• UN SEAU D’EAU FROIDE EN DIRECT SUR LCI… dans une guerre la première victime c’est la vérité !

    Source : Luis Alberto Reygada – Le Grand Soir.

    A lire et relire et diffuser largement !


    Ho ! My God ! Dit-il !

    Moments choisis d’une émission qui restera dans les mémoires, du moins nous l’espérons dans celle d’Yves Calvi qui aura peut-être compris pourquoi tant de citoyens se montrent de plus en plus défiants face aux médias.

    [ … ] Alors qu’en général les voix dissonantes sont noyées dans le flot du discours dominant, il arrive parfois –et même assez rarement pour le souligner, c’est le but de cet article- que les arguments allant à contre-courant du récit officiel soient à ce point aveuglants que même le plus docile des chiens de garde, le plus infaillible des éditocrates [24], le plus expérimenté des journalistes de plateau-télé, se voit obligé – oh crime absolu – de se remettre en question. Ou plutôt de remettre en question la version des choses auquel il avait été soumis et dont il avait participé à la diffusion à grande échelle.

    Stupéfaction déconcertée, ahurissement et sûrement quelques gouttes de sueur, c’est le très jouissif spectacle que nous a offert Yves Calvi durant son émission 24 heures en Question diffusée en direct sur la chaîne LCI le 15 décembre 2016 dernier et ayant pour titre Alep : seule au monde [25].

    En effet, ce soir-là, alors que la bataille d’Alep concentre toute l’attention médiatique et ne se résume, pour les médias dominants, qu’au bombardement de la ville et au massacre des civils par les troupes de Bachar al-Assad appuyées par l’aviation russe, Yves Calvi (mais cela aurait pu arriver à n’importe quel autre éditocrate, puisqu’ils sont de par nature interchangeables) se voit magnifiquement mis en difficulté journalistique quand tous ses invités sur le plateau, du début à la fin de l’émission, coïncident pour le mettre en porte-à-faux quant à ses convictions au sujet de la situation dans la ville syrienne.

    Un grand sceau d’eau glacée en direct pour un représentant du discours dominant dont l’ignorance sur le sujet qu’il est censé maîtriser est mise en évidence à la face du monde, une belle claque pour ce porte-voix de la vérité-officielle pour qui le monde paraît s’écrouler tout autour quand ses 4 invités lui jettent la vérité au visage : ses certitudes étaient erronées, les médias ont menti, il y a eu manipulation… Et nous devinons qu’il sait, en son for intérieur, qu’il porte une grande responsabilité, en tant que rouage actif du système.

    Ses interrogations dubitatives proférées à voix haute traduisent un désarroi mal maîtrisé et nous, spectateurs, assistons alors à un moment de télévision presque historique : Calvi est obligé d’avaler la pilule rouge de Morphéus et, comme le personnage du film The Truman Show, il assiste à la chute du décor médiatique de la grande supercherie formant la bulle – et le monde – qui l’entoure.[26]

    Les invités de l’émission : (qui n’ont rien de conspirationnistes !)

    Frédéric Pons, journaliste, écrivain, spécialiste de géopolitique, professeur à Saint-Cyr et auteur de ’Poutine’ ;

    Isabelle de Gaulmyn, rédactrice en chef adjointe au journal La Croix ;

    Frédéric Pichon, professeur de géopolitique, spécialiste de la Syrie et chercheur associé à l’université François Rabelais de Tours, auteur de ’Syrie, pourquoi l’Occident s’est trompé’ aux éditions du Rocher ;

    – et le général Vincent Desportes, professeur de stratégie à Sciences Po et HEC, a dirigé l’école de guerre et auteur de ’La Dernière Bataille de France’ chez Galimard..

    Moments choisis

    1er extrait : « un peu de vrai et beaucoup d’intoxication et de désinformation sur ce qui s’est passé »

    En guise d’introduction, Yves Calvi plante son décor : les nombreuses images traumatisantes, la destruction de la ville d’Alep, la préoccupation des français (et comment ne pas se préoccuper avec le battage médiatique incessant depuis de nombreux mois !?)… mais tout de suite son premier invité, Frédéric Pons, remet les choses en place : « On a assisté en tout cas en occident, en France, aux Etats-Unis en Europe à un déluge de mots extrêmement forts… on a parlé de génocide, massacres à grande échelle, il y a un peu de vrai et beaucoup d’intoxication, beaucoup de désinformation sur ce qui s’est passé (…) mais il y a des précisions qui n’ont pas été données… »

    Yves Calvi Insiste sur la force des images, « traumatisantes, touchantes, il est normal de ressentir de l’émotion… (…) On va tuer des gens dans les hôpitaux ! ».

    Frédéric Pons lui répond alors par des mots que les éditocrates n’ont pas l’habitude de se voir jeter à la figure : « intoxication, manipulation »… « On sait aujourd’hui que certaines images ont été manipulées par la propagande islamiste … Nos médias ne l’ont pas dit … » S’en suit un réquisitoire de l’Observatoire syrien des droits de l’homme… Quel culot cet invité, remettre en question une des principales sources des médias dominants depuis le début du conflit !

    2nd extrait : « il n’y a pas les bons d’un côté et les mauvais de l’autre »

    La parole est ensuite donnée à la rédactrice en chef adjointe de La Croix, qui ne fait pas seulement confirmer les dires de l’intervenant antérieur, se permettant aussi de donner une petite leçon d’objectivité et de professionnalisme au journalisme français : suivi du conflit depuis le début avec des sources sur place, compréhension de la complexité de la situation dont il serait incorrect de vouloir réduire à « les bons d’un côté et les mauvais de l’autre », silence médiatique lorsqu’Alep ouest était bombardée par les rebelles, et chute du mythe de la « révolution », auquel on a voulu donner une connotation trop romantique en France.

    Et puis l’Arabie Saoudite commence à être mentionnée, ou plutôt son soutien à des gens « qui n’étaient pas forcement de grands démocrates… »

    3ème extrait : « On a éteint la Tour Eiffel pour les djihadistes ! »

    Attention ça fait mal : ici Frédéric Pichon explique qu’en réalité les derniers combats menés dans la ville se font contre des rebelles… qui sont en fait des djihadistes. C’est donc pour des djihadistes que la Tour Eiffel a été éteinte symboliquement la veille !!! Une vérité qui apparaît « très violente » aux yeux de Calvi, « après ce que l’on a cru percevoir pendant des semaines » mais « qui ne me semble pas pouvoir être mis en doute ».

    Il s’accroche ce bon vieux Calvi, c’est tellement dur d’ouvrir les yeux et d’accepter que l’on a été trompé !!!

    4ème extrait : « Ces djihadistes sont les mêmes que la France combat à Mossoul »

    En 30 secondes, le général Vincent Desportes met Yves Calvi face à une réalité : les rebelles d’Alep sont des djihadistes, d’ailleurs ce sont les mêmes que la France combat avec ses rafales à Mossoul !!!

    5ème extrait : « La presse française été suiviste par rapport à la diplomatie française »

    Attention, il est ici question du traitement du conflit par les médias français. Parti pris anti-Bachar, suivisme de la diplomatie française, manque d’objectivité … Isabelle de Gaulmyn remet -gentiment- les pendules à l’heure.

    6ème extrait : « Les médias dominants ont pris parti contre Assad, ils se sont mis des œillères »

    Frédéric Pons : « Les médias dominants ont d’emblée pris le parti du camp rebelle contre Assad », ils « se sont mis des œillères et se sont interdit d’aller chercher d’autres sources d’informations que celles données par les djihadistes, (…) des gens qui sont nos ennemis (…) et des experts en désinformation. L’adage est bien connu, dans une guerre la première victime c’est la vérité ».

    7ème extrait : « Sur la question du traitement médiatique … il y a eu des exagérations »

    Dans cet extrait Yves Calvi sort une perle : voyant que les analyses de ses invités ne vont pas du tout dans le sens de ce qu’il s’attendait à entendre, il prévient sur son plateau : « Je voudrai juste qu’on ne fasse pas la première émission révisionniste de l’histoire récente en Syrie » !!!

    Suite à cela, Frédéric Pichon précise assez paternellement que le système médiatique a en fait simplement été une « victime technique » du conflit, à cause de son incapacité à se rendre sur place !!!

    8ème extrait : Mais qui sont les rebelles ?

    Dans cet extrait, Yves Calvi se fait répéter par le général Desportes qu’en réalité, ceux qui étaient appelés « les rebelles » sont « globalement » nos adversaires, des djihadistes d’Al Nosra, de la mouvance d’Al Qaïda.

    9ème extrait : Une analyse qui a seulement 5 ans de retard !

    Dans cet extrait Yves Calvi s’entend dire que les djihadistes d’Alep – que combattent les troupes syriennes au côté des forces russes – sont les mêmes qui ont frappé la France au Bataclan, à Charlie Hebdo, à Nice !!! Quant à la « Révolution syrienne », il apprend qu’elle a en fait pris fin dès les derniers mois de 2011, suite à quoi des groupes islamistes soutenus par l’Arabie Saoudite et le Qatar sont venus se greffer au conflit.

    En tout ce sont près de 5 ans de retard que le journaliste rattrape en l’espace de quelques minutes !

    10ème extrait: Calvi verse dans le complotisme !

    Cet extrait de 7 minutes comprend un reportage sur la guerre contre l’Etat Islamique, avec des focus sur les batailles de Raqqa, de Mossoul et de Palmyre. Et au sujet de cette dernière ville deux points de vue sont exposés dans le reportage : d’un côté, « Si Bashar Al assad avait voulu livrer des armes à l’Etat Islamique il n’aurait pu mieux s’y prendre ». De son côté, « L’Etat-major Russe fait porter la responsabilité de cette déroute aux Américains. » Et le porte-parole du Ministère russe de la défense de déclarer : « A propos de la situation à Palmyre l’EI a pu redéployer ses forces pour reprendre la ville car les Etats-Unis et la Coalition Internationale ont totalement suspendu leurs activités militaires contre eux à Raqqa depuis le printemps dernier »!!!

    Les reporters n’iront pas plus loin dans le reportage, mais pour Calvi, tout est clair comme de l’eau de roche : « On s’arrête sur la situation à Palmyre, la phrase clé de ce reportage c’est : « Si Bashar Al assad avait voulu livrer des armes à l’Etat Islamique il ne se s’y serait pas pris autrement », qu’est-ce que vous en pensez ? »

    Frédéric Pons : « Ce qui compte c’est que les colonnes islamistes sur ces terrains dégagés ont pu progresser (…) alors que la maîtrise du ciel par les avions et les drones est totalement sous le contrôle des américains ou de la coalition internationale. Comment se fait-il que, comme en 2015 quand les Islamistes avaient déjà pris Palmyre, que leurs convois n’aient pas été détectés, que l’on ait laissé faire, il y a une grande interrogation et pour ma part je n’ai pas la réponse. » (…)

    Quoi, qu’entends-je ? Les américains et la coalition internationale auraient donc une part de responsabilité dans la reprise de Palmyre ?

    Yves Calvi : « On peut imaginer que certains rêvent que l’on retrouve Palmyre en ruine pour remobiliser contre les rebelles, et retourner encore une fois de plus l’opinion ? Enfin je veux dire tout est possible… »
    Frédéric Pichon : « Ça s’appelle du complotisme ça ! ».

    Moment culte.

    L’émission se termine.

    Un grand merci aux invités, nos félicitations à Yves Calvi qui a inventé l’eau chaude en direct et pour notre plus grand bonheur.

    Une semaine après… « roulage dans la farine et falsification complète de la réalité »

    Pourtant, il faudra encore une semaine pour qu’ Yves Calvi découvre définitivement le pot aux roses, dans la même émission [27] mais en recevant cette fois le Directeur du Centre Français de Recherche sur le Renseignement, Eric Denécé.

    Après lui avoir rappelé le double jeu de notre allié l’Arabie saoudite, qui combat le terrorisme tout en le finançant, Eric Denécé détricote la vision du monde de Calvi, non sans provoquer sa stupeur : « Vous comprenez que c’est incompréhensible pour la plupart de ceux qui nous écoutent, c’est à la fois énorme, monstrueux, contradictoire et difficile à accepter », s’inquiète-t-il.

    Et Denécé de remuer le couteau dans la plaie : A Alep, « on est à mon sens sur une falsification de l’information qui est énorme », explique l’ancien officier et ex-professeur au collège interarmées, « La population française de plus en plus en prend conscience, même si nos élites et nos gouvernants restent bloqués. »

    « On se fait rouler dans la farine avec Alep ? », s’exclame alors Yves Calvi ! Et le spécialiste du renseignement de lui confirmer sobrement : « On se fait rouler dans la farine avec Alep » !

    Extrait :

    Conclusion : la mort d’un système ?

    Qu’est ce qui est le plus triste dans toute cette histoire ? La nullité journalistique de nos éditocrates ? [28] Comprendre qu’ils sont sincères dans leur incompréhension de la réalité et en fait les premières victimes d’un système médiatique dominant dont l’efficacité repose justement sur cette capacité à s’auto-conforter dans le mensonge et la supercherie, trompant ainsi encore plus efficacement les autres ? Comment lutter face à un monstre de cette nature ?

    Plus que jamais, la critique et la refonte de l’espace médiatique représentent un combat politique et social central, nécessaire, idéologique dans la mesure où l’information – qui mérite une place de premier plan en tant que bien commun dans toute société démocratique – ne peut être considérée comme une simple marchandise aux mains du privé. Étant à la base de ce qui devient notre vision du monde, les enjeux de l’information sont bien trop importants pour qu’on se permette de les traiter à la légère. Qui plus est pour un pays comme la France, membre du cercle restreint des grandes puissances de ce monde, siégeant au Conseil de Sécurité de l’ONU, détenteur de l’arme atomique et d’une force de projection militaire quasi-globale.

    Aujourd’hui pour la Syrie, et demain, pour quel conflit serons-nous « roulés dans la farine » ?

    Alors que nous entrons officiellement dans l’ère de la poste-vérité – dans laquelle les faits comptent moins que l’émotion ’alimentée par la montée en puissance des réseaux sociaux en tant que source d’information et la méfiance croissante vis-à-vis des faits présentés par l’establishment’ [29] – et que les « fake news » affolent de plus en plus ordre établi [30], la remise en question et l’autocritique des médias dominants est tout aussi pathétique [31] qu’effrayante : dénonçant la paille dans l’œil du voisin sans voir la fiole contenant de l’anthrax dans le sien, le système oublie facilement qu’il a été le vecteur d’intoxications massives ayant provoqué des millions de morts. [32] Il en porte historiquement le fardeau, et le sang.

    Le 5 février 2003, le secrétaire d’Etat américain Colin Powell brandit à la tribune de l’ONU une fiole censée contenir de l’anthrax, une preuve, selon lui, que le régime de Saddam Hussein détient des armes de destructions massives, argument qui servira à lancer une guerre internationale contre l’Irak. Il reconnaîtra quelques années plus tard avoir menti!!!

