u00bb. <\/p>\n<h1>Les PE sont partout<\/h1>\n<p>Le probl\u00e8me avec les perturbateurs endocriniens, c&rsquo;est que non seulement ils sont nombreux mais en plus ils sont partout.<br \/>\nPesticides, phtalates, paraben, bisph\u00e9nol A, retardateurs de flammes, triclosan et autres mol\u00e9cules aux noms barbares se retrouvent dans l&rsquo;air, l&rsquo;eau, la nourriture mais aussi dans les objets et produits du quotidien, de votre canap\u00e9 \u00e0 votre lunchbox en plastique qui va au micro-onde en passant par votre cr\u00e8me de jour.<br \/>\nImpossible d&rsquo;y \u00e9chapper. Un peu inqui\u00e9tant quand on sait que m\u00eame \u00e0 des doses tr\u00e8s faibles les PE peuvent agir sur le corps.<br \/>\nPlusieurs \u00e9tudes, dont la derni\u00e8re en date de G\u00e9n\u00e9rations futures, ont d\u00e9j\u00e0 montr\u00e9 \u00e0 quel point nous \u00e9tions expos\u00e9s. \u00ab\u00a0Il ne faut pas tomber dans la panique pour autant\u00a0\u00bb, rassure Marine Jobert, contact\u00e9e par le HuffPost. <em>\u00ab\u00a0Il y a certains moments o\u00f9 on est plus expos\u00e9s que d&rsquo;autres: la grossesse, la petite enfance et l&rsquo;adolescence. Et c&rsquo;est \u00e0 ces moments-l\u00e0 qu&rsquo;il faut faire attention\u00a0\u00bb.<br \/>\n<\/em> <\/p>\n<h2>Comment? <\/h2>\n<p>En mangeant bio pour \u00e9viter les pesticides, en a\u00e9rant au maximum son int\u00e9rieur, en pr\u00e9f\u00e9rant le verre, le bois ou l&rsquo;inox plut\u00f4t que le plastique pour les ustensiles de cuisine par exemple. <em>\u00ab\u00a0Il ne faut pas s&rsquo;arr\u00eater de vivre, il y a juste une \u00e9tape \u00e0 passer\u00a0\u00bb, <\/em>ajoute la journaliste qui a list\u00e9 avec son co-auteur une s\u00e9rie de conseils pour r\u00e9duire son exposition.<\/p>\n<h1>De l&rsquo;adolescence \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge adulte de la chimie<\/h1>\n<p>Si les perturbateurs endocriniens sont si nocifs pour la sant\u00e9, pourquoi ne sont-ils pas plus connus d&rsquo;une part, et mieux r\u00e9glement\u00e9s d&rsquo;autres part ? <em>\u00ab\u00a0C&rsquo;est un sujet complexe qui tarde \u00e0 entrer dans le d\u00e9bat public pour plusieurs raisons. On parle de termes pas \u00e9vidents, un peu barbares. Et c&rsquo;est un sujet vertigineux qui vient interroger nos modes de vie, chose que tout le monde n&rsquo;a pas envie de faire\u00a0\u00bb, <\/em>souligne Marine Jobert. <\/p>\n<p>En effet, la question des perturbateurs endocriniens r\u00e9v\u00e8le notamment \u00e0 quel point nous sommes entour\u00e9s d&rsquo;objets ou de produits issus de l&rsquo;industrie de la chimie. <em>\u00ab\u00a0Prenons la mati\u00e8re plastique. Dans les ann\u00e9es 20 environ, les premiers plastiques provoquent un enthousiasme fou gr\u00e2ce \u00e0 leur propri\u00e9t\u00e9. Ils peuvent \u00eatre mous, durs, incassables etc. Ce qui, petit \u00e0 petit, a conduit, dans les ann\u00e9es 70, \u00e0 mettre sur le march\u00e9 des centaines de milliers de substances sans qu&rsquo;on se pose la question de leurs cons\u00e9quences. C&rsquo;\u00e9taient des ann\u00e9es d&rsquo;insouciance, une sorte d&rsquo;adolescence de la chimie. Maintenant qu&rsquo;on est \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge adulte, il est temps de se poser certaines questions, qui n\u00e9cessairement remettent en cause notre &lsquo;way of life'\u00a0\u00bb, <\/em>raconte la journaliste.<\/p>\n<h1>La r\u00e9glementation? En attente dans les couloirs de l&rsquo;Europe<\/h1>\n<p>Par ailleurs, ajoute-t-elle pour expliquer la faible visibilit\u00e9 du d\u00e9bat, <em>\u00ab\u00a0tr\u00e8s peu de politiques s&rsquo;attaquent \u00e0 la question. Pour la tr\u00e8s grande majorit\u00e9, c&rsquo;est un sujet qui les indiff\u00e8re\u00a0\u00bb.