• Edouard Louis : ”Chaque personne qui insultait un gilet jaune insultait mon père”

    Un très beau texte de ce jeune écrivain en soutien aux GJ !

    L’écrivain analyse le mouvement des gilets jaunes dans un texte qu’il a transmis à la revue Les Inrocks.

    Edouard Louis, auteur de Qui a tué mon père (Seuil) décrit « le choc » qu’il a ressenti en découvrant les images des Gilets Jaunes, et les sentiments puissants qu’elles ont suscité:

    « Depuis quelques jours j’essaye d’écrire un texte sur et pour les gilets jaunes, mais je n’y arrive pas. Quelque chose dans l’extrême violence et le mépris de classe qui s’abattent sur ce mouvement me paralyse, parce que, d’une certaine façon, je me sens personnellement visé.

    J’ai du mal à décrire le choc que j’ai ressenti quand j’ai vu apparaitre les premières images des gilets jaunes. Je voyais sur les photos qui accompagnaient les articles des corps qui n’apparaissent presque jamais dans l’espace public et médiatique, des corps souffrants, ravagés par le travail, par la fatigue, par la faim, par l’humiliation permanente des dominants à l’égard des dominés, par l’exclusion sociale et géographique, je voyais des corps fatigués, des mains fatiguées, des dos broyés, des regards épuisés.

    La raison de mon bouleversement, c’était bien sûr ma détestation de la violence du monde social et des inégalités, mais aussi, et peut-être avant tout, parce que ces corps que je voyais sur les photos ressemblaient aux corps de mon père, de mon frère, de ma tante… Ils ressemblaient aux corps de ma famille, des habitants du village où j’ai vécu pendant mon enfance, de ces gens à la santé dévastée par la misère et la pauvreté, et qui justement répétaient toujours, tous les jours de mon enfance « nous on ne compte pour personne, personne ne parle de nous » – d’où le fait que je me sentais personnellement visé par le mépris et la violence de la bourgeoisie qui se sont immédiatement abattus sur ce mouvement. Parce que, en moi, pour moi, chaque personne qui insultait un gilet jaune insultait mon père.
    Tout de suite, dès la naissance de ce mouvement, nous avons vu dans les médias des « experts » et des « politiques » diminuer, condamner, se moquer des gilets jaunes et de la révolte qu’ils incarnent. Je voyais défiler sur les réseaux sociaux les mots « barbares », « abrutis », « ploucs », « irresponsables ». Les médias parlaient de la « grogne » des gilets jaunes : les classes populaires ne se révoltent pas, non, elles grognent, comme des bêtes. J’entendais parler de la « violence de ce mouvement » quand une voiture était brulée ou une vitrine cassée, une statue dégradée. Phénomène habituel de perception différentielle de la violence : une grande partie du monde politique et médiatique voudrait nous faire croire que la violence, ce n’est pas les milliers de vie détruites et réduites à la misère par la politique, mais quelques voitures brûlées. Il faut vraiment n’avoir jamais connu la misère pour pouvoir penser qu’un tag sur un monument historique est plus grave que l’impossibilité de se soigner, de vivre, de se nourrir ou de nourrir sa famille.
    Les gilets jaunes parlent de faim, de précarité, de vie et de mort. Les « politiques » et une partie des journalistes répondent : « des symboles de notre République ont été dégradés ». Mais de quoi parlent ces gens ? Comment osent-ils ? D’où viennent-ils ? Les médias parlent aussi du racisme et de l’homophobie chez les gilets jaunes. De qui se moquent-ils ? Je ne veux pas parler de mes livres, mais il est intéressant de noter que chaque fois que j’ai publié un roman, j’ai été accusé de stigmatiser la France pauvre et rurale justement parce que j’évoquais l’homophobie et le racisme présents dans le village de mon enfance. Des journalistes qui n’avaient jamais rien fait pour les classes populaires s’indignaient et se mettaient tout à coup à jouer les défenseurs des classes populaires.

    Pour les dominants, les classes populaires représentent la classe-objet par excellence, pour reprendre l’expression de Pierre Bourdieu ; objet manipulable du discours : de bons pauvres authentiques un jour, des racistes et des homophobes le lendemain. Dans les deux cas, la volonté sous-jacente est la même : empêcher l’émergence d’une parole des classes populaires, sur les classes populaires. Tant pis s’il faut se contredire du jour au lendemain, pourvu qu’ils se taisent.
    Bien sûr, il y a eu des propos et des gestes homophobes et racistes au sein des gilets jaunes, mais depuis quand ces médias et ces « politiques » se soucient du racisme et de l’homophobie ? Depuis quand ? Qu’est-ce qu’ils ont fait contre le racisme ? Est-ce qu’ils utilisent le pouvoir dont ils disposent pour parler d’Adama Traoré et du comité Adama ? Est-ce qu’ils parlent des violences policières qui s’abattent tous les jours sur les Noirs et les Arabes en France ? Est-ce qu’ils n’ont pas donné une tribune à Frigide Barjot et à Monseigneur je-ne-sais-plus-combien au moment du mariage pour tous, et, en faisant cela, est-ce qu’ils n’ont pas rendu l’homophobie possible et normale sur les plateaux de télé ?
    Quand les classes dominantes et certains médias parlent d’homophobie et de racisme dans le mouvement des gilets jaunes, ils ne parlent ni d’homophobie ni de racisme. Ils disent : « Pauvres, taisez-vous ! » Par ailleurs, le mouvement des gilets jaunes est encore un mouvement à construire, son langage n’est pas encore fixé : s’il existe de l’homophobie ou du racisme parmi les gilets jaunes, c’est notre responsabilité de transformer ce langage.

    Il y a différentes manières de dire : « Je souffre » : un mouvement social, c’est précisément ce moment où s’ouvre la possibilité que ceux qui souffrent ne disent plus : « Je souffre à cause de l’immigration et de ma voisine qui touche des aides sociales », mais : « Je souffre à cause de celles et ceux qui gouvernent. Je souffre à cause du système de classe, à cause d’Emmanuel Macron et Edouard Philippe ». Le mouvement social, c’est un moment de subversion du langage, un moment où les vieux langages peuvent vaciller. C’est ce qui se passe aujourd’hui : on assiste depuis quelques jours à une reformulation du vocabulaire des gilets jaunes. On entendait uniquement parler au début de l’essence, et parfois des mots déplaisants apparaîssaient, comme « les assistés ». On entend désormais les mots inégalités, augmentation des salaires, injustices.

    Ce mouvement doit continuer, parce qu’il incarne quelque chose de juste, d’urgent, de profondément radical, parce que des visages et des voix qui sont d’habitude astreints à l’invisibilité sont enfin visibles et audibles. Le combat ne sera pas facile : on le voit, les gilets jaunes représentent une sorte de test de Rorschach sur une grande partie de la bourgeoisie ; ils les obligent à exprimer leur mépris de classe et leur violence que d’habitude ils n’expriment que de manière détournée, ce mépris qui a détruit tellement de vies autour de moi, qui continue d’en détruire, et de plus en plus, ce mépris qui réduit au silence et qui me paralyse au point de ne pas réussir à écrire le texte que je voudrais écrire, à exprimer ce que je voudrais exprimer.
    Mais nous devons gagner : nous sommes nombreuses et nombreux à se dire qu’on ne pourrait pas supporter une défaite de plus pour la gauche, et donc pour celles et ceux qui souffrent ».


  • Monique Pinçon-Charlot : « Les gilets jaunes sont en train de nous rendre le service du siècle »

    Sur le passage du président des riches (Nicolas Sarkozy) au président des ultra-riches (Emmanuel Macron)

    « Avec Macron, les cadeaux fiscaux se chiffrent en dizaines de milliards d’euros tandis qu’avec le bouclier fiscal de Nicolas Sarkozy, c’était seulement un milliard d’euros. »`
    « Avec Macron, on est passé à un autre niveau de privilèges accordés depuis l’Elysée. »
    « Avec Macron, il y a, en plus de la violence verbale, des manipulations idéologiques et linguistique considérables, totalement cohérentes avec sa personnalité. »

    Sur les donateurs de Macron

    « Macron a fait des levées de fonds très importantes avec des diners qui étaient organisés dans les beaux quartiers de Belgique, de Londres et de France, de partout où il y avait de riches Français exilés. »
    « Ces gens-là [les donateurs] ont tous été largement récompensés après. »

    Sur ce qui caractérise la politique d’Emmanuel Macron

    « Emmanuel Macron symbolise la synthèse des intérêts de l’oligarchie au sommet de l’Etat. »
    « Aujourd’hui, il n’y a plus de champ politique autonome, ni de champ médiatique autonome. Tout a été pillé par le monde de la finance, tout a été marchandisé. »
    « L’oligarchie contrôle tous les secteurs de l’activité économique et sociale. Il n’y a plus d’intérêt général, il n’y a plus que des intérêts privés qui sont liés à la haute finance et à l’intérêt des plus riches. »

    Sur le rôle des médias

    « On assisté à une imposture médiatique absolument unique. »
    « On a réussi à faire passer un homme du sérail, un homme du système, le candidat du système le plus au cœur de l’oligarchie, pour quelqu’un de neuf, hors du système. »
    « C’est Macron qui a fait toute la politique économique de François Hollande : il fait du neuf avec du vieux. »
    « C’est parce que dix milliardaires possèdent 90% des médias en France,qu’il n’y a plus du tout d’indépendance de la presse. »