    Comme le rappelle le journaliste Pierre Rimbert, l’hypocrisie du système médiatique n’a pas de limites :

    « C’est entendu : avant l’entrée en campagne de M. Trump, la démocratie et la vérité triomphaient. Certes, les médias vivaient grâce à la publicité qui promet le bien-être aux buveurs de Coca-Cola, et relayaient les « actualités » fabriquées par des agences de communication. Mais les « fausses nouvelles » s’appelaient « informations », puisqu’elles étaient publiées de bonne foi par des journalistes professionnels.
    Ceux qui trompaient la Terre entière en décembre 1989 avec les faux charniers de Timişoara, en Roumanie ; ceux qui diffusaient sans vérification, en octobre 1990, la fable des soldats irakiens détruisant des couveuses à la maternité de Koweït afin de préparer l’opinion à une intervention militaire ; ceux qui révélaient à la « une » du Monde (8 et 10 avril 1999) le plan « Fer à cheval » manigancé par les Serbes pour liquider les Kosovars — une invention des services secrets allemands destinée à légitimer les bombardements sur Belgrade. Sans oublier les éminences du New York Times, du Washington Post ou du Wall Street Journal qui relayèrent en 2003 les preuves imaginaires de la présence d’armes de destruction massive en Irak pour ouvrir la voie à la guerre. » [33]

    Et peu à peu, année après année, c’est le nombre de citoyens perdant totalement la confiance en ces éditocrates qui va en augmentant. Mais comment pourrait-il en être autrement ? Et certains observateurs avisés d’annoncer :

    « Un système qui, le lendemain de l’élection de Donald Trump, fait commenter l’événement par Christine Ockrent – sur France Culture… – et le surlendemain par BHL interviewé par Aphatie, n’est pas seulement aussi absurde qu’un problème qui voudrait donner des solutions : c’est un système mort. » [34]

    Alors, s’il est vraiment mort, puisqu’il apparaît clairement que « les leçons des erreurs passées » n’ont toujours pas été tirées [35], fatalement surgit le besoin pressant de se poser la question : qu’attend-t-on pour refermer le cercueil ?

    Notes

    [24] Au sujet des éditocrates, voir Les éditocrates ou les prescripteurs d’opinion, ACRIMED, 02/12/2016 – http://www.acrimed.org/Jeudi-d-Acrimed-Les-editocrates-ou-les-prescripteurs-d-opinion-10-decembre et La meute des éditocrates, Henri Maler (ACRIMED), 06/12/2016 – http://www.acrimed.org/La-meute-des-editocrates.

    [25] 24 heures en Question – Alep : seule au monde, LCI (15/12/2016) – http://www.lci.fr/replay/replay-24-heures-en-questions-du-15-decembre-2016-alep-seule-au-monde-2017629.html.

    [26] L’image est tirée de l’article Médias et Information : il est temps de tourner la page, Viktor Dedaj (Le Grand Soir), juillet 2012 – https://www.legrandsoir.info/medias-et-information-il-est-temps-de-tourner-la-page.html, dont nous ne pouvons que recommander très fortement la lecture salutaire.

    [27] 24 Heures en Questions – L’invité , LCI (21/12/2016) – http://www.lci.fr/politique/eric-denece-etait-l-invite-de-yves-calvi-2018520.html.

    [28] Voir Critique des médias, vingt ans après, Pierre Rimbert, Le Monde Diplomatique, décembre 2016 – http://www.monde-diplomatique.fr/2016/12/RIMBERT/56929.

    [29] Voir ’Post-vérité’, le mot de l’année selon le dictionnaire Oxford, AFP (16/11/2016) – http://www.lepoint.fr/culture/post-verite-le-mot-de-l-annee-selon-le-dictionnaire-oxford-16-11-2016-2083387_3.php

    [30] Le débat suscité par les fakes news ouvre la porte à une nouvelle ère extrêmement trouble pour nos sociétés, avec des remèdes qui pourraient se révéler bien pires que les maux originels. En effet, le spectre du Big Brother de 1984, de George Orwell, prend une forme de plus en plus claire dans nos vies, mais avançant à pas feutrés, il s’installe comme une évidence dans le paysage de nos démocraties. Quelques articles pour approfondir sur ces sujets, d’extrême importance à nos yeux : Critiqués après l’élection américaine, Google et Facebook s’attaquent aux faux sites d’informations, France Info avec AFP (16/11/2016) – http://www.francetvinfo.fr/monde/usa/presidentielle/donald-trump/critiques-apres-l-election-americaine-google-et-facebook-s-attaquent-aux-faux-sites-d-informations_1923211.html ; Google and Facebook Take Aim at Fake News Sites, New York Times (14/11/2016) – http://www.nytimes.com/2016/11/15/technology/google-will-ban-websites-that-host-fake-news-from-using-its-ad-service.html ; How to spot lies, ’fake news’ and propaganda, AP (16/12/2016) – https://apnews.com/fa3938645328428ea0487290679bca5c/How-to-spot-lies,-’fake-news’-and-propaganda ; Guerre de l’information : Facebook accepte de confier le contrôle de ses contenus à des tiers, RT en français (16/11/2016) – https://francais.rt.com/international/30749-guerre-information-facebook-controle ; Facebook, Twitter… La douane américaine invite les touristes à déclarer leurs comptes, Le Figaro (28/12/2016) – http://premium.lefigaro.fr/international/2016/12/27/01003-20161227ARTFIG00136-facebook-twitter-la-douane-americaine-invite-les-touristes-a-declarer-leurs-comptes.php.

    [31] Pour l’establishment « les gens vont devoir commencer à traiter les contenus numériques avec plus de scepticisme », sans pour autant remettre en question les contenus diffusés par les médias dominants, ou le fait que celui-ci participe aussi à la « mal-information ». Voir Post-vérité : « Les gens vont devoir commencer à traiter les contenus numériques avec plus de scepticisme », Tolly Tailor, Libération (28/12/2016) – http://www.liberation.fr/planete/2016/12/28/post-verite-les-gens-vont-devoir-commencer-a-traiter-les-contenus-numeriques-avec-plus-de-scepticism_1537867. De son côté, Le Monde oublie de montrer du doigt la part de faute revenant aux médias, mettant sur un pied d’égalité journalistes et lecteurs/citoyens. Tous sur le même bateau, oui, mais qui tient la barre ? Voir Les risques de la société « post-vérité », éditorial du Monde (02/01/17) – http://abonnes.lemonde.fr/idees/article/2017/01/02/les-risques-de-la-societe-post-verite_5056533_3232.html.

    [32] Voir Mensonges d’Etat, Ignacio Ramonet, Le Monde Diplomatique (juillet 2003) – http://www.monde-diplomatique.fr/2003/07/RAMONET/10193.

    [33] Voir Les chauffards du bobard, Pierre Rimbert, Le Monde Diplomatique (janvier 2017) – http://www.monde-diplomatique.fr/2017/01/RIMBERT/56980.

    [34] Politique post-vérité ou journalisme post-politique ?, Frédérique Lordon, Blog du Monde Diplomatique (22/11/2016) – http://blog.mondediplo.net/2016-11-22-Politique-post-verite-ou-journalisme-post.

    [35] « ’Traitement exemplaire’ et ’On a tiré toutes les leçons de nos erreurs passées’ constituent les formules sous lesquelles les médias travestissent leur travail en temps de guerre. (…) Exemples à l’appui, ce livre rappelle comment les médias ont broyé l’information du public tout au long des quinze dernières années – et continuent de le faire. Ce qu’il décrit, loin de constituer une collection d’exceptions, est devenu la règle ; pas un dérapage, la norme. » Quatrième de couverture de l’ouvrage L’opinion ça se travaille … les médias et les guerres justes, Serge Halimi et Dominique Vidal avec Henri Maler. Voir (Re)lire : « L’opinion, ça se travaille », ACRIMED (16/10/2013) – http://www.acrimed.org/Re-lire-L-opinion-ca-se-travaille-Les-medias-et-les-guerres-justes.


  • Goebbels un enfant de cœur …


    Le ministère de la vérité à venir

    Source Observatus geopoliticus site Chronique du Grand Jeu

    La démocratie plus vicieuse que la dictature

    Goebbels le boiteux d’Hitler doit se retourner dans sa tombe en voyant le degré de perversion propagandiste de nos bonnes démocraties occidentales depuis 25 ans. L’élève a dépassé – que dis-je ! – écrasé le maître. Certes, cela avait déjà commencé auparavant (« incident » du Golfe du Tonkin etc.) mais le niveau atteint depuis dépasse l’imagination.
    Le mot « démocratie » n’est pas anodin ici, car le mensonge en est malheureusement constitutif, du moins en politique étrangère. Lorsqu’un gouvernement démocratique souhaite déclencher une guerre, il doit « travailler » son opinion publique afin de la convaincre du bien-fondé de la chose. Un dictateur n’a pas de ces délicates attentions : il n’a pas d’opinion publique ! Deux-trois petits mensonges pour la forme et c’est emballé. La démocratie, elle, n’a pas cette chance, la pauvre ; ce n’est qu’après une patiente campagne de lobotomisation des esprits et une surenchère dans l’émotion et l’horreur (fabriquées de toute pièce tant qu’à faire) que le public finira par plier. Aussi ne doit-on pas être surpris de l’intoxication orwelienne à laquelle nous assistons depuis un quart de siècle.

    Au commencement était le Verbe… et le Koweït.

    La légendaire affaire des bébés-couveuse reste dans toutes les mémoires :

    Les faux bébés koweïtiens

    Montage. Pour faire accepter la guerre du Golfe, on invente un massacre de nouveau-nés.

    « Je m’appelle Nayirah et je suis une jeune Koweïtienne. J’ai vu les soldats irakiens entrer avec leurs armes dans la maternité de l’hôpital de Koweit City. Ils ont arraché les bébés des couveuses, les ont emportés et les ont laissés mourir sur le sol froid. » Les représentants du Comité des droits de l’homme du Congrès américain écoutent ce témoignage terrible dans un silence religieux. L’assistance est médusée devant cette barbarie gratuite de la soldatesque irakienne qui a envahi le Koweït le 2 août 1990. Nul ne demande, ce 10 octobre, à enquêter sur l’identité du témoin. Elle semble si sincère et si bouleversée, et on leur a expliqué qu’il était nécessaire de protéger sa famille restée au Koweït.

    Les représentants américains ignorent donc que sous le pseudonyme de Nayirah se cache la propre fille de l’ambassadeur du Koweït aux Etats-Unis et qu’elle participe à la machination montée par le Koweït et les Etats-Unis pour faire accepter à l’opinion publique américaine et mondiale une future intervention militaire. Elle aura lieu en janvier 1991. Pour Washington, il ne suffit pas d’obliger le dictateur irakien à retirer ses troupes du Koweït, il faut casser l’Irak, ce pays trop peuplé, trop riche de ses hydrocarbures, à l’armée nombreuse et qui, dix ans auparavant, a eu des velléités de se doter de l’arme nucléaire. Inadmissible.

    [ … ]
    Pour un coup d’essai, ce fut un coup de maître. Outre le déjà affligeant New York Times, notons que nous retrouvons dans cette invraisemblable intox des thèmes bien familiers et actuels : témoignages de « docteurs », érection de l’ennemi en monstre absolu (le « boucher de Damas »)…

    Passent quelques années au cours desquelles les propagandistes de l’empire reprennent sans doute leur souffle pour repartir de plus belle avec le génocide inventé du Kosovo :
    (Voir ici l’excellent article de SERGE HALIMI ET DOMINIQUE VIDAL du Monde Diplomatique. Prenez le temps de le relire, pour l’Histoire !)

    La leçon n’a pas servie la désinformation continue

    Quand on entend France Info parler de la Syrie en se gargarisant de sa source d’information qui est « l’Observatoire Syrien des droit de l’Homme » et quand on sait ce qu’est cette organisation, on ne peut plus faire confiance à ces journaleux !

    Grotesque lyrisme droit-de-l’hommiste (« l’humanité s’est effondrée à Alep »), mensonges éhontés, auto-congratulation de la presse, dénigrement inquisitorial des voix discordantes etc. Toute ressemblance avec des faits existants serait purement fortuite, n’est-ce pas…

    Ce blog a suffisamment documenté la crasse désinformation de la journaloperie sur l’Ukraine ou la Syrie pour y revenir en détail. La dernière en date ne manque toutefois pas de sel : il s’agit pour les médias d’ignorer purement et simplement le blocage et l’empoisonnement de l’eau potable par les rebelles « modérés », mettant en danger les cinq millions d’habitants de Damas.
    Ce qui frise la tentative de crime contre l’humanité est tout simplement passé sous silence. L’ONU est pourtant au courant de la situation…

    Sur une note plus légère quoique tout aussi imbécile, le Washington Post, torchon propagandiste s’il en est, est revenu sur ses accusations contre des hackers russes qui auraient piraté une compagnie électrique américaine (!) Ah non, finalement, c’était pas eux, sorry.
    Mais si, entre-temps, cette absurdité a pu convaincre quelques lecteurs de l’inénarrable « danger russe », c’est toujours bon à prendre…

    Les cons osant tout comme dirait Audiard, ce sont ces mêmes médias qui hurlent au complotisme des « fake news », à la « propagande russe » et s’étonnent de ce que la confiance du public atteigne un plus bas historique .
    Comprennent-ils au moins ce qui se passe ? Pas sûr…

    Les retournements de veste du Time à propos de Trump sont pathétiquement amusants,

    Le système en capilotade avancée semble vouloir doubler la mise dans un ultime effort. En Allemagne, le dernier journal indépendant est dans l’oeil du cyclone et Merkel commence à montrercertaines tendances führerines…

    En France, la médiatitude est trop saoudisée/américanisée/bruxellisée/les-trois-en-même-temps pour espérer une quelconque remise en question et, il y a quelques billets de cela, un fidèle lecteur avait d’ailleurs retranscrit l’hallucinée profession de foi auto-satisfaite d’un journaliste radio quasiment persuadé d’être en mission pour le Bien. Indécrottable…

    Plus inquiétantes sont les nouvelles provenant d’outre-Atlantique. En digne successeur de Bush Jr, Obama a signé fin décembre le National Defense Authorization Act (NDAA) qui, comme son nom ne l’indique pas, concerne également la guerre de l’information. Il a été subrepticement inclus dans le NDAA le Countering Disinformation and Propaganda Act. Quand on connaît la fidélité toute relative du système impérial pour la vérité et l’information – on en a vu quelques exemples plus haut -, il y a de quoi s’inquiéter.

    Naissance du Ministère de la Vérité ou, sous son petit nom orwellien, Miniver ?

    Après tout, Goebbels avait bien son Propagandaministerium…

    Conclusion

    « La philosophie nous enseigne à douter de ce qui nous paraît évident. La propagande, au contraire, nous enseigne à accepter pour évident ce dont il serait raisonnable de douter. » [Aldous Huxley.]

    « À l’avenir, on fera aimer aux gens leur servitude, ce qui produira une dictature sans pleurs, une sorte de camp de concentration sans douleur pour des sociétés entières, avec des citoyens privés de leurs libertés mais qui aimeront cette situation, parce qu’ils seront détournés de tout désir de se rebeller par la propagande ou le lavage de cerveau, appuyé ou non par des méthodes pharmacologiques. » [Aldous Huxley, 1961.]


  • Quelques nouvelles de notre belle presse !

    Encore une grosse intox de nos médias.

    Moscou n’avait jamais officialisé cette mesure. Nos médias se sont cependant empressés de déformer les propos du gouvernement russe.

    Les diplomates deviennent des espions !!!

    En réponse aux sanctions draconiennes décrétées contre la Russie le 29 décembre par Barack Obama, la Russie aurait décidé de se venger sur les enfants américains en fermant leur école. C’est en tous cas ce que croient certains médias qui ont relayé l’information de CNN.

    «Les autorités russes ont ordonné la fermeture de l’école anglo-américaine de Moscou, nous a confié un représentant américain informé de ce fait. L’ordre venu du gouvernement russe a entraîné la fermeture de l’école, que des enfants du personnel diplomatique des ambassades des Etats-Unis, du Royaume-Uni et du Canada fréquentent», a affirmé la chaîne CNN.