<br \/>\n<\/em> Il y a bien eu l&rsquo;interdiction du bisph\u00e9nol A dans les biberons, initi\u00e9e par le d\u00e9put\u00e9 PS G\u00e9rard Bapt, mais quid des autres mol\u00e9cules? Et pour ce qui est de la nouvelle r\u00e9glementation interdisant le bisph\u00e9nol A dans les contenants alimentaires, Marine Jobert et Fran\u00e7ois Veillerette doutent qu&rsquo;elle soit vraiment effective. Car qui dit bannir un PE, dit qu&rsquo;il faut le remplacer par autre chose. Mais s&rsquo;il s&rsquo;agit de le remplacer par une mol\u00e9cule dont on ne conna\u00eet pas encore les effets pour la sant\u00e9, le probl\u00e8me reste le m\u00eame, analyse Fran\u00e7ois Veillerette. <\/p>\n<h2> L&rsquo;\u00e9conomie plut\u00f4t que la sant\u00e9 en somme.<\/h2>\n<p>Sans compter que c&rsquo;est une r\u00e9glementation \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle europ\u00e9enne qui est n\u00e9cessaire selon le porte-parole de G\u00e9n\u00e9rations futures. Et de ce c\u00f4t\u00e9-l\u00e0, les choses vont lentement. En d\u00e9cembre 2013, la Commission europ\u00e9enne \u00e9tait cens\u00e9e se prononcer sur les crit\u00e8res de d\u00e9finition des PE afin de pouvoir l\u00e9gif\u00e9rer. Sauf qu&rsquo;\u00e0 cause de pressions, exerc\u00e9es de diff\u00e9rentes mani\u00e8res par le lobby de la chimie, la Commission a report\u00e9 la d\u00e9finition des crit\u00e8res (ce qui lui a valu un recours en carence, sorte de plainte, initi\u00e9 par la Su\u00e8de). En attendant, elle planche sur une \u00e9valuation des cons\u00e9quences socio-\u00e9conomiques sur la fili\u00e8re si jamais on en venait \u00e0 interdire certains PE. <\/p>\n<p>Sauf que les cons\u00e9quences des PE sur la sant\u00e9 ont elles aussi un co\u00fbt, et pas seulement humain. Le 5 mars, une s\u00e9rie d&rsquo;\u00e9tudes conduite par une vingtaine de chercheurs am\u00e9ricains et europ\u00e9ens a \u00e9valu\u00e9 \u00e0 157 milliards d&rsquo;euros le co\u00fbt pour l&rsquo;Union europ\u00e9enne des maladies li\u00e9es aux perturbateurs endocriniens, soit 1,23% du PIB. \u00ab\u00a0Les auteurs, qui ne font pas myst\u00e8re des marges d\u2019incertitudes inh\u00e9rentes \u00e0 ce genre de calculs, placent la fourchette haute de leur estimation \u00e0 quelque 270 milliards d\u2019euros annuels, soit 2 % du PIB europ\u00e9en\u00a0\u00bb, \u00e9crit Le Monde. Peut-\u00eatre que cet argument-l\u00e0 p\u00e8sera plus lourd que le reste? <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Source : Le HuffPost | Par Sara Taleb Vous vous en foutez ? Vous avez tort ! SANT\u00c9 &#8211; Bisph\u00e9nol A, phtalates, paraben entre autres. Les noms de ces substances chimiques vous disent peut-\u00eatre quelque chose. En France, la premi\u00e8re a \u00e9t\u00e9 interdite dans les biberons en 2010 et est cens\u00e9e \u00eatre absente des contenants alimentaires depuis le 1er janvier 2015. Les deux autres sont r\u00e9guli\u00e8rement nomm\u00e9es dans des campagnes de publicit\u00e9 pour cosm\u00e9tiques qui se vantent de les bannir de leur composition. Ces mol\u00e9cules sont ce qu&rsquo;on appelle des perturbateurs endocriniens (PE). Derri\u00e8re ce nom un peu froid et \u00e0 rallonge se cachent des substances controvers\u00e9es, pr\u00e9sentes dans de nombreux objets de notre quotidien, qui posent une question de sant\u00e9 publique. Depuis plusieurs ann\u00e9es, des scientifiques alertent sur les effets des PE sur notre syst\u00e8me hormonal qu&rsquo;ils, comme leur nom l&rsquo;indique, perturbent. 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