    Sur la maraude de Macron auprès des sans-abris

    « Il s’agit de faire croire que Macron se préoccupe des sans-abris alors que son meilleur ami Jean-Marc Borello fait de l’argent avec la misère et les sans-abris. »
    « Grâce à Emmanuel Macron, aujourd’hui, même la détresse la plus incroyable peut rapporter du fric aux actionnaires. »

    Sur le mépris et Macron

    « [Ce mépris] est à la fois calculé et en même temps naturel. »
    « On voit bien qu’il porte sur lui ce mépris de classe, ça transpire dans sa façon de parler, du fait qu’il est toujours maquillé, qu’il avance masqué, qu’il dégage toujours ses petites formules assassines. C’est quelque chose qui l’habite et qui est en cohérence avec tout le maillage oligarchique de ses réseaux. »

    Sur les gilets jaunes

    « Aujourd’hui, du fait que la sphère politique n’existe plus, qu’elle a été achetée et prédatée par le monde de la finance, Emmanuel Macron n’est finalement pas un président légitime. »
    « Emmanuel Macron est le chef d’entreprise de la start-up France. »
    « Il est intéressant de voir ce mouvement, classe contre classe, directement s’adresser au chef d’entreprise de la France, le responsable en chef du fait qu’aujourd’hui, il y a des millions de gens qui ne mangent plus à leur faim tellement les cadeaux fiscaux aux plus riches, sans aucun contrôle de leur usage, ont fini par appauvrir d’une façon considérable une grande partie des classes populaires et moyennes. »
    « Ce qui nous a vraiment frappé chez les gilets jaunes, c’est la conscience de classe, qui s’est construite grâce aux réseaux sociaux : ils s’adressent directement à celui qui leur apparait être comme celui qui doit rendre des comptes et prendre des mesures fortes pour plus de justice sociale et fiscale. »

    Sur Jean-Luc Mélenchon et la stratégie populiste

    « Je ne peux pas adhérer à ce « eux et nous » dans la bouche de Jean-Luc Mélenchon parce que je le trouve très mal placé, lui qui a mangé à aux râteliers de la politique depuis son plus jeune âge et qui reste alors que la retraite a sonné et qu’il y a plein de jeunes qui pourraient mieux nous représenter que lui. »
    « Il est absolument nécessaire [qu’il passe la main]. »
    « Jean-Luc Mélenchon est une personnalité beaucoup trop clivante et qui veut absolument le pouvoir avant de partir. »
    « Je suis pour un rassemblement le plus large possible, des gilets jaunes, du Parti communiste, de la France insoumise. »
    « Il faut un grand rassemblement dans le respect mutuel des différences des uns et des autres. »
    « Nous devons faire comme les riches : nous devons nous assoir sur nos différences, voire de les valoriser, et être profondément solidaires dans notre conscience de classe. »
    « Je veux espérer que les gilets jaunes sont en train de nous rendre le service du siècle pour ce rassemblement qui j’espère va aboutir à une convergence des luttes, en dehors des petits chefs et des égos surdimensionnés. »


  • Pour ceux qui se pose cette question : Que ce passe t-il au Venezuela ?


    Dr. María Páez Víctor Voir en fin d’article qui est cette dame.

    Source : Published in American Herald Tribune, May 19,2018 : https://ahtribune.com/world/americas/2264-maria-paez-victor.html

    Les États-Unis se sont opposés, ont déstabilisé, renversé ou assassiné chaque réformateur progressiste apparu sur la scène politique dans la région depuis plus d’un siècle

    Pouvez-vous nous dire quelle est la situation qui prévaut actuellement au Venezuela ?

    Dr. María Páez Victor : Il y a 6 questions clés pour comprendre la situation au Venezuela.

    1) Le pétrole :

    La première chose à comprendre est que tout tourne autour du pétrole. Le Venezuela possède les plus grandes réserves de pétrole connues dans le monde dans un emplacement géographique hautement stratégique. Il faut 43 jours pour qu’un pétrolier voyage du Moyen-Orient aux raffineries du Texas, alors qu’il ne faut que 4 jours à partir du Venezuela. Les compagnies pétrolières et les gouvernements qu’elles soutiennent, convoitent le pétrole vénézuélien. Si le pays ne produisait que des mangues, personne ne se soucierait de ce qu’il s’y passe. Le gouvernement vénézuélien a pris le contrôle de sa compagnie pétrolière (PDVSA), a ouvert des contrats de partenariat privé pour l’exploitation pétrolière mais avec l’État qui détient la majorité des parts, leur a fait payer des taxes qui avaient été à 1% pendant 60 ans. Le revenu pétrolier – au lieu d’être distribué aux élites d’entreprises – a été utilisé pour financer les services publics nécessaires qui, pendant des décennies, n’avaient pas réussi à répondre aux besoins de la population.

    2) La souveraineté :

    Un gouvernement qui ne suit pas la ligne des États-Unis, ne se plie pas aux dictatures néolibérales du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale, insistant sur le fait que son peuple est souverain et décidera de son propre avenir et aspire à construire une société socialiste et humaniste, ne sera pas toléré par la superpuissance restante. Surtout un pays de la région, que les États-Unis considèrent encore comme leur « arrière-cour ». Comment le gouvernement vénézuélien a-t-il osé nationaliser ses ressources naturelles, sortir son armée de l’infâme École militaire des Amériques et vendre son pétrole à d’autres pays, et non exclusivement aux États-Unis !

    3) La guerre économique :

    Il y a un plan systématique et stratégique conçu par Washington pour priver les Vénézuéliens de nourriture et de médicaments. Ses exécuteurs sont les grandes sociétés, l’élite commerciale et les banques. Cela ne pourrait pas être plus clair. En 1972-1973, les États-Unis, scandalisés par le fait que le Dr. Salvador Allende, un communiste, avait gagné les élections au Chili, ont promis de se débarrasser de lui. Le président Nixon a déclaré : nous allons faire crier l’économie du Chili. Et c’est arrivé. Avant le terrible coup d’État qui a coûté la vie d’Allende, l’économie chilienne était sujette à la thésaurisation, à la rareté induite, à l’inflation, aux manipulations monétaires, au sabotage et à la contrebande. C’est le même scénario au Venezuela mais encore pire. Cela fait maintenant 5 ans de guerre économique, où les élites économiques vénézuéliennes, les laquais des puissances étrangères, sont tellement soutenues financièrement qu’elles peuvent mettre en œuvre la thésaurisation, le sabotage, l’entreposage, la manipulation monétaire, l’exclusion financière et la contrebande.

    4) Une élite corrompue et raciste :

    L’élite du Venezuela contrôlait le gouvernement depuis des années – ils étaient les bénéficiaires de tous les revenus pétroliers. Pendant 40 ans, ils se sont approprié et ont dépensé l’équivalent de 12 plans Marshall. En 1999, lorsque le président Hugo Chávez a été élu, la pauvreté se situait entre 60 et 80% et l’extrême pauvreté et la malnutrition affectaient un tiers de la nation. La révolution bolivarienne du Venezuela a considérablement réduit la pauvreté, la malnutrition et le vagabondage, et a fourni des soins de santé universels et une éducation gratuite de la crèche à l’université. Elle a construit 2 millions de logements sociaux ces dernières années.
    L’élite vénézuélienne a montré par sa violence épouvantable dans l’opposition qu’elle est égoïste, vile et raciste, au point de payer des criminels pour mettre le feu aux bâtiments publics, tuer des passants, attaquer une maternité, lancer des grenades à partir d’un hélicoptère sur la Cour suprême, détruire les bus publics et, le plus horrible, de mettre le feu aux jeunes hommes « qui avaient l’air Chavistes », en d’autres termes, qui avaient la peau sombre. Cette élite ne se soucie pas de savoir combien son propre peuple souffre tant que les puissances étrangères ne lui auront pas rendu le gouvernement qu’elle est incapable de gagner aux urnes. Les principaux dirigeants de l’opposition ont parcouru le monde en demandant aux pays puissants de sanctionner et d’isoler diplomatiquement et financièrement leur propre pays, sans se soucier que la nourriture et les médicaments se raréfient.

    5) Un excellent processus d’élection :

    Il est scandaleux, même dans ce climat politique de mensonges et de désinformation, que l’on puisse considérer que le gouvernement vénézuélien n’est pas démocratique et que le président Maduro est un dictateur. En 19 ans, il y a eu 23 élections différentes, toutes surveillées par des témoins nationaux et internationaux et le gouvernement en a gagné la plupart mais en a aussi perdu quelques-unes. Et on retiendra que l’ex-président des États-Unis, Jimmy Carter, a déclaré en 2012 que : « En fait, sur les 92 élections que nous avons suivies, je dirais que le processus électoral au Venezuela est le meilleur au monde. » La protection anti-fraude du système est très efficace car chaque vote a trois garanties : une empreinte digitale, un vote électronique et un reçu papier. De plus, il y a une forte présence d’observateurs nationaux et internationaux. Ironiquement, ni les États-Unis, ni le Canada, ni la plupart des pays européens n’acceptent des observateurs internationaux à leurs élections.