    Cette école est entre autres fréquentée par les enfants des diplomates américains, britanniques et canadiens présents à Moscou.
    La nouvelle a alors été reprise dans toute la presse. Certains médias tels qu’Europe 1 se sont bien gardés de prendre la moindre précaution journalistique en relayant l’information à l’indicatif, sûrs de leur fait.

    La vérité est ailleurs

    Le président russe a affirmé qu’il n’y aurait pour le moment aucune expulsion de diplomates américains ou d’autres mesures de rétorsion, même si le pays se gardait le droit de répondre à ces sanctions. «Nous n’allons pas nous abaisser à faire de la diplomatie de cuisine», a-t-il affirmé, avant d’inviter le personnel diplomatique des Etats-Unis et leurs enfants aux célébrations du Nouvel An du Kremlin.

    Quand l’AFP se fait corriger par sa consœur suisse après avoir diffusé des «fake news» sur la Russie

    Cela aurait pu être un nouvel épisode de la saga des hackers russes, mais l’information reprise du Washington Post par l’AFP a été démentie. L’AFP a tenté de rectifier, mais trop tard : l’agence Romandie a entre temps recadré sa consœur française.
    L’agence de presse suisse Romandie s’est permis de donner une petite leçon de professionnalisme à l’AFP, sa consœur française, en l’interpellant sur Twitter, dénonçant la diffusion par celle-ci d’une «fake news» concernant la Russie, et la priant de cesser la diffusion d’informations erronées.

    De quoi s’agissait-il ?

    «Des hackers russes ont piraté un fournisseur d’électricité américain».

    Tel était le titre de la dépêche en question, publiée le 31 décembre à 20h26 précisément. Derrière l’intitulé choc, le contenu se fondait en réalité sur un article du Washington Post affirmant que la compagnie d’électricité Burlington Electric avait été victime d’un piratage de la part de hackers russes. De quoi faire paniquer l’Amérique entière !

    Hélas, il s’est rapidement avéré que l’article du Washington Post avait quelque peu dramatisé la situation… Ayant reçu, comme tous les opérateurs fédéraux, une note du Département de la sécurité intérieure des Etats-Unis concernant un malware identifié peu de temps auparavant, la Burlington Electric a effectué une vérification de ses ordinateurs : elle a finalement retrouvé la trace du logiciel espion sur un seul ordinateur portable, «qui n’était pas connecté au réseau», précise la compagnie.

    L’AFP toujours la pire agence qui sert de référence à notre presse !!!

    Si la rédaction du journal a publié un rectificatif un peu plus tard, précisant qu’il n’y avait «aucune preuve» d’un piratage, la nouvelle a eu le temps de parvenir jusqu’à l’agence de presse française AFP qui s’est empressée de la relayer, reprenant presque le même titre, sans vérifier l’information. En se rendant compte de son erreur, l’agence de presse a ensuite rectifié l’information, sans toutefois s’excuser.

    Houuuu ! Monsieur Lemarchant !

    Ces derniers mois, les fausses informations émanant des US se sont multipliées dans plusieurs rédactions traditionnellement réputées pour leur fiabilité et leur professionnalisme….
    La veille, CNN avait affirmé que Vladimir Poutine avait demandé la fermeture de l’école américaine de Moscou. (Voir ci-dessus).

    Nous manipulerait-on ?


  • Choses du soir – Victor HUGO (1802-1885)

    Choses du soir – Victor HUGO

    Le brouillard est froid, la bruyère est grise ;
    Les troupeaux de boeufs vont aux abreuvoirs ;
    La lune, sortant des nuages noirs,
    Semble une clarté qui vient par surprise.

    Je ne sais plus quand, je ne sais plus où,
    Maître Yvon soufflait dans son biniou.

    Le voyageur marche et la lande est brune ;
    Une ombre est derrière, une ombre est devant ;
    Blancheur au couchant, lueur au levant ;
    Ici crépuscule, et là clair de lune.

    Je ne sais plus quand, je ne sais plus où,
    Maître Yvon soufflait dans son biniou.

    La sorcière assise allonge sa lippe ;
    L’araignée accroche au toit son filet ;
    Le lutin reluit dans le feu follet
    Comme un pistil d’or dans une tulipe.

    Je ne sais plus quand, je ne sais plus où,
    Maître Yvon soufflait dans son biniou.

    On voit sur la mer des chasse-marées ;
    Le naufrage guette un mât frissonnant ;
    Le vent dit : demain ! l’eau dit : maintenant !
    Les voix qu’on entend sont désespérées.

    Je ne sais plus quand, je ne sais plus où,
    Maître Yvon soufflait dans son biniou.

    Le coche qui va d’Avranche à Fougère
    Fait claquer son fouet comme un vif éclair ;
    Voici le moment où flottent dans l’air
    Tous ces bruits confus que l’ombre exagère.

    Je ne sais plus quand, je ne sais plus où,
    Maître Yvon soufflait dans son biniou.

    Dans les bois profonds brillent des flambées ;
    Un vieux cimetière est sur un sommet ;
    Où Dieu trouve-t-il tout ce noir qu’il met
    Dans les coeurs brisés et les nuits tombées ?

    Je ne sais plus quand, je ne sais plus où,
    Maître Yvon soufflait dans son biniou.

    Des flaques d’argent tremblent sur les sables ;
    L’orfraie est au bord des talus crayeux ;
    Le pâtre, à travers le vent, suit des yeux
    Le vol monstrueux et vague des diables.

    Je ne sais plus quand, je ne sais plus où,
    Maître Yvon soufflait dans son biniou.

    Un panache gris sort des cheminées ;
    Le bûcheron passe avec son fardeau ;
    On entend, parmi le bruit des cours d’eau,
    Des frémissements de branches traînées.

    Je ne sais plus quand, je ne sais plus où,
    Maître Yvon soufflait dans son biniou.

    La faim fait rêver les grands loups moroses ;
    La rivière court, le nuage fuit ;
    Derrière la vitre où la lampe luit,
    Les petits enfants ont des têtes roses.

    Je ne sais plus quand, je ne sais plus où,
    Maître Yvon soufflait dans son biniou.


  • Le directeur du Centre Français de Recherche sur le Renseignement dénonce la falsification de l’information par les médias


    Source: LCI

    … et ce n’est pas un complotiste paranoïaque !

    Après l’Elysée qui déroule le tapis rouge à un groupe de soutien terroriste (les Bonnets Rouge, et l’auto proclamé maire d’Alep est) nous avons vu récemment avec le traitement de l’information à Alep par les médias, qu’ils ont implicitement fait l’apologie du terrorisme en glorifiant les djhadistes en Syrie et en les présentant honteusement comme des martyres.

    Ce spécialiste du renseignement et du terrorisme confirme qu’il s’agit plus que d’une simple impression. Plutôt que de taper à la chaîne sur les médias alternatifs, les médias feraient mieux d’arrêter leurs mensonges éhontés en Syrie qui sont en train de légitimer et inciter ni plus ni moins les jeunes qui vont mourir en Syrie. (Regardez bien la réaction effarante de Calvi qui a l’air de ne pas comprendre de quoi on lui parle: un grand classique chez lui. A vomir).

    Eric Dénécé, directeur du CF2R :

    « On est à mon sens sur une falsification de l’information qui est énorme. Bien sûr qu’on est sur une guerre civile en Syrie, mais ça ne concerne que 30% d’Alep, ce sont soit des civils qui sont pris en otage par des djihadistes, soit des gens qui refusent de quitter les quartiers parce qu’ils soutiennent ces mêmes djihadistes.

    On ne vous parle pas de tout ce qui se passe ailleurs en Syrie. On se fait rouler dans la farine avec Alep. Ca ne veut pas dire qu’il n’y a pas de victimes innocentes qui périssent (…) Seul 1/3 d’Alep est victime des bombardements, et j’insiste, c’est 1/3 de la ville dans lequel des jihadistes dangereux sont présents qui depuis des années tirent sur les quartiers chrétiens et le reste de la ville, ce dont on ne parle jamais.

    On ne parle pas non plus du massacre humanitaire que conduisent les Saoudiens aujourd’hui au Yémen où systématiquement des hôpitaux sont ciblés, des sites archéologiques détruits. Un de nos contacts qui est rentré du terrain l’autre jour nous disait qu’en Syrie, il y a des tas d’endroits où les choses se passent bien où on peut dîner dans la rue le soir dans les quartiers de Damas, aller au bord de la mer, donc le pays n’est pas à feu et à sang. Au Yémen, c’est totalement différent, il n’y a quasiment pas 1 km² qui ne soit pas bombardé par les Saoudiens, et on ne parle pas de cela.

    Dans les années 90, dans une ancienne colonie française (belge NDLR), le Congo, une guerre civile a fait 400 000 morts sur 4M d’habitants, soit 10% de la population. On n’en parle pas non plus. Aujourd’hui, le focus qui est mis sur la Syrie d’une part et sur Alep avec les désinformations qui les accompagnent est une falsification complète de la réalité, ce qui ne veut pas dire qu’on défende Bachar El Assad, ce qui ne veut pas dire qu’il n’y ait pas de victimes civiles qui disparaissent, mais il y a quelque chose d’extrêmement dangereux : pour un jeune islamiste aujourd’hui, la façon dont les médias occidentaux présentent la crise d’Alep est une motivation pour passer à l’action.
    (Yves Calvi fait remarquer qu’Eric Dénécé tient les mêmes propos que les invités qu’il avait reçus la semaine précédente qui dénonçaient aussi la présentation biaisée de la crise d’Alep )

    La communauté Syrienne en France et dans d’autres pays européens est absolument scandalisée de voir la façon dont les médias présentent la situation. Nos médias en France sont suivistes du mainstream médiatique qui est impulsé et imposé par les médias anglo-saxons et par les médias arabes qui, eux, ont intérêt à présenter la situation en Syrie comme quelque chose d’absolument scandaleux. Et comme toujours, 300 000 morts dans cette guerre, 5 ans de guerre civile, c’est quelque chose d’horrible, 90 000 militaires tués, 70 000 personnes soutenant le régime ou en tout cas neutres massacrés, on nous présente les faits comme si Bachar avait tué 90% de la population, ce qui est inexact, ce qui ne veut pas dire que ce soit un saint.
    (Nous participons à la naissance des djihadistes et des assassins de demain) en étant toujours en relation avec des Etats qui encouragent directement ou indirectement le djihadisme – par le wahhabisme notamment – comme l’Arabie Saoudite et le Qatar. Et de l’autre côté, sur ce qui se passe aujourd’hui à Alep, le fait de mettre le focus en montrant à tort que « les pauvres populations islamistes » de ces quelques quartiers d’Alep sont des victimes de l’Occident, on redonne du carburant à ceux qui dans nos banlieues ou à l’étranger considèrent que le peuple arabe dans le monde est victime de l’ostracisme occidental, et ça les pousse à passer à l’action. »


  • Nos médias n’en ont même pas parlé !

    Conférence de presse de Bachar Ja’fari, représentant permanent de la Syrie auprès des Nations Unies, le 19 décembre 2016, suite au Conseil de Sécurité

    Traduction : http://sayed7asan.blogspot.fr/

    Transcription :

    Bachar Ja’fari :

    Bonjour à tous. Je tiens à faire la déclaration suivante après l’adoption par le Conseil de Sécurité de la résolution 2328 : l’insistance de la France et du Royaume-Uni pour présenter et adopter [à huis-clos] une telle résolution ne constitue qu’un nouvel épisode de la propagande continue contre la Syrie et son combat contre le terrorisme. Nous respectons les résolutions du Conseil de Sécurité, mais nous sommes conscients du but véritable de leurs efforts qui consiste à protéger les terroristes – je vais vous expliquer pourquoi dans un instant – et non le peuple syrien. Surtout après que la situation soit devenue claire et qu’Alep ait été libérée des groupes terroristes.
    Je voudrais partager avec vous (cette information) : en ce moment même, les derniers terroristes dans certains districts d’Alep-Est évacuent leurs bastions, et ce soir même, Alep sera nettoyée. Le gouvernement syrien ne s’oppose pas à l’adoption de toute résolution qui respecte le droit humanitaire international, et (garantit) la protection des civils, ou vise à fournir aux civils une assistance médicale ou alimentaire, ou de protéger les installations médicales et éducatives.

    Nous précisons cela car le gouvernement syrien, jusqu’à présent, fournit 80% de l’assistance humanitaire apportée à l’ensemble de notre peuple dans toute la Syrie, et en particulier aux civils qui sont toujours – espérons que ce soir, il n’y aura plus de civils – dans certains districts d’Alep-Est. L’ONU ne fait pas son travail correctement. Pour être concret, ces tâches constituent le devoir essentiel du gouvernement syrien envers ses citoyens, et il les a menées à bien durant les cinq dernières années.

    Nous nous opposons aux tentatives de certains Etats membres de préparer et soumettre, sous une couverture humanitaire, des résolutions insidieuses formulées en termes vagues et en phrases alambiquées qui ont plus d’une interprétation, avec l’intention d’exploiter ces résolutions dans des objectifs inavouables, à savoir légitimiser l’interférence étrangère et le renversement par la force d’un gouvernement légitime, ou même l’emploi de la force militaire. Ce genre de résolutions peut avoir beaucoup d’objectifs autres que les visées humanitaires annoncées. Nous nous souvenons tous de ce qu’ils ont fait à l’Irak, à la Libye et à d’autres pays, et (toujours) sous la couverture d’objectifs humanitaires. En Libye, ils voulaient (censément) protéger les civils : ils ont entièrement détruit le pays et transformé la Libye en plaque tournante internationale du terrorisme. L’Irak… il est inutile d’en parler.

    Le gouvernement syrien, dans le cadre de son action humanitaire, a accueilli plus de 100 000 civils venus des districts d’Alep-Est entre le 26 novembre et le 14 décembre. De plus, le gouvernement a répondu à tous les besoins de ces civils, y compris l’assistance médicale. Il est nécessaire de souligner que le gouvernement syrien a fourni 80%, comme je l’ai dit, de la nourriture et de l’assistance d’urgence à ces familles, tandis que les organisations des Nations Unies n’en ont fourni que 20%, à peine 20%. Le gouvernement syrien exige à cet égard que les agences des Nations Unies jouent leur rôle et aident les habitants syriens d’Alep. Qu’ils les aident par des actes, et non par des paroles.

    Le gouvernement syrien a accepté d’évacuer les groupes armés illégaux et leurs familles d’Alep. De nombreuses personnes appartenant aux prétendues familles des terroristes ont quitté les bus qui les transportaient vers l’extérieur d’Alep pour rejoindre l’Armée Arabe de la République de Syrie et les zones contrôlées par le gouvernement. De nombreux membres de leurs propres familles ont décidé d’eux-mêmes de quitter les bus et les ont quittés, et nous avons les images, les vidéos, Youtube, Whatsapp, tout ce que vous voulez, ce qui prouve et corrobore ce dont nous parlons. Cela est très révélateur, Mesdames, Messieurs.

    Cependant, les groupes terroristes armés ont à maintes reprises violé les termes de cet accord, en essayant d’emmener un certain nombre de prisonniers et de dépouilles de martyrs (de l’Armée syrienne) avec eux, ou de partir avec leurs armes à moyenne portée. Selon l’accord conclu avec eux, les terroristes devaient quitter leurs bastions en emportant seulement leurs armes légères, et sans emmener aucun otage avec eux, aucun corps de martyr. Ils n’ont pas respecté ces clauses de l’accord et ont emporté leurs armes à moyenne portée et de nombreux soldats et civils syriens kidnappés avec eux, ainsi qu’un grand nombre de dépouilles de martyrs. Telle est la raison pour laquelle toute l’opération a été arrêtée hier.