    6) Les élections présidentielles le 20 mai 2018 :

    L’investiture de Nicolas Maduro, ce 10 janvier, provoque déjà des remous politiques et médiatiques. Élu le 20 mai 2018, le président vénézuélien doit faire face à une opération concertée et planifiée des Etats-Unis et de leurs alliés. Prenant pour prétexte initial les conditions électorales qui ont permis la victoire de Maduro, une poignée de gouvernements, repeinte pour l’occasion en «communauté internationale» par le truchement des transnationales de la communication, a décidé d’augmenter d’un cran la pression sur le Venezuela bolivarien.
    Comme c’est devenu l’habitude dans le cas du Venezuela, la plupart des médias dominants se vautrent dans les fausses informations et oublient jusqu’au sens même de la déontologie journalistique.
    Il convient, pour le lecteur scrupuleux et avide de démêler le vrai du faux, d’exposer les faits, de revenir sur les conditions de l’élection de Maduro, et d’analyser la stratégie de Washington pour punir un peuple jugé, depuis maintenant 20 ans, trop rebelle et encombrant.
    Une indispensable mise en contexte de la tentative de coup d’Etat de mercredi contre Nicolás Maduro, qui a vu le président américain Donald Trump reconnaître, dans une démarche des plus illégales, le leader non élu de l’opposition vénézuélienne, Juan Guaidó, comme « président par intérim ». Autrement dit, nous sommes en présence de l’un de ces coups d’Etat soutenus par les USA qui ponctuent malheureusement la vie des pays d’Amérique latine. Bon à savoir pour aider à comprendre l’acharnement de Washington contre le gouvernement bolivarien de Maduro : les réserves de pétrole avérées du Venezuela sont considérées comme les plus importantes au monde.

    Qui est María Páez Víctor ?

    Le Dr. Maria Páez Victor est une sociologue, née au Venezuela et éduquée à Caracas, New York, Mexico, en Angleterre et au Canada. Pendant plusieurs années, elle a enseigné la sociologie de la santé et de la médecine ainsi que les politiques en matière de santé et d’environnement à l’Université de Toronto. Le Dr Páez Victor a une expérience nationale et internationale dans l’analyse des politiques et l’évaluation de l’impact de l’environnement et de l’énergie, avec une expertise dans les domaines de la santé. Elle est un membre actif de la communauté latino-américaine au Canada.
    Elle a administré les Bourses de développement de l’énergie durable, un programme international de bourses d’études supérieures des entreprises d’énergie du G8, de 2002 à 2011. Conférencière à l’Université de Toronto, elle donne des cours de sociologie de la santé et de la médecine ; des cours sur les politiques de santé et d’environnement à temps partiel, de 1992 à 1996 et de 2003 à 2005. Elle a obtenu son doctorat (Sociologie) à l’Université York, Toronto, Canada en 1987. Elle a été volontaire, à l’hôpital Mater Misericordia de Nairobi, au Kenya, de 1985 à 1987.


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  • La violence selon le pacifiste Jean Jaurès

    Jean Jaurès,

    9 juin 1906, discours à la Chambre des députés. Il fut assassiné par un fanatique que les juges français ont acquitté et que des anarchistes espagnols ont exécuté à Ibiza.

    Violence du peuple

    Ah ! les conditions de la lutte sont terriblement difficiles pour les ouvriers ! La violence, pour eux, c’est chose visible […] Oui, la violence c’est une chose grossière, palpable, saisissable chez les ouvriers : un geste de menace, il est vu, il est retenu. Une démarche d’intimidation est saisie, constatée, traînée devant les juges.

    Violences des riches

    Ah ! Le patronat n’a pas besoin, lui, pour exercer une action violente, de gestes désordonnés et de paroles tumultueuses ! Quelques hommes se rassemblent, à huit clos, dans la sécurité, dans l’intimité d’un conseil d’administration, et à quelques-uns, sans violence, sans gestes désordonnés, sans éclat de voix, comme des diplomates causant autour du tapis vert, ils décident que le salaire raisonnable sera refusé aux ouvriers … ».

    Violence policière

    « Ce [que les classes dirigeantes] entendent par le maintien de l’ordre, ce qu’elles entendent par la répression de la violence, c’est la répression de tous les écarts, de tous les excès de la force ouvrière ; c’est aussi, sous prétexte d’en réprimer les écarts, de réprimer la force ouvrière elle-même et laisser le champ libre à la seule violence patronale. […].

    Violence d’Etat

    De même que l’acte de la violence ouvrière est brutal, il est facile au juge, avec quelques témoins, de le constater, de la frapper, de le punir ; et voilà pourquoi tout la période des grèves s’accompagne automatiquement de condamnations multipliées. »


  • Cette noblesse du peuple qu’il est urgent d’écouter à nouveau

    L’appel d’un maire.

    D’après Bernard Carayon maire de Lavaur et ancien député du Tarn

    Il demande au gouvernement d’abandonner le mépris que ce dernier affiche à l’encontre des revendications populaires, gilets jaunes notamment

    Deux morts et plus de 400 blessés, le bilan de la mobilisation des gilets jaunes est d’ores et déjà tragique et personne ne peut feindre d’ignorer les dérapages auxquels ont donné lieu les manifestations non encadrées de ces derniers jours. Pour autant, la forme prise par cette colère des Français et les excès en comportement ou en mots de certains ne sauraient disqualifier les revendications actuelles sans autre forme de procès.

    Ceux qui « fument des clopes et roulent au diesel », selon la délicate formule du ministre Griveaux, se sont exprimés partout et continuent, dans un désordre très français, mêlant l’humour à la colère, mais dans une détresse partagée.

    Un président élu par accident et une majorité issue du néant

    Le prix des carburants n’est qu’un prétexte, encore que les automobilistes, victimes d’une répression imaginative, ont de bonnes raisons d’être énervés. Leur révolte, c’est, surtout, celle des humiliés. Un temps, le président Macron avait réussi à faire oublier qu’il avait été élu par accident : celui d’un pilote pourtant expérimenté… Une majorité parlementaire, issue du néant, donna l’illusion d’incarner une nouvelle génération, habilement déguisée en « nouveau monde ». On comprit très vite les limites d’une sélection de candidats-députés sur « CV », offrant à beaucoup le ticket gagnant au loto démocratique !

    D’apparence girondine, le Pouvoir s’est révélé autoritaire et ultra-centralisé, affichant parfois un mépris de classe, sans qu’on puisse mettre à son crédit l’efficacité et l’esprit de justice.

    Bref, ceux qui avaient cru au miracle en politique ont perdu la foi des convertis. Le voile s’est déchiré : la réforme de l’ISF en guise de remboursement des riches donateurs d’EnMarche, l’« en-même-temps » ne dissimulant ni l’indécision ni l’absence de cap, la maltraitance subie par les collectivités locales, le symptôme de «Cour» et la tétanisation de l’Elysée dans l’affaire Benalla, des mots cruels sur les Français tantôt illettrés tantôt paresseux émanant, soit disant, d’un esprit cultivé et d’une personnalité énergique, ont fait renaître en France un sentiment de lutte de classes, né d’humiliations répétées.

    On n’aime pas durablement en France, les premiers de classe !

    Ce fut le problème de Giscard et de Balladur. Le normalien Georges Pompidou qui ne cachait pas ses racines terriennes, n’était pas tombé dans les travers des élites.

    Il aimait les Français, sans fard, et avec tendresse.

    Les « gilets jaunes » sont bien des « gaulois réfractaires ». Normal : leurs grands-pères étaient à Verdun. Et les petits-fils sont sortis de la tranchée. Ils croient au mérite, pas à l’esbroufe. Ils partagent l’usine et le terrain du rugby avec des camarades venus de l’autre côté de la Méditerranée, mais applaudissent le nom de Beltrame donné à une école de Lavaur, petite cité du Tarn. Ils sont l’âme d’une France qui ne veut pas mourir et ne substituent pas l’Europe, dans leurs rêves, à leur patrie.

    Et c’est pourquoi le combat des « gilets jaunes » est à la fois symbolique et noble.

    J’ajouterai : même s’il est vain !

    Je devine le sourire sarcastique de ceux qui ont fait un trait sur cette France-là. Car il y a bien de la noblesse chez un Peuple qui ne s’est jamais consolé que son Roi fuie à Varennes, quêtant des soutiens auprès des monarchies étrangères. À la différence de Louis XVI, Emmanuel Macron a perdu tous ses alliés dans le monde, à l’exception du premier ministre belge, ce que l’on se gardera bien de commenter !

    Triste destin d’un chef coupé de son peuple, abandonné par ses frères de fortune. «Respice post te ! Hominem te esse memento » ! (« Regarde autour de toi, et souviens toi que tu n’es qu’un homme ! »), rappelait l’esclave à l’oreille du général vainqueur, lors des triomphes romains.

    Gare aux gaulois réfractaires !


  • Pour y voir plus clair vous trouverez ci-après un long article dans lequel j’ai collationné et résumé « LES VRAIES RAISONS DE LA BOUCHERIE de 14/18 »

    C’est un peu long mais c’est instructif ! Vous y verrez comment nous, la plèbe, nous sommes manipulés de tous temps par ceux qui se croient l’élite parce qu’ils ont l’argent. Tout ceci devrait être enseigné aux écoliers et pas seulement l’assassinat de Sarajevo !

    Extrait de La revue Les Annales, numéro 1761, datée du 25 mars 1917.