    Malgré tout cela, le gouvernement syrien reste prêt à évacuer les groupes armés illégaux restants, dans les dernières poches terroristes d’Alep-Est, et il a préparé hier un convoi pour évacuer 3750 terroristes et leurs familles.

    Malheureusement, certains Etats membres du Conseil de Sécurité et les médias dominants continuent à défendre et à soutenir l’opposition syrienne armée génétiquement modifiée, qui est par définition modérée, tout en fermant les yeux sur leurs crimes, comme l’incendie des bus d’évacuation hier. J’imagine que vous êtes au courant. Les médias vous ont dit que les terroristes n’ont brûlé que 5 bus. Non, ce n’est pas vrai. Ils ont brûlé 25 bus, et ont pris leurs chauffeurs en otages. Et ils en ont tué 3. Et ils ont utilisé une fillette de 7 ans pour commettre un attentat suicide. 7 ans. Une fillette kamikaze. Contre un poste de police à Damas il y a deux jours. J’imagine que vous êtes aussi au courant de cela. Mais la France et d’autres pays membres, et le Conseil lui-même, n’ont pas prononcé le moindre mot de condamnation contre ces attaques terroristes contre les bus d’évacuation qui devaient évacuer les malades et les blessés de Kafraya et Alfou’a. Ils n’ont pas dit un seul mot sur cette fillette de 7 ans envoyée commettre un attentat-suicide, activé par télécommande depuis l’extérieur du poste de police. Ces Messieurs à l’intérieur n’ont pas pu trouver le temps pour émettre une condamnation.

    Bien que nous soyons convaincus que certains Etats membres du Conseil de Sécurité cherchent à sauver leurs terroristes modérés de leur sort, nous considérons l’adoption de cette résolution comme un test légal et moral pour ces pays, comme une chance qui leur est donnée, si vous voulez, de prouver leurs bonnes intentions, pour autant qu’ils en aient la moindre, et leur véritable intérêt à répondre aux besoins humanitaires du peuple syrien, sans aucun agenda caché hostile et agressif à l’encontre du gouvernement et du peuple syriens.

    Je voudrais enfin partager avec vous cette information : les autorités syriennes compétentes ont obtenu des informations selon lesquelles de nombreux officiers étrangers des services de renseignements et de l’armée qui se trouvent à Alep-Est avec les groupes terroristes essayent de quitter leurs bastions et Alep-Est.

    Je vais vous révéler leurs noms et nationalités :

    Mutaz Oglakan Oğlu, turc.
    David Scott Winer, américain.
    David Schlomo Aram, israélien.
    Muhammad Cheikh al-Islam al-Tamimi, qatari.
    Muhammad Ahmad al-Sibyan, saoudien.
    Abd al-Mun’im Fahd Lahrej, saoudien.
    Ahmad b. Nawfal Ladrij, saoudien.
    Muhammad Hassan al-Subayi, saoudien.
    Qasim Sa’d al-Chumri, saoudien.
    Ayman Qasim al-Tha’labi, saoudien.
    Amjad Qasim al-Tirawi, jordanien.
    Muhammad al-Chafi’i al-Idrisi, marocain.

    Ces individus appartenant à « l’opposition syrienne modérée », qui sont de nationalités étrangères, essaient de s’échapper d’Alep-Est avec les terroristes, et c’est la raison pour laquelle vous avez vu ce mouvement hystérique vers le Conseil de Sécurité depuis 3 jours. Car l’objectif principal est de sauver ces terroristes étrangers, officiers des services de renseignements, de la part de ces pays mêmes qui ont poussé à l’adoption de la résolution, pour les faire sortir d’Alep.

    Journaliste :

    Monsieur l’ambassadeur, l’ONU déclare, au plus haut niveau, que votre gouvernement ne permet pas l’acheminement d’aide humanitaire en Syrie, mais vous affirmez que l’ONU ne joue pas son rôle pour acheminer cette aide humanitaire. Je n’ai que deux petites questions, Monsieur l’ambassadeur. Premièrement, allez-vous pleinement appliquer cette résolution en Syrie, et deuxièmement, allez-vous permettre l’acheminement de l’aide humanitaire de l’ONU à Alep et aux autres parties de la Syrie. Merci.

    Bachar Ja’fari :

    La résolution que nous venons d’adopter au Conseil a été appliquée par le gouvernement syrien depuis 5 ans. Ce n’est donc pas quelque chose de nouveau pour nous. Au contraire, nous accueillons volontiers les bonnes intentions (pour autant qu’elles existent) derrière l’adoption de cette résolution. C’est-à-dire que nous aimerions voir des partenaires sincères à nos côtés pour appliquer cette résolution, car jusque-là, nous avons toujours eu un « aller simple » dans le déploiement de l’assistance humanitaire en Syrie. Ca a toujours été le gouvernement syrien qui fournissait 80% de l’assistance totale. Il est donc temps pour ceux qui prétendent avoir de bonnes intentions à l’égard du peuple syrien de partager ces fardeaux humanitaires avec le gouvernement syrien. Nous ne sommes pas attristés par cette résolution, car cela va dans le sens de nos efforts quotidiens.

    Journaliste :

    Monsieur l’ambassadeur, deux petites questions. Dans les prochaines 24 heures, votre gouvernement permettra-t-il aux observateurs de l’ONU d’accéder à Alep-Est ? Et votre gouvernement garantit-il la sécurité des observateurs de l’ONU à Alep ?

    Bachar Ja’fari :

    Attendez, attendez, vous lisez mal la carte, mon ami. Vous lisez mal la carte, et vous n’avez pas lu la résolution, ou vous ne suivez pas correctement les événements. Est-ce que nous allons implémenter la résolution, est-ce votre question ?

    Journaliste :

    Oui. Allez-vous laisser les observateurs accéder à Alep?

    Bachar Ja’fari :

    Très bien. Excellent. Nous parlons d’observateurs qui sont déjà sur place, nous ne parlons pas d’observateurs qui vont venir de Mars ou Jupiter. La résolution parle des observateurs qui sont déjà sur place. Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR), la Croix-Rouge syrienne, le Bureau de Coordination des Affaires Humanitaires (OCHA), les Nations Unies, toutes ces organisations sont déjà sur place. Personne d’autre ne viendra en plus de ceux qui sont déjà présents. Il n’est nullement question de former ou d’établir une nouvelle force venant de l’extérieur pour remplacer ceux qui sont sur place. La résolution mentionne l’ONU, l’ICRC, la Croix-Rouge syrienne comme les organisations devant superviser et appliquer cette résolution. Elles sont (déjà) là-bas ! Elles appliquent cette résolution depuis des années.

    Journaliste :

    Est-ce que votre gouvernement garantit leur sécurité ?

    Bachar Ja’fari :

    Cela fait 6 ans que nous garantissons la sécurité des personnels de l’ONU. 6 ans ! Et aucun des personnels de l’ONU n’a été tué, blessé ou enlevé. Pour votre information, cher Monsieur. Et cela nous a coûté très cher car beaucoup de nos officiers et de nos travailleurs humanitaires ont été tués pour cela.

    Journaliste :

    Selon votre gouvernement, qui est responsable de l’incendie des bus à Al-Foua et Kafraya ? Quels groupes ?

    Bachar Ja’fari :

    Le groupe qui a brûlé les bus s’appelle Saraya al-Tawhid. Saraya al-Tawhid, qui fait partie d’Al-Qaïda, et Jaysh al-Fatah, affilié aux services de renseignement turcs.

    Journaliste :

    Des gens ont-ils pu quitter ces deux localités ? Quel est le statut des civils à Al-Foua et Kafraya ?

    Bachar Ja’fari :

    Ils ont tué 3 chauffeurs, kidnappé les 22 chauffeurs restants, brûlé 25 bus. Ils ont bien sûr empêché l’évacuation des blessés de Kafraya et Al-Foua. Mais aujourd’hui, nous sommes parvenus à évacuer des centaines de ces blessés de Kafraya et Al-Foua.

    Journaliste :

    Monsieur l’ambassadeur, vous avez donné ces noms et ces nationalités (d’officiers étrangers), que comptez-vous faire d’eux ? Allez-vous les laisser partir allez-vous les arrêter ? Car vous avez manifestement toutes les informations, et vous contrôlez la zone et le terrain Qu’allez-vous donc faire ?

    Bachar Ja’fari :

    Nous allons les capturer, mon ami, et vous les montrer.

    Journaliste :

    Seulement eux, ou également d’autres combattants ?

    Bachar Ja’fari :

    Je parle des officiers de renseignement étrangers dont j’ai mentionné les noms il y a quelques minutes. Vous voulez les voir ? On va vous les montrer.

    Journaliste :

    Monsieur l’ambassadeur, les bus qui ont supposément été brûlés à Alep-Est…

    Bachar Ja’fari :

    Ils n’ont pas été « supposément » brûlés. N’avez vous pas vu les photos ?

    Journaliste :

    Je dis « supposément » car ils n’ont pas été brûlés par ceux que vous prétendez (coupables) de l’incendie. Certaines personnes disent qu’ils ont été brûlés par des combattants étrangers comme le Hezbollah…

    Bachar Ja’fari :

    Oubliez ces prétendues personnes, j’ai le film de l’incendie des bus, avec le leader du mouvement qui a brûlé ces bus criant « Allahu akbar » et s’identifiant, nous avons leur déclaration à ce propos… Voyons, mon ami, voyons. Laissez-moi respirer. Laissez-moi respirer, s’il vous plaît.

    Journaliste :

    Monsieur l’ambassadeur, vous avez donné toute une liste de noms d’individus qui sont selon vous…

    Bachar Ja’fari :

    Des gens très bien, oui.

    Journaliste :

    … des agents de renseignement originaires de…

    Bachar Ja’fari :

    Non non, ils font partie de l’opposition syrienne modérée.

    Journaliste :

    Oui.

    Bachar Ja’fari :

    Génétiquement modifiés.

    Journaliste :

    Sont-ils toujours à Alep-Est ?

    Bachar Ja’fari :

    Oui.

    Journaliste :

    Ils sont toujours là-bas ?

    Bachar Ja’fari :

    Oui. Et c’est pourquoi vous avez vu ce mouvement hystérique (à l’ONU) durant le week-end par la France, le Royaume-Uni et les Américains, car ils veulent garantir leur sortie d’Alep-Est en sécurité.

    Journaliste :

    Monsieur l’ambassadeur, comment avez-vous pu obtenir leurs noms ?

    Bachar Ja’fari :

    Nous n’avons pas de services de renseignements efficaces.
    Merci infiniment.


  • Women wage peace : des milliers de femmes en marche pour la paix !

    Source : http://positivr.fr/women-wage-peace-paix-israel-palestine-femmes/

    Le pacifisme n’a pas la faveur des médias. Pourtant, cette initiative mériterait qu’on y regarde de plus près. Mieux, elle mériterait qu’on l’encourage !

    La paix (la vraie) s’obtient rarement par les armes. Pour un monde sans guerre, ni conflits, on n’a rien inventé de mieux que le respect, l’amour et la tolérance. Fortes de ce constat irréfutable, des milliers de femmes juives, musulmanes, chrétiennes et athées, ont décidé d’unir leurs forces dans un magnifique combat pour la paix en Israël et en Palestine… Des images fortes, belles et pleines d’espoir.

    Ce mouvement a été baptisé Women Wage peace. Il a connu son premier coup d’éclat le 19 octobre dernier, quand une immense foule de femmes vêtues de blanc ont défilé pacifiquement devant la résidence du premier ministre israélien. De toutes confessions et de tous bords politiques, elles n’étaient là que pour une chose : réclamer la paix.

    Depuis, de nombreuses autres marches similaires ont été organisées un peu partout en Israël, en Palestine et en Cisjordanie. Objectif : qu’un véritable dialogue s’instaure entre les différentes parties en conflit. Une démarche apolitique qui, peu à peu, prend une véritable ampleur, comme en témoignent ces magnifiques photos !
    Le mouvement est tel qu’il a inspiré une superbe chanson à Yael Deckelbaum, en collaboration avec d’autres artistes de différentes religions. Ça s’appelle Prayer of the mothers (la prière des mères) et le clip reprend des images des manifestations pacifistes… Regardez cet extrait, c’est juste magnifique !

    Les initiatives de paix sont nombreuses mais, bizarrement on en entend très peu parler. Comme si l’on préférait donner systématiquement la parole à ceux qui font le choix de la guerre…

    Bien entendu, aucun écho dans les médias.. Plutôt que de nous présenter des images ou des récits qui élèvent l’âme et nous rassemblent, ils préfèrent, tel des charognards nourrir notre imaginaire de noirceurs et de cadavres et entretenir les peurs qui nous divisent..

    Il est grand temps que les pacifistes aient aussi voix au chapitre. Donnons leur l’audience qu’ils méritent et, alors, peut-être que les choses finiront enfin par changer !


  • Il ne faut pas écouter qu’un seul son de la cloche


    SOURCE : BRUNO GUIGUE — 15 DECEMBRE 2016

    Grace à nos médias concernant la Syrie, la France est en état d’extinction cérébrale

    Provoquée par la cupidité des puissances occidentales et des pétromonarchies corrompues, la guerre en Syrie connaît avec la libération d’Alep un tournant majeur. Le dernier carré des terroristes d’Al-Qaida et consorts, cerné dans les décombres, est sur le point de céder devant la progression fulgurante de l’armée arabe syrienne. Les civils s’enfuient en masse vers le reste de la ville, tenu par les troupes gouvernementales.
    Que fait la France ? Elle éteint la Tour Eiffel par solidarité avec Alep. Avec les habitants d’Alep, avec tous ses habitants ? Non. Le million et demi d’Alépins réfugié dans les quartiers Ouest, pour le gouvernement français et pour les médias qui le servent, ce sont des gens qui n’existent pas. Et même s’ils existaient, ils ne mériteraient pas de vivre. Lorsqu’ils subissaient les tirs de mortier des courageux rebelles en lutte pour la démocratie, leurs morts demeuraient invisibles, effacés des écran-radar.

    Car ils ont commis une faute impardonnable, ces Syriens qui ne demandaient qu’à vivre en paix, un crime qu’on ose à peine nommer. Ils n’ont pas pris les armes contre le gouvernement de leur pays. Ils n’ont pas obéi aux gouvernements occidentaux qui leur demandaient de renverser le pouvoir bassiste. Sourds aux appels des prédicateurs saoudiens, ils n’ont pas réclamé l’instauration de la charia wahhabite. Alors on n’en parle pas, c’est plus simple.

    On fait l’impossible, en revanche pour sauver la peau des mercenaires recrutés en masse pour détruire l’Etat syrien, laïque et souverain, et le remplacer par un Etat-croupion d’obédience wahhabite. Encerclés dans ce qui reste de la « capitale » d’une révolution-bidon, ces mercenaires sont les mêmes que ceux qui ont tué nos compatriotes au Bataclan. Ce sont les charognards du takfir, les seconds couteaux des Saoud, les petites frappes du gangstérisme sponsorisé par l’OTAN.

    La cuisante défaite de ces desperados de la terreur leur arrache des larmes, à nos faiseurs d’opinion, elle les met en transe compassionnelle comme si ces coupeurs de tête étaient nos frères d’armes, ou de pauvres victimes sur le sort desquelles il faudrait s’apitoyer. Avec un art consommé du mensonge et de la manipulation, ces affabulateurs professionnels font comme si le sort des terroristes était lié aux populations civiles qui leur servent de boucliers humains, comme si les souffrances des innocents causées par la guerre justifiaient notre soutien aux terroristes qui en sont responsables.


    Des armes toujours plus sophistiquées.

    Pourtant on les voit, ces civils, qui fuient les quartiers rebelles dès qu’ils le peuvent, essuyant les tirs de leurs soi-disant protecteurs. Les médias parlent de 100 000 personnes qui seraient recluses dans le dernier réduit « rebelle », mais sans nous expliquer comment elles peuvent contenir dans trois kilomètres carrés ! Plus les heures passent, en réalité, et plus ce dernier bastion de fanatiques se vide de ses civils, et plus les gouvernements occidentaux, relayés par leurs perroquets médiatiques, s’en affligent.

    Avec un cynisme sans limite, nos dirigeants voudraient que ces civils restent bien sagement avec les terroristes dans leur trou à rats, pour servir d’alibi à la poursuite de la guerre par procuration contre la souveraineté syrienne. Complices des allumés du takfir maquillés en rebelles démocrates, nos dirigeants aimeraient les prendre en otages, ces civils, les avoir sous la main comme des preuves vivantes de cette révolution-bidon, en nous faisant croire que lorsque l’armée syrienne frappe Al-Qaïda, elle s’acharne en fait contre des innocents.

    Mensonge pour mensonge, on nous dit aussi que des dizaines de civils ont été froidement abattus par des milices chiites. Mais ceux qui rapportent cette accusation oublient de dire que selon l’ONU il n’y a pas de preuve de ces massacres et que ces allégations sont « invérifiables ». Peu importe, c’est un détail ! Les mêmes accusateurs diront alors que des massacres auront lieu, que c’est inévitable, qu’il y aura un « génocide » ! Impuissante à produire la moindre preuve sur des faits passés, l’accusation se conjugue au futur, elle se fait prophétique, elle vaticine en prenant ses désirs pour des réalités.

    La désinformation bat son plein, l’esprit collabo se déchaîne et l’hexagone, comme d’habitude, bat tous les records. Quel pays de masochistes ! On éteint la Tour Eiffel pour pleurer la défaite de ceux qui mitraillent les terrasses de nos cafés, mais on impose un embargo sur les médicaments à un peuple qui ne nous a rien fait en croyant punir un gouvernement qui combat ces assassins sans frontières. Alors, oui, éteignons la Tour Eiffel et tout le reste. De toute façon, la France est un pays en état d’extinction cérébrale, une colonie de l’Empire dirigée par des imposteurs qui, en faisant le malheur des autres, feront aussi le nôtre.

    Exemple de désinformation sur les réseaux sociaux


    « Fille courant pour survivre et toute sa famille a été tuée
    Ce n’est pas à Hollywood
    C’est la réalité en Syrie » dit le message !

    Oui, mais …


    C’est une capture d’écran d’un clip de la chanteuse Hiba Tawaji qui date de deux ans !!!!

    N’oublions pas comment tout cela a commencé en Syrie.

    Lisez ou relisez ceci en cliquant ici !

    Nous les donneurs de leçons avons-nous fait mieux à la Libération ?

    Cliquez ici : Les purges aveugles de la Libération

    Le bombardement anglo-américain de 1944-45 sur la France. Pour mémoire …

    « Combien de Français avez-vous tués? » demande Churchill, la mort dans l’âme, au maréchal de l’air Tedder.

    Jusqu’à la dernière sortie de l’aviation alliée, à Royan, le 10 avril 1945, le bilan est lourd. Trois chiffres. 60000 : le nombre des civils français morts sous les bombardements alliés pendant la Seconde Guerre mondiale. 75000 : le nombre des blessés et mutilés. 300000 : le décompte des habitations détruites dans des villes parfois quasiment rayées de la carte, en particulier Caen et Le Havre, victimes collatérales du Débarquement, Saint-Lô, Lorient, Saint-Nazaire, mais aussi Avignon, Bordeaux, Le Creusot, Gennevilliers, Trappes… Aucune région n’y échappe.

    Cliquez ici : Bombardement de la France par les alliés.

    Au fait, ont-ils été poursuivit pour crime de guerre ?

    Non, on les a fêté et remercié …
    ________________________________________________________________________

    Bruno Guigue est un haut fonctionnaire, essayiste et politologue français né à Toulouse en 1962. Ancien élève de l’École Normale Supérieure et de l’ENA. Professeur de philosophie et chargé de cours en relations internationales dans l’enseignement supérieur. Il est l’auteur de cinq ouvrages, dont Aux origines du conflit israélo-arabe, l’invisible remords de l’Occident (L’Harmattan, 2002).


  • Aucun président ne peut résister à la finance internationale.

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    Source : Liliane Held-Khawam https://lilianeheldkhawam.com/2016/11/22/aucun-president-ne-peut-resister-a-la-finance-internationale-liliane-held-khawam/

    Le Système financiarisé est au-dessus des Etats et de ses représentants.

    Des ambassadeurs de Wall Street sont pressentis pour venir étoffer l’équipe du nouveau président américain. Rien n’est encore fait et il faudra attendre pour être fixé.

    M Trump a dénoncé le système de Wall Street.

    M trump a dénoncé le libre-échange.

    M Trump a fait des promesses aux travailleurs.

    M Trump a su dire aux gens ce qu’ils voulaient entendre.

    Les électeurs l’ont cru et l’ont tout naturellement élu.

    Les électeurs cherchent un Sauveur.

    Ils sont à l’affût des indicateurs qui les rassureraient quant à leur avenir professionnel, financier et sociétal.
    C’est légitime, mais impossible! En tout cas tant que l’on n’a pas réanimé les Etats et l’autorité qui normalement va avec.

    Le président Donald Trump n’aura pas attendu très longtemps pour commencer sa lutte contre le système… !
    Il a nommé au poste de ministre de l’Éducation Betsy DeVos, qui est à la tête d’un patrimoine de quelques 5,4 milliards de dollars…
    Au poste de ministre du Commerce, il serait en passe de nommer Wilbur Ross, surnommé le «Roi des faillites.» Il sera secondé par le banquier d’affaires milliardaire Todd Ricketts généreux donateur du parti républicain.
    Pour le département de l’énergie, c’est le nom du PDG de la compagnie pétrolière Continental Harold Hamm qui circule. Ce dernier possède des actifs d’une valeur de 15 milliards de dollars.
    La banque américaine Goldman Sachs sera très présente dans le gouvernement du futur président américain Donald Trump.
    Récemment, on avait appris que Steve Bannon avait été nommé responsable stratégique de la politique de Trump, tandis que Steven Mnuchin s’est vu offrir le portefeuille de ministre des finances.
    Bannon comme Mnuchin ont été actifs dans l’équipe de campagne de Trump, et tous 2 ont travaillé par le passé pour Goldman Sachs.
    De plus, Trump souhaite également attirer Gary Cohn, la seconde personnalité la plus importante au sein de la banque d’investissement. Cohn serait nommé ministre de l’Energie, ou à la tête du budget.
    « L’impact de la banque sur la politique ne se limite pas aux États-Unis », notent des observateurs. « Mark Carney, le gouverneur de la banque d’Angleterre, a aussi travaillé pour la banque américaine par le passé. Mario Draghi, le président de la Banque Centrale Européenne, a été vice-président de la division internationale de Goldman Sachs ».

    Or, il faut se rendre à l’évidence. Aujourd’hui, c’est le marché qui fait son choix.

    Un candidat qui se présente à des élections de plus en plus coûteuses ne peut apporter un changement quelconque. C’est juste impossible.

    Pourquoi?

    Parce que le financement de la campagne ne provient pas des cotisations des membres devenues largement insuffisantes. Non les sommes gigantesques nécessaires aux campagnes électorales sont fournies par le Système financier international.

    Et sans états d’âme, il arrose à droite comme à gauche, les Noirs comme les Blancs, les Chrétiens de tous bords, les Juifs, les Musulmans, les Athées, les Bouddhistes et j’en oublie.

    Le Système est apatride, apolitique, areligieux, asocial et « aracial » ne reconnaît que l’argent, la performance, le phagocytage, le succès, la privatisation,… Il choisira le candidat qui convient à l’instant T. Tout le reste lui est parfaitement inutile… Vous compris.

    La gouvernance politique du 21ème siècle se fait par la finance, avec la finance et pour la finance.

    Ce Système qui met en place le nouveau monde n’a que faire de présidents, premiers ministres et autres convenances « républicaines ». Celles-ci sont d’ores et déjà dépassées. Il fait des petits confettis des lois constitutionnelles et les remplace par des contrats de libre-échange qui sont de nature commerciale. Une fois signés, ceux-ci ficèlent et livrent les territoires et les humains qui les habitent au monde du business.

    Vos élus ont tellement financiarisé tous les aspects de votre monde qu’il vous est devenu impossible de vivre sans le marché financier. Et si votre élu venait à se rebeller, il suffirait alors de fermer le robinet des liquidités que son prédécesseur aura pensé à sous-traiter à ces mêmes financiers. Et voilà que d’un simple geste votre vie vire au cauchemar. Celle de votre élu aussi!

    Pas besoin de chars, pas besoin d’armes, vous êtes déjà en situation d’occupation ou de colonisation. Au choix. Le résultat est implacable. C’est comme ça.

    Ce qui est décrit ci-dessus a été testé par les Grecs. Ils ont voté pour un représentant de « l’extrême-gauche » qui disait-on inquiétait grandement Bruxelles. Or, le plan de « réformes » que M Tsipras a présenté à la Troïka la veille du référendum ferait pâlir d’envie et d’admiration les réformistes « ultralibéraux » bloqués par certains peuples vigilants.

    Je peux vous garantir ici que le Système s’est largement affranchi des républiques -législations nationales comprises- et que les élections servent à ce stade à canaliser les aigreurs et autres colères populaires. Un show-défouloir en quelque sorte.

    Quant à M Trump, il est le président idéal du marché financier. Le groupe qu’il détient a besoin de se financer. Pensez-vous qu’il peut prendre le moindre risque de déplaire à ses créanciers? A moins d’être suicidaire, la réponse est non!

    Nous venons aussi d’apprendre que M Trump va permettre aux entreprises transnationales américaines (souvenez-vous des sommes colossales parquées hors du sol américain) qui ont stocké leurs bénéfices dans les paradis fiscaux, et qui ne pouvaient les réinvestir, d’en rapatrier une partie. Il se dit même que 200 milliards de dollars de cash risqueraient de revenir aux Etats-Unis, dès 2017, grâce à la politique fiscale que l’administration de D Trump va mettre en place.

    «Nous nous attendons à ce que la loi de réforme fiscale sous l’administration Trump encouragera les entreprises à rapatrier 200 milliards de dollars de liquidités outre-mer l’année prochaine», a déclaré David Kostin, responsable U.S. equity strategist chez Goldman Sachs.

    (Goldman Sachs: Trump to Bring $200 Billion in Share Buybacks)

    Cet argent servira en bonne partie au rachat d’actions et contribuera donc à booster les capitalisations boursières sans grands efforts… Tout bénèf donc pour le Casino.

    Vous avez l’impression de ne pas trop compter dans la politique que mettent en place vos élus?
    Vous avez raison.

    La démocratie avec un peuple souverain, c’est has been. Le présent et l’avenir, c’est un marché financier souverain.


  • Témoignage : La Russie est-elle une «démocratie» ?

    moradpour
    Source FIGAROVOX/TEMOIGNAGE – Après le rattachement de la Crimée à la Russie, Vladimir Poutine a été sévèrement critiqué par une grande partie de la communauté internationale. Mais pour l’écrivain franco-russe Édouard Moradpour, le président russe n’est pas un dictateur.

    Né à Téhéran d’une mère russe ayant immigré après la révolution soviétique, Édouard Moradpour, après vingt ans d’une carrière brillante en France, s’installe en Russie juste avant la chute du Mur et il y sera rapidement considéré comme le «père de la publicité». Il est également écrivain. Son dernier roman Le Mausolée est paru aux éditions Michalon.

    La Russie est elle une «démocratie» et Poutine est il un «dictateur »?

    Pour avoir été un français expatrié en Russie pendant ces 20 dernières années (1989 à 2010), je voudrais réagir au «Poutine bashing» et au véritable «racisme» antirusse ambiant, suite aux évènements en Ukraine et a «l’ annexion» de la Crimée par la Russie.
    De mère russe et parlant russe depuis mon enfance, j’ai commencé à travailler à Moscou en novembre 1989, au moment de la chute du mur de Berlin.
    Mon témoignage est celui de quelqu’un qui a vécu le changement radical de la Russie depuis la chute du Communisme, vu de l’intérieur et intimement lié aux citoyens de ce pays et parlant leur langue.

    La Russie est-elle une «démocratie» ?

    Comme tout le monde je ne peux donc pas m’empêcher de me poser la question qui court dans tous les médias depuis quelques années et en ce moment, plus que jamais: La Russie est-elle une «démocratie»?

    Mon opinion va certainement agacer pas mal de gens ou en surprendre d’autres.

    (…)
    Où en sommes-nous aujourd’hui?

    En quoi la Russie n’est-elle pas une démocratie?
    Le Président est élu par le suffrage universel. Comme en France.

    Le Président de La Fédération de Russie a des pouvoirs accrus par la constitution. Comme en France, sous la Ve République.

    Il y a un Parlement et des Partis Politiques. Comme en France.

    Il y a d’énormes fossés entre les riches et les pauvres. Comme en France.

    Il y a des affaires de corruption. Comme en France.

    La presse est plutôt contrôlée par l’Etat, il est vrai. Comme en France.

    Mais il existe une presse d’opposition. Par ailleurs Internet a changé complètement la donne et les russes n’hésitent pas à critiquer ouvertement le Pouvoir et à manifester très souvent dans la rue. Les gens n’ont pas peur. Surtout les jeunes. Comme en France.

    Tout le monde circule, voyage et travaille en toute liberté. Comme en France.

    Les Russes peuvent entreprendre librement et facilement. Réussir et s’enrichir sans les barrières administratives et fiscales. Pas vraiment comme en France en ce moment, il est vrai.

    Je m‘arrête dans ma liste, pour constater qu’en réalité la Russie n’est pas moins démocratique que la France.

    Où est vraiment cette différence dont parle constamment la Gauche bien pensante? Les philosophes et les théoriciens «bienveillants, généreux et tolérants» sont-ils capables de penser autrement qu’avec des idées reçues et des clichés?

    Ces gens qui critiquent si brillamment le régime politique russe ont ils, seulement, vécu quelques semaines en Russie? Ont-ils parlé avec les gens dans leur langue maternelle?
    Gérard Depardieu et Brigitte Bardot aiment la Russie ? Et alors ? Ou est le mal ? Pour avoir vécu avec les russes pendant vingt ans, j’avoue que je les comprends.
    Il ne s’agit ni d’encenser Poutine ni de lui jeter la pierre. Tout ne va pas bien dans ce pays, mais tout ne va pas si mal non plus. Comme chez nous.

    La Crimée a toujours été russe, avant le «cadeau» de Krouchev à l’Ukraine en 1954, et elle ne fait que «revenir à la maison». N’oubliez pas non plus le coup d’état en Ukraine, initié par l’extrême droite néonazie avec le concours de la CIA pour renverser le gouvernement légitimement élu mais pro-russe.

    Mais je suis d’accord avec certains: la Russie restera quand même un mystère et une énigme. Ame russe oblige!
    Par contre je suis sûr d’une chose: la Russie n’est, ni plus ni moins «démocratique» que la France et Poutine n’est pas davantage un «dictateur» qu’Obama et ses soutiens équivoques et hypocrites à l’EI.

    Cependant, quel que soit notre opinion, cette «crise de confiance» apparait comme le révélateur des relations des trente dernières années entre la Russie et le reste du monde occidental, et en particulier la France, l’UE et les USA.
    Disons que la Russie est une démocratie énigmatique… Et que Poutine un chef d’état autoritaire qui dérange. Cette crise s’inscrit, en fait, dans un «racisme» anti-russe, qui a pris le relai de l’ «anticommunisme» de la guerre froide, et Poutine en est devenu le symbole cristallisateur.