    Mars 1917 : un banquier américain révèle les véritables intérêts de la finance dans la guerre 14-18

    « Je pourrais vous confier que lorsqu’un peuple est sur le point de se sentir trop riche, une guerre est nécessaire pour l’arracher à la tentation du bonheur. Mais les idées abstraites ne sont pas de mon fait. Je ne connais que les chiffres. J’ignore La Fayette. J’ignore si l’Allemagne attaqua la première. De l’histoire, je ne retiens que la statistique.
    Je sais une chose, c’est que la Grande Guerre a quintuplé le chiffre de nos affaires, décuplé nos bénéfices et tout ce trafic magnifique, nous l’avons opéré avec les Alliés. Nous nous sommes enrichis en vous procurant du coton, de la laine, de la viande, de l’acier, des obus, du blé, du cuir, des souliers, des mitrailleuses, des chevaux, des automobiles, des produits chimiques.
    Nos actions d’aciéries, telles que la Bethleem, ont monté en six mois de 600 %. Nos poudreries, telles que l’usine Dupont, distribuent des dividendes de 110 %. Le moindre de nos débardeurs ne travaille pas à moins d’un salaire de 35 francs par jour. C’est vous qui soldez. Tout ce qu’on pouvait vous vendre, nous vous l’avons vendu. Vous nous avez payé partie en or.
    Notre stock or dépasse aujourd’hui le stock or de tous les Alliés réunis. Mais vous nous avez payé aussi avec du papier. Or, vos traites ne vaudront que ce que vaudra votre victoire. Il faut que vous soyez victorieux à tout prix pour faire face à vos engagements. Je vois plus loin encore. Il vous faudra reconstruire tout ce qui fut détruit. Cet argent que nous avons gagné sur vous, nous vous le prêterons pour relever vos villes, pour rebâtir vos fabriques, pour créer à nouveau votre existence économique.
    Un beau champ s’offre là pour nos placements futurs. Mais ce champ ne sera profitable que si vous triomphez avant l’épuisement complet. Voilà pourquoi nous voulons votre victoire rapide. L’Union vous aidera. Nous sommes derrière Wilson. Les rois eux-mêmes sont nos esclaves. Nous voulons la guerre ne serait-ce que pour protéger la flotte marchande anglaise dont la moitié du capital est yankee.
    Nous vous aiderons plus encore que vous ne pensez. Nous enverrons des volontaires, nous voterons le service militaire obligatoire, nous augmenterons encore notre production en obus, en canons, nous prendrons part, s’il le faut, à la lutte continentale. Tous nos citoyens marcheront. L’Union n’est-elle pas déjà une gigantesque armée civile, exercée, assouplie, soumise de longue date à la rigoureuse discipline du trust ? De cette armée, nous sommes les chefs. Vous comprenez maintenant pourquoi la guerre est inévitable ? Les luttes entre peuples ? Mais c’est le seul moyen que nous avons de régler de trop lourdes différences en banque !
    La Grande Guerre ? Guerre des tarifs, la nécessité d’un traité douanier avantageux, l’espoir d’une expansion économique nouvelle ! Plus encore que le Kaiser, ce sont les banques de Berlin qui ont voulu la guerre ! ».

    14-18 : sans la collaboration de la Standard Oil de la famille Rockefeller … le conflit n’aurait pas duré.

    Au début de la guerre de 14 18, la Standard Oil de la famille Rockefeller vendait 100.000 barils de pétrole par jour. Pendant la guerre la Standard Oil va faire de grosses affaires, car les 2 camps en guerres savent que pour triompher il leur faudra du pétrole.

    Pendant ces 4 années de guerre, la Standard Oil de la famille Rockefeller va vendre du pétrole dans les 2 camps, ce qui fait qu’à la fin de la guerre la vente de pétrole à triplée pour soutenir chacune des 2 armées en conflit.
    Les prix aussi ont grimpé. Pour Rockefeller la guerre était une source de profits considérables.
    Sans réapprovisionnement en pétrole, les 2 camps en guerre n’auraient pas pu prolonger un tel massacre.
    Après la guerre, les pays comme la France et l’Angleterre se partage l’exploitation du pétrole dans le moyen orient.
    Les banques aussi ont joué un rôle dans le financement des 2 camps en guerre. Sans les millions de dollars d’argent dette émise par les banques, la guerre de 14 – 18 n’aurait peut-être duré que quelques mois et non quelques années.

    Rappelons que la FED (banque centrale américaine), fut créée en 1913 par les banques privées et qu’elle a créé des millions de dollars qu’elle a prêtés aux pays en guerre.

    Raffinerie n°1 de la Standard Oil à Cleveland dans l’Ohio, 1899

    Comment expliquer une guerre aussi inhumaine, aussi générale ? Plein de bonnes raisons qui n’en sont pas.

    1. C’est la nature humaine ? Ben tiens !

    « Le fait est que les hommes dans leur grande majorité sont prêts à considérer, du moins en certaines circonstances, que le recours aux armes est une démarche légitime. Ce peut être le désir d’enrichir sa communauté et d’exalter son amour-propre […] Ces considérations nous rappellent que la guerre est dans la nature humaine » (Robin Prior et Trevor Wilson ; Atlas des guerres ; La Première Guerre mondiale).

    Je comprends qu’un professeur d’Académie militaire fasse de la guerre une essence de la nature humaine. Mais, est-ce qu’en 1914 « les hommes dans leur grande majorité » ont fait délibérément le choix de la guerre ? Soyons sérieux !

    2. L’engrenage des alliances ?

    Ce fait-là, souvent mise en avant dans les manuels scolaires, ne constitue pas vraiment une cause. Depuis 1880, chaque « Etat » :

     Avait choisi une alliance en fonction de ses intérêts ;
     Avait maintenu ou pas cette alliance en fonction de ses intérêts (la diplomatie anglaise est essentiellement dirigée contre la France dans les années 1890 avant de s’allier à elle !)
     A fait jouer ou pas ses alliances en 1914, en fonction de ses intérêts (l’Italie, alliée de l’Allemagne et de l’Autriche Hongrie jusqu’en 1914 n’entre pas en guerre avec eux, puis s’allie à la France et à la Grande Bretagne par intérêt).

    De plus, même si ces alliances ont joué un rôle, reste à expliquer le pourquoi de celles-ci. Enfin, des personnalités, des gouvernements ont concrètement pesé en faveur de la guerre et de l’engrenage des alliances.
    Ainsi, le 20 mai 1914, le chef d’état-major général allemand Moltke demande à la Wilhelmstrasse (office des Affaires étrangères) de faire des préparatifs politico-militaires en vue d’une guerre préventive contre la Russie et la France.
    Ainsi, l’état-major autrichien voulait la guerre. Aussi le Royaume-Uni attendait la bonne occasion pour affaiblir l’Allemagne.
    Et enfin, le président de la République française Raymond Poincaré a largement pesé en faveur de la guerre au moment décisif fin juillet ; or, il s’agit d’une grande personnalité de la droite et du capitalisme français du 20ème siècle.

    3. Etait-ce un hasard malencontreux ? Ou l’histoire réécrite par les américains.

    Quiconque parcourt les ouvrages spécialisés récents peut constater la vogue d’une théorie importée des Etats Unis pour qui l’histoire et même ses conflits majeurs naissent essentiellement de la conjonction accidentelle d’évènements fortuits !
    L’américain A.J.P. Taylor en est l’exemple type lorsqu’il explique la Guerre de 14-18 comme l’aboutissement d’une succession de facteurs secondaires : hasards, incidents, manœuvres diplomatiques manquées, déclaration de guerre visant plus à intimider qu’à provoquer le conflit, plans de mobilisation soumis aux horaires de chemin de fer » pris pour une attaque en règle… !
    Cette théorie « américaine » non causaliste, pèse parmi les historiens français des 20 dernières années, malgré son aberration :
     « Plus un évènement est lourd de conséquences, moins il est possible de le penser du point de vue de ses causes réelles » (François Furet)
     « La question des causes de la guerre de 1914 est d’une extrême complexité et, dans une large mesure, il reste une part de mystère dans la manière dont les puissances européennes se sont laissées glisser vers la catastrophe » (Stéphane Audouin et Annette Becker dans  » La Grande guerre » chez Gallimard).

    4. L’attentat de Sarajevo, la bonne excuse !

    Le type « d’explications » ci-dessus domine aujourd’hui dans les manuels scolaires ; aussi, l’assassinat de l’archiduc héritier d’Autriche a bon dos. Comme si un évènement somme toute mineur pouvait déclencher une guerre mondiale sans raisons plus profondes. D’ailleurs, plusieurs personnalités politiques autrichiennes avaient expliqué dès 1919 comment cet assassinat avait été un prétexte !

    5. Le choix de la guerre par des régimes autocratiques confrontés aux mouvements sociaux et démocratiques. Une des causes probables.

    Ce choix d’une « bonne petite guerre » pour rassembler la « nation » autour de son « sauveur » ne fait pas de doute pour de nombreuses personnalités proches du pouvoir, à Vienne et à Moscou en particulier. La Russie par exemple est secouée en juin et juillet 1914 par des grèves générales massives, y compris dans la capitale Saint Pétersbourg.

    6. Comprendre le contexte socio-historique pour mieux cerner les causes de la guerre.

    Quelles sont les caractéristiques principales de la période 1900-1914 ?
     phase de développement économique très rapide alors que les institutions politiques, certaines encore empreintes de vestiges du mode de production féodal, ne s’adaptent pas aussi vite.
     phase de formation de nations. Les classes sociales favorisées détournent le mécontentement des couches populaires par l’exaspération du nationalisme. Dans ce processus apparaissent les courants militaristes préfascistes en Allemagne, Italie, France, Autriche… dont l’audience est réelle dans les milieux militaires par exemple.
     expansion impérialiste des nations capitalistes fondée sur la conquête coloniale de territoires, sur un rapport de force militaire, commercial et financier permanent pour gagner marchés et matières premières.

     » De nouvelles causes de conflit surgissent à chaque instant. Il s’élève des problèmes insolubles autant qu’il passe de jours ; une solution ici fait une crise ailleurs ; on ne dénoue qu’en nouant, comme dans la ficelle embrouillée » (Alain en 1913).

    7. Les besoins en profits du capitalisme financier, une cause certaine.

    Les profits du capitalisme financier qui s’appuient nécessairement sur un rapport de force économico-militaire pour récupérer les intérêts de dettes généralement illégitimes. Comme le résumait un grand banquier américain le 25 mars 1917 pour la revue Les Annales « Plus encore que le Kaiser, ce sont les banques de Berlin qui ont voulu la guerre ! » Voir le début de l’article.

    8. Quelques voix s’élèvent en vain.

    Les dirigeants socialistes ont tous insisté sur la responsabilité des antagonismes impérialistes dans l’engrenage qui va mener au déclenchement de la guerre.

     » Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée l’orage » dit Jean Jaurès avant d’être assassiné le vendredi 31 juillet 1914 à 21 h 40 trois jours avant la mobilisation générale. Son assassin, Raoul Villain, (le bien nommé) est acquitté en 1919 !!!

    « L’Europe entière suivra le tambour et seize à dix-huit millions d’hommes dans leur plus bel âge, la fleur des différentes nations, sortiront équipés des meilleurs instruments d’assassinat… Soit, vous prenez le parti d’en rire. Et bien, vous verrez le résultat : après la guerre, nous serons confrontés à une faillite massive, à la misère générale, au chômage universel et à une grande famine » (August Bebel au Reichtag, 9 novembre 1911)

    9. Le choc des impérialismes

    Une caractéristique du capitalisme apparaît : sa tendance à la concentration et à la mondialisation ne laisse pas de place à un équilibre des nations. La concurrence constitue leur principal rapport. Chaque pays (et son patronat) cherche à être plus puissant militairement, plus compétitif économiquement que les autres, plus apte à maîtriser les sources d’énergie et matières premières. Et aujourd’hui cela n’a pas changé.

    10. Le PETROLE et le Bagdad-Bahn – Le chemin de fer Berlin-Bagdad, la raison plus plausible.

    Voici un épisode assez peu connu en France.
    La fin de la deuxième moitié du XIXè siècle voit deux grandes puissances européennes s’affronter en terre d’Islam, plus précisément au Proche-Orient : l’Empire britannique et le 2è Reich de Guillaume II. Cette rivalité germano-britannique est très largement ignorée en France. Et pourtant, la compréhension profonde des antagonismes entre la puissance maritime britannique et la puissance terrestre allemande est capitale à connaître car elle a déterminé la Première guerre mondiale comme nous allons le voir.

    La compréhension de cette époque permet aussi de mieux saisir les enjeux de la guerre des Balkans à la fin du XXe siècle. En effet, les rivalités entre ces deux Empires s’expliquent en raison des volontés de contrôle, de production et d’acheminement d’une nouvelle énergie se substituant au charbon : LE PETROLE.

    Au tournant du XIXe siècle et du XXe siècle, la puissance maritime anglaise, maîtresse d’environ un cinquième des terres émergées, a besoin de maîtriser cette nouvelle énergie afin de conserver sa suprématie. En contrepartie, le jeune Empire allemand dont l’unité politique est récente (18 janvier 1871) cherche à obtenir une « place au soleil » selon les propres termes de l’empereur Guillaume II. Cette Allemagne au développement économique vertigineux se doit de trouver de nombreux marchés capables d’absorber les excédents de l’industrie germanique. Dès 1889, une véritable révolution se produit avec la naissance de liens politiques, économiques et militaires entre le 2e Reich et l’Empire Ottoman. La visite de Guillaume II à Istanbul en 1898 renforce ces liens.

    LE MONDE TURC D’ALORS EST BIEN PLUS VASTE QUE L’ACTUELLE TURQUIE.

    En effet, son territoire s’étend sur toute la péninsule arabique ; c’est-à-dire un ensemble qui sera appelé à se fragmenter après la guerre de 14-18 et qui a permis la naissance de l’Irak, du Koweït ou encore de l’Arabie Saoudite. L’existence prouvée de vastes réserves de pétrole en Mésopotamie au niveau de Mossoul et de Kirkouk aiguise les appétits germano-anglais. Déjà, l’Empire britannique a réussi à mettre la main sur de nombreux gisements pétroliers en Perse (actuel Iran) grâce à l’entremise d’un espion britannique, Sidney Reilly (né Sigmund Gjorgjevic Rosenblum). Son action permit la création d’une grande compagnie pétrolière britannique : l’Anglo-Persian Oil Company.

    LE BAGDAD-BAHN

    Cependant, cette victoire britannique était insuffisante. En effet, du fait des liens germano-turcs, Berlin mettait la pression pour réussir la construction d’une voie ferrée immense à partir des années 1890, le Bagdad-Bahn.


    Partant de Hambourg, passant par Berlin, traversant l’Empire d’Autriche-Hongrie allié du IIe Reich, cette voie ferrée était obligée pour des raisons techniques et géographiques de passer par la Serbie, alliée de la France et de la Grande-Bretagne, ennemie farouche du monde germanophone.

    La Serbie constituait le talon d’Achille pour l’Empire allemand. Cette voie, véritable cordon ombilical, traversait la Bulgarie (alliée de l’Allemagne) puis zigzaguait à travers toutes les vallées du territoire ottoman pour longer ensuite le territoire du Tigre et de l’Euphrate riche en pétrole. Elle devait par la suite aboutir jusqu’au Golfe persique (actuel Koweït).
    Berlin envisageait de construire une base navale qui aurait menacé mortellement la « perle de l’Empire » : les Indes britanniques. Outre le renforcement économique dans tous les domaines entre Istanbul et Berlin et la naissance d’une forme d’union douanière au profit de l’Allemagne entre tous les pays traversés par cette voie, cette dernière représentait un véritable oléoduc sur rail qui aurait, si le projet allait à son terme, assuré au IIe Reich une indépendance énergétique complète face à ses rivaux anglais, américain, français et russe.

    C’est donc une lutte à mort qui s’est engagée entre les Allemands et les Anglais. L’Empire britannique jouant sa place de première puissance ne pouvait pas admettre la réussite de l’Allemagne. Le Times de Londres du 3 octobre 1899 et le Financial News du 6 octobre 1899 révèlent, comme le rapporte l’économiste William Engdahl : « les fortes vues géopolitiques des milieux dirigeants de la politique étrangère britannique vis-à-vis du projet allemand de chemin de fer vers Bagdad ».
    Il ne faut donc pas s’étonner de voir Londres s’opposer avec acharnement au projet allemand, en particulier, par l’intermédiaire des guerres balkaniques au cours de la décennie précédant la guerre de 1914. Ainsi la Serbie alliée à la France et à la Grande-Bretagne représentait le talon d’Achille des ambitions allemandes car ce pays représentait le point de jonction pour établir une ligne ferroviaire complète entre, d’un côté, le bloc continental européen et, d’autre part, l’Asie occidentale à partir des rives du Bosphore. Ces guerres multiples entre la Bulgarie, la Serbie, la Roumanie etc et à combinaisons multiples freinaient et entravaient l’achèvement complet du Bagdad-Bahn.

    Il n’est donc pas étonnant de lire les propos du conseiller militaire anglais, R.G.D Laffan, au service de l’armée serbe avertissant que :

    « Si Berlin-Bagdad se réalisait, un énorme bloc de territoires continentaux inexpugnables par une puissance maritime et produisant toutes sortes de richesses économiques serait unifié sous l’autorité allemande (…) par cette barrière, la Russie serait coupée de la Grande-Bretagne et de la France, ses amis occidentaux (…). A cette distance, les armées allemandes et turques pourraient facilement mettre en danger nos intérêts égyptiens et, par le Golfe persique, notre Empire des Indes serait menacé. Le port d’Alexandrette et le contrôle des Dardanelles donneraient bientôt à l’Allemagne une puissance navale énorme en Méditerranée (…). Un coup d’œil à la carte du monde nous montre comment la chaîne des Etats s’étire de Berlin à Bagdad : l’Empire germanique, l’Empire austro-hongrois, la Bulgarie, la Turquie. Une seule petite bande de territoire bloque la voie et empêche les deux extrémités de la chaîne de se rejoindre : la Serbie. La Serbie est petite, mais reste rebelle entre l’Allemagne et les grands ports de Constantinople et Salonique, gardienne des portes de l’Orient […) La Serbie est véritablement la première ligne de défense de nos possessions orientales. Si elle venait à être brisée ou attirée dans le système Berlin-Bagdad, notre vaste empire mal défendu subirait rapidement le choc de la pression germanique vers l’Est ».

    L’attentat de Sarajevo le prétexte pour tout le monde

    L’attentat de Sarajevo, le 28 juin 1914, contre l’héritier du trône d’Autriche-Hongrie François-Ferdinand allume la guerre dans toute l’Europe. L’Allemagne y voit le prétexte pour prendre possession de la Serbie. Mais en fait, cette guerre permet à l’Angleterre de jouer son va-tout. En effet, même si la guerre épuise des forces humaines et matérielles au Nord-Est de la France et sur le front russe ; l’Angleterre ne perd pas de vue que les intérêts de sa politique passent par l’anéantissement du Bagdad-Bahn Il s’agit de détruire de fond en comble le projet allemand du contrôle de production et d’acheminement du pétrole en provenance de Mésopotamie et empêcher l’émergence d’un bloc continental économiquement unifié allant de Hambourg jusqu’aux rives du Chatt-el-arab (réunion du Tigre et de l’Euphrate et qui se jette dans le golfe Persique)

    Image de la construction du Bagdad-Bahn

    Le choc des nations et des nationalismes

    La création des nations est un phénomène récent en 1914. Il est évidemment le produit du développement des économies nationales et de l’aspiration des peuples à la constitution d’identités politiques dans lesquelles ils puissent améliorer leur sort.