  • Primaires : BHL avait tout prévu – ou presque …

    sans-titre

    Source : Spécialiste des questions européennes, Pierre Lévy dirige la rédaction du mensuel Ruptures. Précédemment, il a été journaliste au sein du quotidien L’Humanité, ingénieur et syndicaliste. Il est l’auteur de deux essais et un roman.

    Le journaliste Pierre Lévy imagine ici ironiquement les dernières heures de Bernard-Henri Lévy avant les résultats des primaires de la droite.

    Fin de dimanche paisible aux Deux Magots (l’emblématique café de Saint-Germain des Prés, récemment rebaptisé Les deux Mac Do en raison de la vague populiste qui menace de submerger la France, l’Europe et le monde). Humblement assis tout au fond de la salle, Bernard-Henri Lévy – qui n’aime rien tant que la discrétion – devise avec quelques proches, auxquels s’est jointe une poignée de journalistes amis.

    Une douce chaleur enveloppe le bistro mythique, au point que le phare de la pensée mondiale a défait jusqu’au cinquième bouton de sa chemise, toujours d’une immaculée blancheur, même quand il passe en revue les combattantes kurdes sur le front irakien. Cette décontraction vestimentaire, confient ses amis, exprime sa modeste manière de protester contre le réchauffement de la planète, qui est, avec le discrédit absurde des élites mondialisées, l’autre plaie des temps modernes.

    Tout naturellement, la conversation roule sur le premier tour des primaires à droite, dont les résultats seront connus dans quelques heures. Le plus grand philosophe que la France ait connu depuis Jean-Baptiste Botul (philosophe fictif), voire Vercingétorix, est également un fin connaisseur de la vie politique hexagonale. Il jubile, car désormais, il en est sûr : ce sera Nicolas.

    Il faut faire donner l’aviation puis l’infanterie française pour sauver la cité des griffes du boucher de Damas et de celles de son terrifiant mentor du Kremlin

    Il a d’ailleurs ce matin-là fait une brève excursion dans la périphérie parisienne, du côté du 16ème arrondissement, et a même poussé l’aventure jusqu’en banlieue – à Neuilly – sans garde du corps ni caméra, pour mieux se pénétrer du sentiment populaire. Et son verdict est sans appel : l’ancien chef de l’Etat l’emportera haut la main. Sa naturelle prudence l’empêche d’exprimer complètement sa conviction, mais il confiera en aparté que son ami pourrait même gagner dès le premier tour. Or tous le savent : ses intuitions ne le trompent jamais.

    Du coup, il se laisse aller à évoquer quelques projets qui lui tiennent à cœur, de nature à inverser la terrible marche du monde vers l’abîme, le redoutable triomphe de «l’amour du vide (et de) la haine de l’autre». Il faut tuer le pire, s’enflamme-t-il à la pensée des nouvelles équipées qu’il se réjouit de préparer avec le mari de Carla.

    Une première expédition s’impose comme un devoir moral inspiré des Lumières : venir au secours d’Alep martyrisée. Il faut faire donner l’aviation puis l’infanterie française pour sauver la cité des griffes du boucher de Damas et de celles de son terrifiant mentor du Kremlin. Car le soleil des intellectuels est également un fin stratège militaire, et se remémore non sans émotion la brillante croisade qui a permis de débarrasser la terre du dictateur Kadhafi, et d’apporter ainsi bonheur, sérénité et progrès au peuple libyen – et à toute la région.

    Accessoirement – il s’en ouvre ce soir avec gourmandise – il a déjà jeté les jalons d’un grand film qui retracera cette épopée historique destinée à sauver la Syrie, et pourrait même forcer sa nature en se mettant en scène, naturellement dans un humble second rôle. Après Le serment de Tobrouk, qui fit trembler le box office planétaire – 85 entrées en tout, places exo comprises – le génie de la pensée et de l’action rêve de réaliser Le Serment d’Alep, qui pourrait aussi s’appeler Terminator, le retour.

    Pour autant, sa générosité planétaire tourmentée ne le laisse pas en paix. Il se fait fort de convaincre le futur président Sarkozy de capitaliser sur son prochain triomphe syrien. De manière entendue, il regarde son bras et promène son regard alternativement sur deux points de part et d’autre de celui-ci. Les familiers de Bernard-Henri ont compris : il entend signifier ainsi qu’il faut franchir la Manche.

    Et venir ainsi au secours des malheureux Britanniques victimes du Brexit, en quelque sorte pris en otage par «des rebelles analphabètes et des néonationalistes à sueurs froides et front de bœuf», promoteurs de la haine de l’Autre – et plus particulièrement la haine de la Finance, signe indiscutable de l’antisémitisme rampant, rappelle-t-il opportunément. Au nom de la «boursouflure du moi» (un défaut que le simple citoyen Lévy abhorre par-dessus tous les autres), ceux-ci ont fait triompher le «souverainisme le plus rance et (le) nationalisme le plus bête», ouvrant ainsi la perspective d’une «Europe qui est en train de se dissoudre dans le néant (du) ressentiment».

    Décidément, BHL n’a rien perdu de sa lucidité, de son humanisme et de son énergie. Nous voilà rassurés

    Eh bien, il faut redonner la parole à l’amour et à la raison, affirme en substance le fleuve de la pensée du 21e siècle. Une expédition militaire pourrait y pourvoir, d’autant que les accords de coopération signés par l’ancien et futur chef de l’Etat avec la perfide Albion nous donnent accès à tous ses secrets militaires. La démocratie y gagnerait, tant il va de soi que les Britanniques regrettent désormais leur vote, à l’instar des expatriés continentaux qui ont manifesté leur refus de voir Londres perdre son statut de ville ouverte, multiculturelle et donc européenne.

    A propos de manifestations, justement, le philosophe humaniste refuse qu’on laisse orphelins ces protestataires américains qui refusent, ô combien légitimement, l’élection de l’«antisémite» Donald Trump. Celui-ci ne rêve-t-il pas de laisser Vladimir Poutine envahir les Pays baltes et la Pologne, et de «dealer» avec lui sur le Moyen-Orient ? Il faut venir au secours de cette Amérique ouverte ! Evidemment, une nouvelle opération La Fayette ne serait pas une mince affaire, qui verrait le pays des droits de l’Homme venir à nouveau au secours du peuple frère américain. Mais il se fait fort de convaincre Nico.

    Encore faut-il que celui-ci accède à l’Elysée, lui fait-on doucement remarquer. Or les derniers jours de campagne sembleraient indiquer une percée de François Fillon. La lumière de l’Occident balaie d’un revers de main cette hypothèse ridicule. Ne serait-ce que parce que les électeurs n’accepteront jamais de placer en tête un homme suspecté de nourrir quelques intentions amicales vis-à-vis de Moscou, tranche-t-il d’un ton assuré.
    Les convives ne peuvent qu’acquiescer devant une telle évidence, confirmée par tous les sondages.
    Du reste, chacun le sait : la perspicacité et la prescience du philosophe-stratège-politologue-combattant n’ont jamais été prises en défaut.

    Décidément, BHL n’a rien perdu de sa lucidité, de son humanisme et de son énergie. Nous voilà rassurés.


  • Et si tout n’était pas à jeter chez Donald Trump …

    C’est vrai qu’il a dit aussi …

    “Je serai le président de tous les Américains”, a déclaré Donald Trump lors de son discours de victoire.

    « Je m’engage auprès de tous les citoyens de notre pays et je serai le président de tous les Américains, c’est si important pour moi. Pour ceux qui ont choisi de ne pas me soutenir par le passé, je vous tends la main pour que nous puissions unir notre grand pays. » Lors de son discours de victoire, ce mercredi 9 novembre, Donald Trump s’est voulu rassurant. Il avait pourtant tout fait, pendant sa campagne, pour attiser les divisions…

    Sur les Mexicains

    « Quand le Mexique envoie ses gens, ils n’envoient pas les meilleurs. Ils n’envoient pas des gens comme vous. Ils envoient des gens qui ont des tonnes de problèmes et qui amènent ces problèmes avec eux. Ils viennent avec des drogues. Ils amènent le crime. Ce sont des violeurs. Je pense que certains sont des gens biens. » 16 juin 2015

    Sur les médias

    « Le Wall Street Journal adore écrire du mal de moi. Ils feraient mieux de faire attention ou je vais vraiment me déchaîner contre eux. J’ai hâte ! » 31 octobre 2015

    « Le New York Times, ce sont les gens les plus malhonnêtes qui soient. Peut-être qu’on va réfléchir à leur enlever leurs accréditations. » 13 août 2016

    Sur les musulmans

    « Donald Trump appelle à l’arrêt total et complet de l’entrée des musulmans aux Etats-Unis jusqu’à ce que les représentants de notre pays puissent comprendre ce qu’il se passe. Selon l’institut Pew Research, entre autres, il y a beaucoup de haine contre les Américains par une grande partie de la population musulmane. » 7 décembre 2015

    Sur l’Afrique

    « J’aime beaucoup Nelson Mandela mais l’Afrique du Sud est un foutu nid à criminels prêt à exploser. »
    « Arrêtez d’accueillir les patients atteints d’Ebola aux Etats-Unis, soignez-les au plus haut niveau, chez eux. Les Etats-Unis ont assez de problèmes. » 1er août 2014

    Sur l’économie

    « Nous allons nous débarrasser de tous ces régulations qui nous détruisent. Vous ne pouvez

    Sur Poutine

    « L’homme a un très grand contrôle de son pays. C’est un système très différent et que je n’aime pas spécialement, mais, dans le cadre de ce système, [Poutine] est un vrai leader, bien plus que notre président. » 7 septembre 2016

    Sur les femmes

    « Oui, il faudrait une forme de punition [pour les femmes qui avortent] » (30 mars 2016)

    « La maternité est une chose merveilleuse pour la femme, c’est merveilleux pour le mari, mais c’est un problème pour le business. » Octobre 2004

    Sur le réchauffement climatique

    « Le concept du réchauffement climatique a été créé par et pour les Chinois dans le but de rendre l’industrie américaine non compétitive. » 6 novembre 2012

    Wait and see …


  • Moi Président, je me suis « trumpé » sur toute la ligne

    moi-president
    Moi Président, j’avais préparé un discours pour féliciter Killary et patatras c’est le blondinet.

    Moi Président j’ai dû refaire mon discours à la va-vite, même Sarko et Juppé ont été plus rapides. Moi Président j’enrage !

    Mais Moi Président, je lui ai dit au blondinet que je ne le félicitais, seulement, parce que j’étais obligé, na !

    Moi Président je ne suis pas trop diplomate, je suis Moi Président, n’oublions pas !

    Moi Président, je lui ai dit à ce président en « trumpe-l’œil » que j’allais lui demander des comptes et surveiller ce qu’il ferait.

    Moi Président j’irais lui mettre une « trumpe » comme avec Poutine, je déciderai d’un embargo de tous les produits français vers l’Amérique!

    Et ne dites pas à Moi Président que la fonction peut changer l’Homme, le grandir le responsabiliser, ce-n’est-pas-vrai, regardez Moi Président, j’étais nul avant et je le suis toujours !

    Moi Président, mon ennemi c’est la finance donc Trump est mon ennemi, pourquoi je dis ça ? Je ne sais pas, mais l’Amérique tremble déjà, les bourses s’effondrent.

    Moi Président, vous m’avez vu à la télé ce matin, j’étais très en colère, pas un sourire, j’ai été « trumpé sur la marchandise » un beau discours tout neuf à la poubelle, c’est du gaspillage intellectuel.


  • Samarcande – Amin Maalouf

    samarcande

    Le hasard a mis entre mes mains le livre SAMARCANE de Amin Maalouf. Quel magnifique roman ! Ecrit en 1988, ce n’est pas une nouveauté, mais c’est un livre à lire et relire, surtout près de 30 ans après sa parution tellement il éclaire le Moyen Orient d’aujourd’hui avec ces luttes, ses contradictions et parfois son obscurantisme.

    Samarcande est une biographie romancée d’Omar El Khayyam, grand philosophe perse du XIème siècle, très célèbre pour les quatrains qu’il a écrit tout au long de sa vie.

    « Quel homme n’a jamais transgressé Ta Loi, dis ?
    Une vie sans péché, quel goût a-t-elle, dis ?
    Si Tu punis le mal que j’ai fait par le mal.
    Quelle est la différence entre Toi et moi, dis ? »

    Ses quatrains sont restés secrets pendant près de 9 siècles, et entre temps plusieurs poètes ont écrit des quatrains blasphématoires et qui de peur d’être jugés, les ont associés à ceux de Khayyam, ce qui fait qu’aujourd’hui nous ne sommes pas sûrs que tous les quatrains que l’on retrouve dans le recueil de Khayyam soient réellement écrits par lui…

    Ce roman est une réelle encyclopédie sur l’Histoire de la Perse au XIème siècle et au début du XXème.

    Le roman est divisé en deux parties.

    D’abord la vie romancée et supputée (car en fait peu de traces historiques) d’Omar Khayyâm, mathématicien, astronome, philosophe, et poète perse au onzième-douzième siècles ; ses rencontres supposées avec Abou-Ali Hassan (dit Nizam al-Mulk) grand vizir de Perse et avec Hassan Sabbah, mystique fondateur de la secte des haschischins. (assassins)

    Puis la quête du manuscrit de Khayyâm, par Benjamin Lesage, jeune rentier américain francophone et féru d’orientalisme, au tout début du vingtième siècle ; Benjamin rencontrera tous ceux et toutes celles qui ont fait l’Histoire de l’Iran en ce début de siècle, plus quelques personnages annexes créés par l’auteur pour servir son récit.

    Le Samarcande de Maalouf, c’est finalement un peu de tout cela, une plongée dans un décor de Mille et une nuits où s’affrontent les passions sensuelles et la rigueur religieuse. L’immersion commence au onzième siècle par l’arrivée à Samarcande du fameux Omar Khayyam, astrologue et poète du vin, jouisseur philosophe et génie perse de cet âge. Dès le début, son esprit s’opposera au fanatisme religieux de la secte ismaélienne qui veut débarrasser la Perse de la domination turque et imposer la mouvance chiite de l’islam à la population.

    A travers la quête du manuscrit perdu de Khayyam, Maalouf nous parle du début du XX° siècle comme il l’a fait du onzième siècle, avec amour et érudition, ne cachant rien de la mainmise des Russes et des Anglais sur ce pays déchiré. On retrouve les mêmes thèmes que dans la première partie, l’amour, le pouvoir, l’obscurantisme religieux et surtout, l’esprit et la littérature qui prévaut sur tout, qui est la cause et le but de chaque chose, à commencer par ce roman dont le véritable héros est un livre perdu à jamais au fond d’un océan.

    Je vous conseille vivement de lire ou relire Samarcane


  • Ding ! Dong ! Fait la cloche. Il faut toujours écouter les différents sons de la cloche.

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    Source http://www.middleeasteye.net/fr

    Yémen : une catastrophe « made in America »

    Deux poids, deux mesures

    Par exemple, lorsque la Russie bombarde un convoi d’aide humanitaire, attaque un hôpital ou une école en Syrie, un porte-parole de l’administration américaine s’avancera pour dénoncer l’intervention de la Russie, ce que les médias couvriront. Mais lorsque les bombes payées par le contribuable américain, à l’aide des systèmes de guidage militaire américains, dévastent des mariages, des écoles ou quoi que ce soit, le silence est palpable.