    La Russie, l’Autriche Hongrie et l’Etat ottoman
    Ce sont des empires multiethniques sinon multinationaux avec une classe politique dirigeante présentant encore des aspects féodaux en 1914.
    L’Allemagne
    Elle a mené trois guerres successives avant de créer son empire en 1871. Comme dans les trois pays ci-dessus, le poids politique de l’armée et de l’orgueilleuse noblesse est très important. L’influence de courants nationalistes préfascistes ne doit pas être négligée.
    Voici par exemple une citation d’Ernst Hasse, président de la Ligue pangermaniste en 1905 :
     » L’égoïsme sain de la race nous commande de planter nos poteaux frontières dans le territoire étranger, comme nous l’avons fait à Metz, plutôt […] Ces terres coloniales de l’avenir se composent […] des vastes territoires occupés par les Polonais, les Tchèques, les Magyars, les Slovaques, les Slovènes, les Ladins, les Rhétiens, les Wallons, les Lituaniens, les Estoniens et les Finlandais. Tant que les territoires de ces petits peuples, mal faits pour créer des Etats nationaux, n’auront pas été répartis entre les grands Etats de l’Europe centrale, l’Europe ne pourra jamais avoir, n’aura jamais la paix. Cette répartition coûtera naturellement de dures guerres ».

    La Serbie,
    Elle est indépendante depuis 1878, a mené ensuite guerre sur guerre pour s’agrandir ; elle va jouer un rôle clef en 1914. L’étude de ce pays est intéressante car on suit très bien les objectifs de la bourgeoisie serbe, dans la constitution d’un marché spécifique, d’un Etat indépendant, d’une vision mythique et mystificatrice de « la » nation historique serbe.

    Le royaume d’Italie
    Il se fonde en 1861. Une vision mythique et mystificatrice de la nation italienne a-t-elle été développée comme en Serbie ? Bien sûr.
    Voici par exemple un texte de Mazzini, extrait de République et royauté en Italie :
    « L’indépendance, c’est à dire la destruction des obstacles intérieurs et extérieurs qui s’opposent à la constitution de la vie nationale, doit donc s’obtenir non seulement pour le peuple, mais par le peuple. La guerre par tous, la victoire pour tous […]
    Créer : créer un peuple ! Il est temps, ô jeunes gens, de comprendre combien est grande, religieuse et sainte l’œuvre que Dieu vous confie. Elle ne saurait s’accomplir […] que par l’exemple vivant donné aux multitudes d’une vertu austère, par les sueurs de l’âme et les sacrifices du sang […] par l’audace de la foi, par cet enthousiasme solennel, indomptable, inaltérable qui remplit le cœur de l’homme lorsqu’il ne reconnaît pour maître que Dieu […], pour unique but l’avenir de l’Italie »
    .
    La France
    Il s’y développe aussi le sentiment national de 1870 à 1914 sur des mythes historiques (Vercingétorix, Clovis, Jeanne d’Arc…) et des références souvent « spirituelles », xénophobes (pour la droite). Tel est le cas par exemple lors de la célèbre conférence d’Ernest Renan le 11 mars 1882 :
    « La nation comme l’individu, est l’aboutissement d’un long passé d’efforts, de sacrifices et de dévouements. Le culte des ancêtres est de tous le plus légitime ; les ancêtres nous ont fait ce que nous sommes. Un passé héroïque, des grands hommes, de la gloire (j’entends de la véritable), voilà le capital social sur lequel on assied une idée nationale […] »
    Entre cette conception de la nation et la conception allemande fondée sur le sang, il n’y a pas grande différence.

    Pour terminer ce rapide tour d’horizon des nations et des nationalismes avant 1914, voici ce qu’écrivait l’historien suédois, très éclairé, Harold Hjarne dans le journal Svenska Dagblade le 31 décembre 1899 :
    « En ces dernières heures du siècle, je voudrais méditer sur l’une des forces qui ont été à la fois les plus créatrices et les plus dissolvantes … le nationalisme… Certes, les tendances nationales ont aussi servi la culture […] Mais ces avantages pèsent moins lourds que les inconvénients qui en ont résulté et qui ont fait du nationalisme le facteur politique dominant. La haine de tout ce qui est étranger […] transforme rapidement le sentiment national en un instinct qui échappe au contrôle de la raison […] Le nationalisme, en se combinant avec d’autres forces, nous conduit irrésistiblement vers de nouvelles catastrophes. »

    Antagonismes et buts de guerre des belligérants.

    Le capitalisme des années 1848 à 1914 passe essentiellement par le cadre politique des nations. Celles-ci promeuvent toutes une idéologie nationale censée unifier la population autour d’une même histoire mythifiée dans laquelle les grands conquérants du pays jouent un rôle central. Ce contexte psychologique explique la façon dont les peuples ont pu « tenir » si longtemps durant une guerre aussi horrible.

    Le rôle des antagonismes entre nations européennes dans le déclenchement de la guerre est évident, antagonismes économico-financiers mais aussi géopolitiques.
    « Si l’orage surgit tout à coup, en juillet 1914, c’est que […] les crises s’y succèdent depuis le début du siècle, de plus en plus violentes et rapprochées : dans les Balkans, les Russes ne veulent pas laisser les Autrichiens accéder à la Méditerranée en débouchant sur Salonique. Allemands et Autrichiens ne veulent pas davantage que les Russes pèsent sur les Détroits en dépeçant l’Empire turc malade. Les Anglais voient d’un mauvais œil les Allemands prendre pied en Turquie […] »

    C’est sans doute en pointant les buts de guerre des nations belligérantes que l’on comprend le mieux les antagonismes entre les impérialismes européens en 1914. Rappelons que plusieurs tentatives de médiation ont été faites, en particulier en 1916, et qu’elles ont achoppé sur ces antagonismes.

    La France a communiqué ses objectifs à son allié russe : récupération de l’Alsace-Lorraine, annexion de la Sarre allemande (mines de charbon, sidérurgie) convoitée par les maîtres des forges, création d’un Etat tampon sur la rive gauche du Rhin pour soustraire la Ruhr industrielle au capitalisme allemand. De plus, la France convoite des colonies allemandes et attise depuis longtemps les revendications identitaires des « nationalités » de l’Empire austro-hongrois ; ce dernier choix implique un soutien indéfectible de la France au nationalisme serbe.

    L’Allemagne a annexé l’Alsace et la Lorraine en 1871, source d’une guerre à venir contre la France (comme l’a bien analysé Marx immédiatement). Elle veut vassaliser la Belgique et mettre la main sur son Congo.

    La Grande Bretagne pousse à l’éclatement de l’Empire ottoman en soutenant le nationalisme arabe et le sionisme. Pour se protéger, les Turcs s’allient à l’Autriche et à l’Allemagne.

    Dans les Balkans, Serbie et Bulgarie sont en guerre en 1913, la première soutenue par la France, la Russie et la Grande Bretagne, la seconde par l’Autriche et l’Allemagne.

    Même sur les océans, l’antagonisme est réel. La Grande Bretagne vit dans le mythe exalté de l’île indomptable protégée par une marine maîtresse du monde. Le développement rapide de la flotte et du commerce allemands l’inquiètent. Aussi, lorsque le président américain Wilson demande à Londres ses buts de guerre, le désarmement de la marine de guerre allemande constitue un objectif primordial.

    On pourrait faire le même type de remarque sur l’antagonisme des belligérants en ce qui concerne le Détroit des Dardanelles, le Caucase ou l’or d’Afrique du Sud.

    En février 1917, la victoire paraît se dessiner en faveur de la France et de ses alliés. Aristide Briand (chef du gouvernement) déclare que seuls les pays combattants et vainqueurs auront leur place à la table des négociations pour le nouveau partage du monde.

    Les Etats-Unis pressent leurs préparatifs et entrent rapidement en guerre en avril 1917 ! Il n’est jamais trop tard pour bien faire !

    En conclusion

    « On croit mourir pour la patrie ; on meurt pour des industriels capitalistes» (Anatole France)

    Dans sa thèse de doctorat, Félix Kreisler résume bien la question « S’il est vrai que l’empereur allemand, sous l’influence des généraux, des banquiers et des industriels qui voulaient conquérir de nouveaux marchés porte une responsabilité particulièrement grave, s’il est vrai que l’attitude arrogante de l’Autriche-Hongrie dans l’affaire de l’ultimatum à la Serbie a accéléré la déflagration, on ne peut en aucun cas dire que ces puissances centrales supportèrent à elles seules la responsabilité de la guerre… »


  • Est-ce ainsi que les hommes vivent ?