    Le même week-end que celui de la publication par le New York Times d’un article en pleine page sur l’attaque de la Russie contre 31 camions d’aide humanitaire, qui a tué 18 civils à la périphérie d’Alep, en Syrie, des avions de combat américains ont tiré des missiles sur cinq habitations dans la province de Hodeida, au Yémen, tuant 26 civils.

    Alors que le secrétaire d’État américain John Kerry a condamné l’attaque de la Russie contre le convoi et appelé à l’immobilisation de tous les avions de chasse russes afin que l’acheminement d’aide puisse se poursuivre, des propos repris par la plupart des grands médias, l’attaque menée par les États-Unis contre des civils au Yémen est largement passée inaperçue.

    Autant pour moi, le gouvernement américain a fait une annonce sur le Yémen le jour même :
    « Le Sénat ouvre la voie à une vente d’armes d’1,15 milliard de dollars à l’Arabie saoudite. »
    Ce qui signifie désormais qu’Obama a livré plus d’armes à l’Arabie saoudite que n’importe quel autre président des États-Unis en soutirant au royaume un butin exorbitant de 115 milliards de dollars depuis 2009. Et je ne parle pas des Rafales français …

    Une catastrophe humanitaire

    Ces armes ont infligé une catastrophe humaine quasiment inimaginable au peuple yéménite. C’est-à-dire inimaginable si seulement l’on n’avait pas entendu parler de celle qui se joue en parallèle en Syrie. Depuis début 2015, l’intervention américano-saoudienne au Yémen a entraîné la mort de plus de 10 000 personnes, dont principalement des civils, auxquels s’ajoutent trois autres millions de personnes qui ont été déplacées de chez elles et les 21 millions de personnes qui souffrent d’un besoin urgent d’aide humanitaire !

    Il convient également de souligner qu’alors même que de hauts responsables américains appellent à la mise en vigueur d’une zone d’exclusion aérienne en Syrie afin de protéger les civils, la coalition américano-saoudienne procède aussi à des frappes aériennes au Yémen qui tuent des civils.

    Si l’attaque incessante de l’Arabie Saoudite contre le Yémen était cautionnée par la Russie au lieu des États-Unis, les Américains seraient probablement plus au courant de la souffrance humaine qui sévit dans ce pays. Mais ce n’est pas le cas, donc ils sont moins au courant.

    En septembre, un rapport compilé par le Yemen Data Project a révélé que plus d’un tiers des frappes aériennes américaines et saoudiennes avaient touché des sites civils, dont des hôpitaux, des écoles, des mosquées et des bâtiments gouvernementaux.

    Le silence des médias sur la manne d’armes

    Alors que la complicité américaine dans des crimes de guerre présumés a suscité un silence total des médias aux États-Unis, une pression croissante est exercée au sein de l’Union européenne et des Nations unies, avec les Pays-Bas en figure de proue, pour enquêter sur la contribution de la Grande-Bretagne dans le conflit.
    La Grande-Bretagne a vendu près de 5 milliards de dollars d’armes à l’Arabie saoudite depuis le début du conflit, et dans le même temps, le gouvernement britannique a bloqué une enquête de l’ONU sur les allégations de crimes de guerre au Yémen.

    Plusieurs groupes de défense des droits de l’homme, dont Human Rights Watch, ont récemment écrit une lettre ouverte adressée à la Commission des droits de l’homme des Nations unies, exigeant une enquête internationale visant à « établir des faits, recueillir et conserver des informations relatives à des violations et des abus dans le but de veiller à ce que les responsables de crimes soient traduits en justice dans un procès équitable ».

    La réponse étonnante d’un ambassadeur saoudien à une question sur l’emploi de bombes à fragmentation

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    Abdullah al-Saud rit après son commentaire (capture d’écran)

    Lorsqu’il lui a été demandé si son pays arrêterait d’utiliser des bombes à fragmentation au Yémen, l’ambassadeur de l’Arabie saoudite aux États-Unis a écarté la question en répondant :

    « C’est comme si vous me demandiez : « Allez-vous arrêter de battre votre femme ? » » !!!!!

    Un reporter de The Intercept a posé cette question au prince Abdullah al-Saud lors de la conférence annuelle des responsables politiques arabes et américains à Washington la semaine dernière.

    Il a également déclaré que son pays continuerait à bombarder les rebelles Houthis au Yémen « à tout prix ».

    « Quiconque attaque des vies humaines, et dérange la frontière, dans n’importe quelle région, sera frappé quoi qu’il arrive ».

    « Quiconque cherche à résoudre le problème au Yémen devrait comprendre qui crée tous les problèmes ».

    Des groupes de défense des droits de l’homme ont accusé l’Arabie saoudite de cibler délibérément des infrastructures civiles au Yémen, notamment des hôpitaux, des usines et zones résidentielles. Le royaume a également été accusé d’utiliser des armes interdites telles que des bombes à fragmentation.


  • Des nanoparticules potentiellement cancérogènes dans plus de 100 sucreries pour enfants

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    Source Sophie Chapelle Bastamag.net

    Dioxyde de Titane

    Vous avez peut-être déjà repéré la mention de ce colorant sur des produits alimentaires : le « E171 ». Il s’agit de dioxyde de titane. Il sert à améliorer l’aspect du produit en lui donnant une blancheur immaculée ou en faisant briller bonbons et glaçages. Une enquête de l’association Agir pour l’environnement révèle que plus de 100 produits destinés aux enfants contiennent ce colorant : bonbons Têtes brulées, Elodie, Fizzy, chewing-gumAirwaves, Hollywood, Freedent, Malabar, confiserie M&M’s (Mars), Skittles, gâteaux LU, chocolats Milka (Mondelēz International), décorations gâteaux Vahiné (McCormick)…

    Problème : le dioxyde de titane contient des particules d’un diamètre moyen de 100 à 130 nanomètres. « Les particules de taille extrêmement petite (un milliardième de mètre) ont la capacité de franchir les barrières physiologiques (intestins, cerveau, reins…), de pénétrer dans l’organisme et de s’y accumuler », précise Agir pour l’environnement.
    Pour le journaliste Roger Lenglet, il s’agit d’une « bombe sanitaire » dans la mesure où ces particules peuvent avoir des effets mutagènes, cytotoxiques, cancérigènes, voire même neurotoxiques (notre entretien). Or, les enfants sont en première ligne : ils ingurgiteraient deux à quatre fois plus de titane que les adultes du fait de leur consommation de sucreries.

    Infraction à la réglementation européenne

    L’étiquetage des nanoparticules dans l’alimentation est théoriquement obligatoire depuis décembre 2014. Le règlement européen « INCO » prévoit l’obligation d’apposer sur l’étiquette la mention « nano » entre crochets, avant le nom de l’ingrédient concerné, à compter de fin 2014.

    « Mais la pression des lobbys industriels pour un allègement de cette obligation a retardé l’entrée en vigueur de cette mesure », relève Avicenn, un association de veille citoyenne sur les nanotechnologies.

    « A notre connaissance, aucune mention [nano] ne figurait en tout cas en juin 2016 sur les étals français. »
    Les nanoparticules de dioxyde de titane sont pourtant classées comme « cancérigène probable » pour l’être humain depuis 2006 par le Centre international de recherche sur le cancer. En 2014, l’Anses – l’autorité sanitaire française en matière d’alimentation – préconise même de les classer comme substances dangereuses afin de permettre des mesures de restriction.

    L’institut sanitaire des Pays-Bas (RIVM) vient d’alerter sur leurs risques pour le foie, les ovaires et les testicules.

    « Après le scandale de l’amiante, comment accepter que les enfants soient les cobayes de ces substances dangereuses qui envahissent notre alimentation à notre insu ?, interpelle l’association Agir pour l’environnement. N’ayant aucune utilité pour le consommateur tout en leur faisant courir des risques inutiles, un moratoire sur la nano-malbouffe s’impose ! »


  • Gratin de courgettes aux moules

    Il nous faut pour 6 personnes

    – 4 courgettes moyennes
    – 400 g de moules décortiquées après les avoir juste fait ouvrir. ( il existe de bonnes moules congelées et décortiquées)
    – 1 gousse d’ail et une échalote ou une cébette.
    – Sel poivre
    – 25 cl de crème fleurette entière, mélangée à deux jaunes d’œufs.
    – 2 à 3 cuillères à soupe d’huile d’olive
    – 50 g d’emmental râpé Bio. (le non bio ne fond pas ! Voir « Mais qu’est-ce qu’ils ont fait au gruyère râpé)

    Préparation

    Couper les courgettes en tranches fines
    Hacher ensemble ail et échalote
    Mettre l’huile dans le fond d’un plat à gratin
    Répartir dessus la moitié des courgettes
    Ajouter le mélange ail échalote.
    Saler poivrer
    Répartir les moules dessus.

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    Mettre la deuxième moitié des courgettes
    Saler poivrer ajouter et l’emmental râpé.
    Arroser le tout avec la crème fleurette mélangée aux jaunes d’œufs.

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    Enfourner à four chaud (180°C) pour environ 35 mn
    Servir chaud.

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    C’est simple, mais c’est très bon !


  • Cholestérol la grande escroquerie. Qui faut-il croire ?

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    Comment le cholestérol a été érigé en coupable idéal des maladies cardio-vasculaires par une série d’approximations scientifiques.

    Un dogme dont un nombre croissant de chercheurs dénoncent les dangers.

    Le cholestérol, que tout un chacun se représente comme un excès de mauvaise graisse dans l’organisme, est désigné à la vindicte médicale et populaire depuis les années 1950 comme responsable des maladies cardio-vasculaires qui terrassent jeunes et vieux avant l’heure.

    Or, un nombre croissant de chercheurs en médecine dénoncent ce qu’ils considèrent comme un vaste mensonge, façonné à la fois par une série d’approximations scientifiques et par de puissants intérêts économiques, de l’industrie agroalimentaire d’abord, des laboratoires pharmaceutiques ensuite. Les facteurs avérés de risque, affirment ces recherches convergentes, sont en réalité le tabac, l’hypertension, l’obésité et le manque d’exercice.

    Mais depuis la mise sur le marché, en 1993, de nouveaux traitements anticholestérol, les statines, une écrasante majorité de médecins mise sur leur prescription avant toute autre mesure préventive. Consommées par 220 millions de patients à travers le monde, les statines sont devenues en quelques années le médicament le plus vendu dans l’histoire de la médecine.

    Les CONTRE

    Les HYPOCRITES


  • Poème Afghan du XVème siècle

    Poème extrait de « Le Roi, le Sage et le Bouffon » de Shafique Keshavjee

    le-roi-le-sage-et-le-bouffon

    « La beauté ne peut supporter de rester ignorée derrière le rideau ; un beau visage a horreur du voile et si tu lui fermes la porte, voudra apparaître à la fenêtre. Vois comme la tulipe, au sommet de la montagne, perce de sa tige le rocher au premier sourire du printemps et nous révèle sa beauté.

    Et toi-même, quand apparaît dans ton âme une idée rare, tu en est obsédé et doit l’exprimer par la parole ou l’écriture. Telle est l’impulsion naturelle de la beauté partout où elle existe.

    La Beauté éternelle dût s’y soumettre et émergea des saintes régions de mystère pour briller sur les horizons et les âmes. Un éclair émané d’elle jaillit sur la terre et les cieux. Elle se révéla dans le miroir des êtres …

    Tous les atomes constituant l’univers devinrent autant de miroirs reflétant chacun un aspect de l’éternelle splendeur. Une parcelle de son éclat tomba sur la rose qui rendit fou d’amour le rossignol. C’est à elle que fut redevable de ses charmes Leïla dont chaque cheveu attacha le cœur de Mejnoun…

    Telle est la beauté qui transparaît à travers le voile des beautés terrestres et ravit tous les cœurs épris. C’est l’amour pour elle qui vivifie les cœurs et fortifie les âmes

    C’est d’elle seule qu’au fond est épris tout cœur amoureux, qu’il s’en rende compte ou non.

    Le cœur exempt du mal d’amour n’est pas un cœur; Le corps privé de la peine d’amour n’est qu’eau et limon..

    C’est l’inquiétude amoureuse qui donne à l’univers son mouvement éternel ; c’est le vertige d’amour qui fait tournoyer les sphères.

    Si tu veux être libre, soit captif de l’amour. Si tu veux la joie, ouvre ta poitrine à la souffrance d’amour.

    Le vin d’amour donne chaleur et ivresse, sans lui, c’est l’égoïsme glacé.

    Tu peux poursuivre bien des idéaux mais seul l’amour te délivrera de toi-même..

    C’est la seule voie qui conduise à la vérité »

    DJAMI

    4ème de couverture :

    Suite à d’étranges rêves, le Roi d’un pays lointain, conseillé par son Sage et son Bouffon, décide de convoquer le premier Grand Tournoi de Vérité. les concurrents sont des athlètes de haut niveau. Leur disciplines sont l’athéisme et les grandes religions du monde. A la recherche de la Beauté éternelle et de la Sagesse véritable, ils mettront tout en œuvre pour se dépasser et communiquer le meilleurs d’eux-même.

    Mais que se passe-t-il quand un juif, un chrétien, un musulman, un hindou, un bouddhiste et un athée se rencontrent . Qui sortira vainqueur de cette compétition ?

    Une fable brillante et pleine d’humour, ou les religions sont au cœur d’un récit passionnant.

    Livre de poche collection POINTS


  • La dictature de la Commission européenne lance un ultimatum à la Belgique pour approuver le CETA

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    La commissaire européenne au commerce, Cecilia Malmström, « je suis la plus intelligente et ils sont bornés ces Belges ! »

    Source Le Monde.fr avec AFP

    La commissaire européenne au commerce, Cecilia Malmström, a donné jusqu’à vendredi à la Belgique pour trouver une solution avec la Wallonie et donner son feu vert au traité. Sans quoi, a-t-elle prévenu, le sommet Europe-Canada du 27 octobre, censé formaliser la signature de l’accord en présence du premier ministre, Justin Trudeau, n’aura pas lieu.

    Veto wallon. Ils réfléchissent avant, les autres membres réfléchissent après !!!

    Réunis mardi à Luxembourg pour approuver officiellement le CETA, les 28 ministres du commerce européens ont dû repousser leur vote, faute d’accord de la Belgique. Le gouvernement belge, favorable à l’accord, est en effet coincé par le veto du Parlement régional de Wallonie, qui refuse d’approuver le texte en l’état.

    « Nous avons travaillé avec eux très intensément ces derniers jours, essayant de comprendre leurs inquiétudes et de voir ce que l’on pouvait faire pour les satisfaire. Nous n’y sommes pas encore arrivés », s’est désolée Mme Malmström. « Les discussions avec la Belgique continuent pour trouver une solution », a ajouté un peu plus tard le ministre de l’économie slovaque, Peter Ziga, dont le pays préside actuellement le Conseil de l’UE.

    Le refus du CETA par les Francophones de Belgique est une première dans l’histoire commerciale européenne. Le pays est le seul dont les règles institutionnelles réclament une validation a priori de tels accords commerciaux ; dans les autres Etats membres, la ratification par les Parlements nationaux interviendra en fin de processus.

    Pourquoi les Wallons bloquent le CETA

    Les députés veulent davantage de garanties sur la portée de ce texte, dont ils craignent les conséquences sur l’agriculture, les normes sociales et environnementales.

    Deux parlements régionaux francophones ont voté contre le projet d’accord la semaine dernière. Les députés de Wallonie ont dit non vendredi 14 octobre, mais « ce n’est pas un veto définitif ou un enterrement », a dit le ministre président, Paul Magnette (PS). Son assemblée réclame une renégociation, ou du moins une « déclaration interprétative » (sorte d’explication de texte) dotée de garanties juridiques précises, article par article.