    Une femme porte un masque pour se protéger contre la pollution alors qu’elle attend de traverser la rue dans un fort smog le 8 décembre 2015 à Pékin, en Chine. (Kevin Frayer/Getty Images)

    Pollution de l’air en Chine : une étude confirme le décès de 1,1 million de personnes chaque année

    La pollution de l’air influe non seulement sur le physique de la personne mais peut également nuire à la santé mentale.
    Rien qu’en France, environ 48 000 décès sont liés à la pollution de l’air chaque année.
    Et qui plus est, 7 millions de personnes sur la planète décèdent annuellement des suites de la pollution de l’air d’après l’Organisation mondiale de la santé. En outre, dit-elle, on respire le mieux en Finlande et moins bien en Chine.
    Deux polluants atmosphériques, le taux de particules fines PM 2,5 et l’ozone troposphérique, sont responsables de la mort de 1,1 million de personnes chaque année en Chine et causent des dommages économiques d’une valeur de 267 milliards de yuans, soit 33,7 milliards d’euros, selon une nouvelle recherche menée par l’Université chinoise de Hong Kong (CUHK).
    Selon certaines estimations, les décès annuels des suites de la pollution s’élèveraient à 1 000 habitants à Hong Kong.
    En outre, la pollution atmosphérique en Chine détruit également 20 millions de tonnes métriques de cultures, dont le soja, le maïs, le riz et le blé, selon la même étude.

    Particules fines PM 2,5

    Les PM2,5 sont un type de particules fines d’un diamètre inférieur ou égal à 2,5 micromètres, soit environ 3 % de la largeur d’un cheveu humain. Les particules sont produites par la combustion du charbon ou les émissions des voitures. Les particules PM2,5 peuvent s’accumuler dans les poumons et la circulation sanguine, où elles peuvent causer des mutations de l’ADN, des crises cardiaques, des problèmes respiratoires et des décès prématurés.

    L’ozone troposphérique

    L’ozone troposphérique, produit par la combustion de combustibles fossiles, est un problème croissant en Chine et à Hong Kong. Il cause des problèmes respiratoires et cardiaques et entrave la photosynthèse des plantes.
    En juin, les gouvernements régionaux de Hong Kong, de Macao et de la province du Guangdong ont publié un rapport conjoint indiquant qu’au cours des 6 dernières années, les concentrations d’ozone dans la région côtière du sud de la Chine ont augmenté de 16 % annuellement, pour atteindre de nouveaux sommets en 2017.
    En décembre 2013, Chen Zhu, ancien ministre chinois de la Santé, a publié un article sur The Lancet, dans lequel il affirmait que 350 000 à 500 000 Chinois décédaient chaque année à la suite d’une pollution atmosphérique intenable. M. Chen a qualifié la pollution de l’air comme la « quatrième plus grande menace pour la santé du peuple chinois », après les maladies cardiaques, une mauvaise alimentation et le tabagisme.
    Ces dernières années, en plus des pays voisins comme le Japon, la Corée du Sud et Taïwan, même l’ouest des États-Unis a identifié des polluants en provenance de Chine. Rob Schmitz du NPR a cité des scientifiques qui ont avancé que « la pollution de l’air en Asie a contribué à augmenter de 65 % la pollution de l’ozone occidental ces dernières années ».
    Stephanie Ewing, chercheuse postdoctorale de l’Université de Californie à Berkeley, dans le sud-ouest des États-Unis, a rapporté en 2017 que « 29 % de la pollution dans la région de la baie de San Francisco vient de Chine ».


  • Le changement climatique va décimer la vie sur terre

    Le changement climatique va décimer la vie sur terre, à qui la faute ?

    Un scientifique britannique de premier plan Mayer Hillman professeur émérite à l’Institut des Etudes politiques de l’Université de Westminster, a averti que le changement climatique va décimer la vie sur terre, et même si la tendance pourrait théoriquement être inversée, cela n’aura pas lieu, parce que la société est trop dépendante des énergies fossiles qu’elle ne devrait pas utiliser.

    Nous sommes condamnés comme des malades en phase finale.

    « Nous devons arrêter d’utiliser des énergies fossiles », a déclaré Hillman dans un entretien publié jeudi dans le quotidien britannique le Guardian. « Il y a tellement d’aspects de la vie qui dépendent des énergies fossiles, à part la musique, l’amour, l’éducation et le bonheur. Nous devons nous concentrer sur ces éléments, qui utilisent très peu d’énergies fossiles ! »
    Hillman a dit que plutôt que d’essayer d’être optimiste sur le futur, l’humanité devrait accepter sa disparition inévitable, car cela pourrait nous encourager à chercher ce qui peut être fait pour retarder l’échéance, comme pour ceux qui souffrent d’une maladie en phase terminale.
    « Nous sommes condamnés », a déclaré Hillman au sujet des émissions de carbone conduisant à l’augmentation des températures sur terre. « L’issue est la mort, et l’extinction de la plupart de la vie sur la planète parce que nous sommes tellement dépendants de l’utilisation des énergies fossiles. Il n’y a pas de moyens de renverser le processus qui conduit à la fonte de calottes glaciaires aux pôles. Et peu de gens semblent prêts à le dire car la majorité s’en fout ».

    De grandes migrations climatiques à venir

    Alors que les températures augmentent, « la population mondiale se dirigera vers les régions de la planète comme le nord de l’Europe qui sera temporairement épargnée par les effets extrêmes du changement climatique, a-t-il déclaré. Comment ces régions vont-elles réagir ? Nous le voyons maintenant.
    On empêchera les migrants de venir. Nous les laisserons se noyer ! On a une certaine expérience … !

    Les dirigeants mondiaux, y compris les scientifiques et les personnalités religieuses, ne traitent pas le problème parce que la société n’est pas organisée pour leur permettre de le faire. J’ajouterai que ce n’est pas dans l’intérêt des dirigeants mondiaux, je parle de ceux qui détiennent les cordons de la finance mondiale.
    « Les partis politiques se focalisent sur l’emploi et le PIB, qui dépendent de la consommation des énergies fossiles. Même si le monde n’émettait pas de carbone aujourd’hui, cela ne nous sauverait pas, et cela parce que nous avons franchi le point de non retour ».

    Les actions individuelles aussi belles qu’inutiles.

    Certains renoncent à prendre l’avion en signe d’engagement pour réduire leurs empreintes carbone. D’autres ne mangent plus de viande ou roulent avec des voitures électriques qui en bout de chaine sont tout aussi polluantes. Ils économisent le carburant de leur véhicule et achètent leurs biens de consommation venant de Chine dans des supers porte-conteneurs propulsés par un moteur diesel de 64 MW (87 000 CV) et consommant 330 tonnes de fuel par jour !
    Comment pourrait-il être possible d’arrêter toutes les émissions dans l’économie mondiale, des voyages à l’agriculture en passant par le chauffage, l’industrie et avec une augmentation constante de la population humaine. Je doute qu’un tel changement soit réellement possible.
    « Pouvez-vous imaginer que tout le monde, dans une démocratie, soit prêt à arrêter de prendre l’avion ? Pouvez-vous imaginer voir la majorité de la population devenir végétarienne ? Pouvez-vous voir la majorité de la population accepter de limiter la taille de leurs familles ? »
    Quelques uns par-ci par-là c’est inutile ! C’est foutu !

    L’action pour arrêter le changement climatique désastreux doit surmonter l’obstacle du capitalisme.

    « Le capitalisme se dresse sur le chemin », a déclaré Hillman. Il est destructeur mais il est dans les gènes de l’humanité. Pouvez-vous imaginer les industries aéronautique, automobile ou navale mondiale être démantelés alors que des centaines de nouvelles pistes sont construites maintenant dans le monde entier et les bateaux de plus en plus gros ? C’est presque comme si nous voulions délibérément tenter de défier la nature. Nous allons dans le sens opposé de ce qui devrait être fait, avec l’accord tacite de tout le monde, et si certaines personnes lèvent le petit doigt, c’est dérisoire ».
    Les participants à la conférence de Copenhague en 2018 sont quand même parvenus à une sorte d’accord hypocrite : ils se sont débarrassés de la patate chaude du réchauffement climatique en faisant tous en chœur le vœu pieux de ne pas dépasser un réchauffement de 2°C (plus personne ne rêve qu’il n’y aura aucune hausse de température…).
    La valeur de 2°C serait celle qui permettrait de maîtriser encore les conséquences du réchauffement climatique. Au-delà, c’est l’inconnu, éventuellement dramatique.

    Leur conclusion : « Voilà c’est dit, démerdez vous avec ! »


  • Terroristes ! Les Palestiniens le sont-ils ?


    © Inconnu

    Source : Daniel Vanhove Mondialisation.ca ven., 28 sept. 2018 22:14 UTC

    Soyons clair : il n’y a pas de « terrorisme » palestinien, et il n’y en a jamais eu !

    Quand ils s’expriment à propos de la Palestine, les militants qui la soutiennent doivent s’affranchir du discours ambiant qui les amène à s’autocensurer, et être cohérents. Particulièrement, quand il s’agit du mot « terrorisme ». Tout le monde sait aujourd’hui l’importance des mots. Et il convient donc d’utiliser ceux-ci avec précision : il n’y a pas de « terrorisme » palestinien, et il n’y en a jamais eu !

    Il y a une population qui se défend d’ennemis extérieurs venus les agresser, les voler et si possible les éliminer ! Et ils finiront par y arriver !
    Quand un peuple est envahi, occupé et colonisé par des forces extérieures, ce sont ces forces extérieures qui agissent comme « terroristes ». Et ceux qui subissent cette agression utilisent les moyens qui sont à leur portée pour s’en défendre.

    Il n’y a donc-là de leur part, aucune intention ni comportement « terroriste ». Juste la détermination absolue de ne pas se soumettre à la violence de l’occupant et à défendre leur terre, leur famille, leur vie, par une résistance radicale qui peut revêtir divers aspects.