    Les Wallons s’inquiètent pour l’avenir de leur agriculture, de leurs normes sociales et environnementales, du rôle des pouvoirs publics, que d’autres traités pourraient menacer à l’avenir. Une ¬majorité d’entre eux s’oppose d’ailleurs au TTIP négocié avec les Etats-Unis.

    M. Magnette est allé, vendredi soir, rechercher le soutien éventuel de François Hollande à l’Elysée (Ha ! Ha ! Ha !). « Les Français ont envie que les choses aboutissent et s’ils peuvent nous aider, je crois qu’ils le feront », expliquait-il prudemment au Monde, dimanche. Une réunion entre la Commission européenne et les différents niveaux de pouvoir belges a eu lieu durant le week-end. Une nouvelle version de la déclaration interprétative pourrait être rédigée, à débattre ensuite avec Ottawa.

    Suffisant ?

    Le temps presse, en tout cas :mardi 18 octobre, les ministres européens du commerce doivent se réunir à Luxembourg pour mettre en chantier la signature du CETA…

    L’opposition belge peut-elle bloquer la ratification à 28 ?

    Compte tenu de l’organisation du système fédéral, le gouvernement du libéral Charles Michel ne peut, en théorie, passer outre. Sauf à provoquer une grave crise interne ou à accepter une mise en œuvre seulement provisoire et partielle du texte, tout aussi problématique.

    Le CETA étant un traité négocié entre les 28 Etats de l’Union et le Canada, il ne peut entrer en vigueur dans son intégralité qu’après l’adoption à l’unanimité des 28 dirigeants européens et par le premier ministre canadien. Il doit ensuite obtenir le feu vert du Parlement européen et de tous les parlements nationaux des Vingt-Huit. Les gouvernements de la Wallonie et de la Fédération Wallonie-Bruxelles ont eux décidé, pour la première fois, d’impliquer leur parlement dès le début du processus. D’où un examen beaucoup plus attentif que dans d’autres pays du contenu exact d’un texte de 1 600 pages, dont la version finale n’a été dévoilée qu’en février.

    Partout des réticences.

    Le CETA a été conclu entre la Commission (mandatée par les Vingt-Huit) et Ottawa en septembre 2014, à l’issue de cinq ans de négociations. Tardive, la mobilisation est désormais impressionnante : en France, la fondation Nicolas Hulot, l’extrême gauche et une partie de la gauche dénoncent un « cheval de Troie » du TTIP, le traité de libre-échange avec les Etats-Unis. La contestation est tout aussi intense en Allemagne (même si la Cour constitutionnelle allemande vient d’autoriser – avec des réserves – le gouvernement allemand à ratifier le CETA) et en Autriche, où le chancelier Christian Kern a exprimé des réticences.

    Les opposants au CETA sont motivés à au moins deux titres. Beaucoup refusent les accords de libre-échange par principe, considérant qu’ils détruisent plus d’emplois qu’ils n’en créent, qu’ils menacent trop les services publics et les normes environnementales, sanitaires ou sociales européennes. D’autres s’inquiètent du contenu même du CETA, les agriculteurs, notamment, redoutant que les multinationales américaines de l’agroalimentaire ayant un siège au Canada profitent de l’accord pour mieux pénétrer les marchés européens et les inonder, notamment, de viande aux hormones ou de poulets chlorés.

    Pourquoi la Commission et l’essentiel des dirigeants européens tiennent-ils au CETA ?

    Un échec du CETA découragerait peut-être les Japonais, entrés en discussion avec l’Europe pour un accord d’envergure en 2013. Mais aussi les Vietnamiens, les Mexicains et d’autres. Bruxelles mène actuellement une vingtaine de négociations de front. (Est-ce vraiment grave de freiner cette mondialisation commerciale ?)

    L’incapacité des Européens à se mettre d’accord sur les sujets commerciaux augurerait mal, par ailleurs, de la future négociation des nouvelles relations entre le Royaume-Uni et le reste de l’Union, une fois le Brexit acté. (Est-ce aussi vraiment grave ?)

    A Bruxelles, la Commission européenne est d’autant plus ¬inquiète qu’elle est persuadée – et avec elle, une large proportion des sociaux-démocrates et l’ensemble des conservateurs européens, sauf les francophones belges – que le CETA est un « très bon accord ».(Bien sur bon pour les Libéraux et la Finance)

    Sur le papier, il ménage un accès aux marchés publics canadiens, acte la reconnaissance par Ottawa de 143indications géographiques protégées (l’équivalent de l’AOP en France) – mais zéro wallonnes… – et propose un système de règlement des différends entreEtats et multinationales, avec des tribunaux d’arbitrage censés garantir la capacité de légiférer des Etats. (C’est ça un bon accord ?)

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  • Les bombes américaines, françaises, saoudiennes ne tuent pas de civils !

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    Source: 11 octobre 2016, Robert CHARVIN, Investig’Action

    Les civils sont devenus, de plus en plus, des moyens de faire la guerre.

    Lors de la Première Guerre mondiale, 5% des victimes étaient civiles ; aujourd’hui 90% des victimes des conflits armés sont des civils. Ces populations sont assassinées, affamées, déplacées, pillées.

    Cette situation est paradoxale. Le droit humanitaire s’est développé et jamais la question des droits de l’homme n’a été aussi systématiquement posée dans l’ordre international. Des tribunaux pénaux chargés de sanctionner les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité ont même été créés. Plus globalement, l’ « Humanitaire » jouit d’une image sacrée fortement médiatisée au point qu’exprimer un doute sur une culpabilité entraîne une suspicion de complicité criminelle sur celui qui l’émet !

    Au-delà des invocations sans portée et ne témoignant qu’une compassion officielle, les Puissances violent à tour de rôle le droit humanitaire et les populations civiles sont massacrées lors de chaque conflit armé. Ces dernières décennies, il y a même une fuite en avant : refus du principe de négociation pour tenter de prévenir les conflits armés, transformation d’affrontements civils en guerres internationales infiniment plus destructrices, impunité de certains et sanctions contre d’autres, indifférence aux dispositions de la Charte des Nations Unies, etc.

    La grande hypocrisie et la désinformation.

    Le comble est atteint lorsque ceux qui tuaient hier s’autoproclament juges de ceux qui tuent aujourd’hui, ou lorsque ceux qui eux-mêmes bombardent sans scrupule s’indignent des bombardements des autres !

    L’actualité est révélatrice de ce délire à prétention moralisatrice !

    On se souvient peut-être encore des destructions massives subies par les populations de Dresde, Hambourg, Hiroshima, Nagasaki puis, après la Seconde Guerre mondiale, de l’écrasement total sous les bombes de Pyong Yang (durant la guerre de 1950-1953), de Hanoï et de la totalité du Vietnam, etc., « quadrillée » par les B52 américains.

    Plus proches de nous, on peut rappeler les bombardements de Belgrade, de l’Irak et les attaques contre Bagdad, les huit mois de guerre contre la Libye, les bombardements de Gaza matraquée par Israël, etc.
    Pour excuser le fait que les bombardements tuaient des civils, les médias occidentaux dénonçaient le fait que l’ennemi et les populations civiles, « prises en otages », étaient mêlés…., l’essentiel étant cependant que les forces militaires alliées ne subissent pas de pertes importantes.

    Le cas syrien

    Surviennent le cas syrien et l’intervention de la Russie dans un « jeu » étrange de complicité objective des Occidentaux avec les Islamistes. Après quatre années d’une fausse guerre contre Daech, installé sur le territoire syrien, l’intervention russe a modifié les données.

    La France et les États-Unis ne peuvent plus atteindre l’objectif principal : liquider le régime de Damas en se servant des forces islamistes installées solidement dans différentes villes, en particulier à Alep. En quelques mois, sur le terrain, les rapports de force se sont inversés. Les États-Unis ont même été conduits à intensifier parallèlement leurs efforts militaires contre Daech en Irak et les « préoccupations » humanitaires des autorités françaises sont devenues prioritaires !

    Le « scandale » est que la Russie n’accepte plus que les « frontières » de l’OTAN s’avancent jusqu’à elle et que seules les bases militaires occidentales soient fondées à encercler les États censés être hostiles !

    … et le cas d’Alep

    A propos d’Alep, l’ONU a proposé que les Islamistes quittent sous protection les quartiers de la ville où ils sont installés pour que les populations civiles soient épargnées. Mais les Puissances occidentales, subitement devenues « humanitaires » à l’approche de la défaite de leur stratégie, dénoncent seulement « Damas et son allié russe » qui bombardent Alep et ceux qu’elles qualifient opportunément non plus d’islamistes mais de « rebelles » ! (*)

    C’est que des intérêts stratégiques de grande importance sont en jeu : au-delà du pétrole, la Syrie est une zone de transit de l’énergie depuis la découverte en Méditerranée de ressources pétrolières et gazières. Selon les Occidentaux et le gouvernement français en particulier, la Syrie comme l’Irak et comme la Libye devraient demeurer sous un « néo-protectorat ».

    … et le cas du Yémen

    Par contre, il n’y a pas de réaction hostile à la guerre menée par l’Arabie Saoudite au Yémen, si ce n’est un bref communiqué appelant à la « retenue » pour un bombardement saoudien du début du mois d’octobre faisant à lui seul 600 victimes (morts et blessés) civiles !
    La reprise de Mossoul par les États-Unis et les forces de Bagdad se fera certainement sans perte civile car les bombes occidentales ont pour qualité exceptionnelle de distinguer les ennemis armés des civils désarmés !

    Sera-t-il possible un jour de s’inspirer tout simplement de la Charte des Nations Unies qui interdit aux États le recours à la force armée et qui recommande la recherche de solutions politiques négociées, seules méthodes pour que les civils soient réellement en sécurité ?

    * Ces « rebelles » opposés au régime de Damas sont armés par les États-Unis depuis 2013 et financés par l’Arabie Saoudite, en plus des revenus provenant du trafic pétrolier.


  • QUEL RAPPORT ENTRE L’EMPIRE US, LE DOCTEUR KÜBLER-ROSS ET LA SYRIE

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    Stades de la mort annoncée

    Elisabeth Kübler-Ross, née le 8 juillet 1926 à Zurich en Suisse et morte le 24 août 2004 aux États-Unis, est une psychiatre helvético-américaine, pionnière de l’approche des soins palliatifs pour les personnes en fin de vie.

    Elle est connue pour sa théorisation des différents stades émotionnels par lesquels passe une personne qui apprend sa mort prochaine. Elle s’est intéressée également aux expériences de mort imminente.
    Selon Elisabeth Kübler-Ross (1969), après un diagnostic de maladie terminale, on observe « cinq phases du deuil » (Five Stages of Grief). Kübler-Ross a initialement appliqué ces étapes à toute forme de perte catastrophique (emploi, revenu, liberté). Cela comprend également la mort d’un être cher, le divorce, la toxicomanie, ou l’infertilité.

    1. Déni (Denial). Exemple : « Ce n’est pas possible, ils ont dû se tromper.»
    2. Colère (Anger). Exemple : « Pourquoi moi et pas un autre ? Ce n’est pas juste !»
    3. Marchandage (Bargaining). Exemple : « Laissez-moi vivre pour voir mes enfants diplômés.», «Je ferai ce que vous voudrez, faites-moi vivre quelques années de plus.»
    4. Dépression (Depression). Exemple : « Je suis si triste, pourquoi se préoccuper de quoi que ce soit ? », « Je vais mourir… Et alors ?»
    5. Acceptation (Acceptance). Exemple : « Maintenant, je suis prêt, j’attends mon dernier souffle avec sérénité.»

    Un service de soins palliatifs pour grandes puissances sur le déclin.

    Source « entrefilets.com »

    A l’Etat de nature les nations sont des monstres froids. Et parmi ces monstres froids, les grandes puissances – et à plus forte raison les empires –, sont particulièrement dangereux lorsque leur suprématie est menacée. C’est que, comme on dit, une grande puissance ne meure pas dans son lit. Le sentiment de grandeur et d’invincibilité qui l’habite ; la certitude de son indépassable puissance ; la très haute opinion qu’elle a d’elle-même et de son Histoire la rend généralement incapable d’accepter l’idée même de son déclin.

    Dès lors de deux choses l’une : lorsqu’une grande puissance vacille, soit elle cède à la fureur et allume des incendies dont elle espère, toujours à tort, pouvoir tirer profit pour rebondir ; soit les forces émergentes qui l’entourent sont suffisamment solides et structurées pour contenir cette fureur et allumer des contre-feux partout où cela est possible, afin d’encadrer et d’accompagner son agonie jusqu’à dissolution de cette puissance.

    Il s’agit donc en quelque sorte, pour les puissances émergentes destinées à prendre le relais, d’organiser un service de soins palliatifs autour du géant à l’agonie pour en contrôler au mieux les humeurs. Un processus de dissolution contrôlée en somme.

    Refus, colère, tractations…

    Et c’est exactement ce que sont en train de faire la Chine et la Russie autour de l’empire étasunien. Ils savent sa chute irrémédiable et c’est précisément parce que le résultat est d’ores et déjà acquis qu’il ne sert à rien de précipiter les choses.

    Il faut au contraire savamment doser l’administration de poison et de contre-douleur pour accélérer le trépas de la bête, sans pour autant provoquer son courroux, puisque ses capacités de nuisances resteront intacts jusqu’à son dernier soupir.

    Pour l’heure, les Etats-Unis n’ont bien sûr toujours pas accepté l’idée de leur déclin. Et si l’on se réfère aux cinq étapes du processus de deuil décrit par le docteur suisse Elisabeth Kübler-Ross (le refus, la colère, la tractation, la déprime et l’acceptation), les Etats-Unis sont en effet encore loin de l’acceptation et oscillent entre refus (ce n’est pas possible, pas moi), colère (j’utiliserai la force brutale pour rester au sommet) et tractation (bon, ok, je décline, mais partageons le pouvoir).

    Certes, les Etats-Unis ont bien compris que le moment unipolaire qui a suivi l’effondrement de l’URSS était terminé, que leur domination sur les affaires du monde l’était également, et ils pressentent aussi que la situation de banqueroute généralisée qui les ronge, conjuguée à la montée en puissance des pays émergents (BRICS voir l’incendie allumé au Brésil), ne leur laisse aucun espoir de rétablissement dans leur puissance initiale.

    La Syrie, incendie du désespoir

    Première victime de leur mythe de l’american dream, les Etats-Unis restent toutefois absolument convaincus d’être la lumière du monde, d’avoir atteint un degré de civilisation indépassable, d’où le messianisme politique qu’il déploie ces dernières décennies, et qui a déjà coûté la vie à plusieurs centaines de milliers de civils en Irak ou en Afghanistan, pour ne parler que des théâtres d’opérations où ils s’agitent directement.

    Aujourd’hui, leur offensive hystérique pour provoquer l’effondrement de la Syrie (avec Téhéran comme objectif final) est un épiphénomène de leur agonie.
    A travers cet incendie du désespoir qu’est devenu le théâtre syrien, ils ne font que tenter de maintenir leur suprématie sur la Méditerranée orientale dont ils ont d’ores et déjà été éjectés par les nouveaux maîtres des lieux que sont désormais la Russie et son allié chinois (en soutien aussi discret que déterminé).

    En bons spécialistes des soins palliatifs, Moscou et Pékin tentent donc de circonscrire l’incendie syrien, et empêcher ainsi la mise à feu de l’Iran.

    Mais ils ont encore besoin de temps pour prendre définitivement le relais en termes de leadership mondial, d’où la modération dont ils usent pour contenir et contrer les soubresauts de la bête.
    L’objectif étant de l’amener, sans qu’elle s’en doute, à tout de même mourir dans son lit.