    Dans n’importe quelle situation d’agression à l’encontre d’un peuple, il est reconnu le droit à ce peuple de se défendre « par tous les moyens nécessaires ». Je renvoie ici aux textes officiels du Droit international :

    La Résolution 2621 XXV, du 12.10.1970 des Nations Unies affirme « le droit inhérent des peuples coloniaux de lutter par tous les moyens nécessaires contre les puissances coloniales qui répriment leur aspiration à la liberté et à l’indépendance. »

    Cette légitimation du droit à la résistance est confortée par l’article 1er paragraphe 4 du premier protocole additionnel de Genève du 08.06.1977 aux termes duquel, parmi les conflits armés internationaux, figurent ceux « dans lesquels les peuples luttent contre la domination coloniale et l’occupation étrangère et contre les régimes racistes dans l’exercice du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, … »

    Pourquoi donc en serait-il autrement pour les Palestiniens ?

    Il n’y a qu’une vicieuse propagande médiatique bien orchestrée qui a désigné et stigmatisé les Palestiniens sous l’appellation fallacieuse de « terroristes ». Quand ils n’étaient et ne sont toujours que des résistants à l’encontre d’une machine de guerre redoutable et sophistiquée jusque dans les termes de sa communication, comme on peut le voir par cet exemple.

    En son temps, les Allemands qualifiaient aussi les résistants de « terroristes ». Et il en va ainsi de tous les Etats qui rencontrent une résistance à leurs entreprises belliqueuses et coloniales. Les Français qualifiaient les Algériens de la même manière ; les Américains faisaient pareil avec les Vietnamiens ; etc… Et aujourd’hui, l’Iran que l’alliance USA-Arabie saoudite-Israël voudrait briser, est accusé dans les mêmes termes. C’est non seulement inexact, mais totalement infondé.

    En réalité, et il ne faut pas avoir peur des mots : les Palestiniens ont été confrontés à un « terrorisme d’Etat » dès lors que le gouvernement d’Israël autoproclamé de 1948 – (puisque selon les textes officiels toujours, l’Etat d’Israël ne pouvait exister que dans la stricte mesure où existait un Etat de Palestine à ses côtés) – a décidé d’envahir tout le territoire palestinien par la force et la barbarie militaire contre des populations désarmées.

    Le terroriste est-il l’agresseur ou l’agressé qui se défend ?

    Cette notion est capitale, parce qu’elle renverse les paradigmes : ce ne sont plus les autochtones qui sont des « terroristes » quels que soient les moyens qu’ils utilisent pour se défendre, mais ceux qui les agressent. Ainsi, ce ne sont pas les Algériens qui étaient des « terroristes », mais l’Etat français ; et ce ne sont pas les Vietnamiens qui étaient des « terroristes » mais les Etats-Unis, et ainsi de suite…

    Aujourd’hui, cela implique que les dizaines de pays – il est question de 86 pays ! – qui participent de près ou de loin à l’agression contre la République arabe syrienne reconnue comme telle par l’ONU, sont des Etats « terroristes » … qui font de chacun de leurs citoyens – c’est-à-dire, nous – des complices de ce « terrorisme » étatique, même sans le vouloir !

    Chaque citoyen peut comprendre dès lors la gravité d’un mot mal utilisé. Et les conséquences qui en découlent.

    Il faut donc avoir le courage de regarder les choses en face : si, en tant que citoyens, nous n’agissons pas ni ne dénonçons les aventures guerrières extérieures menées par nos Etats, nous devenons alors complices de pays qui pratiquent le « terrorisme » à grande échelle.

    Résistants ou terroristes.

    A l’inverse, les citoyens des pays qui résistent d’une manière ou d’une autre, à une agression extérieure qui leur est menée, sont des résistants.

    Si demain, une puissance extérieure nous menace et nous agresse, nous nous défendrons par tous les moyens disponibles, et cela ne fera pas de nous des « terroristes » mais des résistants.

    Il n’y a aucune raison que cela soit différent pour les Palestiniens. Ce sont bien des résistants et les « terroristes » sont en l’occurrence, l’Etat (factice) d’Israël et les nôtres qui le soutiennent, puisque par leurs choix politiques nos gouvernements tombent dans la catégorie de « terroristes » dans la mesure où ils collaborent avec un gouvernement qui mène une guerre coloniale et pratique un apartheid dénoncé par les plus hautes instances internationales.

    Et nos Etats, complices de cette situation, nous entraînent chacun dans leur sillage si nous ne les dénonçons pas.

    Quand l’Etat (factice) israélien revendique à tout bout-de-champ, « le droit à se défendre des attaques terroristes palestiniennes », c’est un abus de langage. Il se fait passer – comme toujours – pour l’agressé alors qu’il est l’agresseur. Et nous ne pouvons relayer une telle communication mensongère au risque de devenir complice de l’occupant. Question de cohérence.

    A ce jour, le constat est accablant : nos pays occidentaux se coalisent dans des aventures guerrières extérieures faisant ainsi de nous des « terroristes » passifs. Nous ne résistons à aucun Etat qui nous agresse, mais en revanche, nos armées participent à leur agression à travers des coalitions plus que douteuses que nous impose – sous peine de sanctions (!) – l’Etat le plus « terroriste » qui soit tant il multiplie les guerres dans le monde : les Etats-Unis d’Amérique.
    Lire :

    L’armée de Trump largue une bombe toutes les 12 minutes et personne n’en parle

    Apprenons donc à être prudents dans l’usage des mots, rendons-nous compte de leur portée et ne relayons pas automatiquement les formules trompeuses du gotha politico-médiatique.

    Dénonçons-les !


  • Les évêques de France disent : « la PMA Non ! La pédophile Non, peut-être !(1) »


    (1) « Non, peut-être » : expression belge signifiant « Oui, finalement ! » Exemple :
    – tu veux une bière ?
    – Non peut-être ! Merci!

    Ce qui est dit haut et fort, concernant la PMA.

    Dans une déclaration commune, publiée jeudi 20 septembre 2018, l’ensemble des évêques de France réaffirment leur opposition à l’extension de la procréation médicalement assistée (PMA) aux femmes célibataires et aux couples de lesbiennes, insistant sur l’importance de la « référence paternelle ».
    Dans leur grande connaissance de la paternité ils ajoutent : « La suppression juridique de la généalogie paternelle porterait atteinte au bien de l’enfant, qui serait privé de sa référence à une double filiation. Cela encouragerait socialement la diminution, voire l’éviction des responsabilités du père ».

    Et concernant la pédophilie du clergé, pas de vagues !

    Comment, dans certains pays, sur une large échelle – aux États-Unis, au Chili et en Irlande, par exemple -, la pédophilie a-t-elle prospéré là où, plus qu’ailleurs, elle aurait dû être refusée, combattue ? Comment des prêtres, des évêques et des cardinaux ont-ils eu l’impudence de profiter des rapports de confiance, des liens de dépendance pour soumettre des mineurs au pire, à la dévastation de leur intimité en les persuadant un temps que c’était pour leur bien ?

    Globalement, la hiérarchie catholique, en France, n’a pas été brillante non plus. Cela va mieux depuis quelque temps parce qu’à force de révélations et de turpitudes, il n’était plus possible de tout étouffer sous le boisseau du silence, du secret et d’une honteuse connivence institutionnelle. Les victimes parlent et la souffrance dérange les arbitrages et les compromis douteux.

    On a le devoir de réfléchir sur cette intrusion en force de l’intolérable dans l’univers catholique. Je ne crois pas qu’elle résulte de l’obligation du célibat. La pédophilie sévit à partir de l’expression d’un rapport et d’une appétence totalement pervers avec l’enfant qui est perçu comme objet de désir au lieu d’être appréhendé comme un être à aimer.

    Quand une institution prétend donner des leçons de moral à toute la société, civile et religieuse, elle doit être irréprochable dans sa conduite et son enseignement.

    Non, peut-être !


  • Palestine – Ahed Tamimi libérée : Telle fille… telle mère !


    Source : Par Narimane Tamimi Mondialisation.ca
    Ahed Tamimi, la jeune palestinienne de 17 ans, incarcérée dans la prison Sharon, en Israël, a été libérée ce matin. Elle avait été arrêtée le 15 décembre 2017 pour avoir giflé un soldat israélien. Sa mère, Narimane, qui aurait osé poster une vidéo de l’altercation, a partagé son sort. Voici « la petite chose » que cette mère a voulu dire au monde une fois rentrée dans son village [NdT].

    « Bonsoir à tous et merci à tous les journalistes ici présents et à toutes les personnes qui se sont donné de la peine pour nous.
    C’est pour nous une immense fierté que nous soyons solidaires, que nous soyons l’arbre et vous, ses racines.
    Je ne répéterai pas ce que Ahed vient de dire, je vous dirai juste une petite chose.
    Moi, une mère, j’ai une fille qui a été en prison et c’est en prison que j’ai appris l’incarcération de mon fils qui est toujours incarcéré.
    J’adresse mon message à toutes les mères et à tous les pères :
    Nous ne devons pas avoir peur pour nos enfants.
    Tel le sel qui se dissout dans l’eau, nos enfants sont le sel de cette terre.
    Notre force est que nous existons.
    Laissez nos enfants se lancer.
    Laissez nos enfants agir comme ils l’entendent.
    Même à l’intérieur des maisons, nos enfants meurent.
    Et à l’extérieur des maisons, ils meurent aussi.
    Au moins, qu’ils meurent en affrontant cette occupation pour la repousser.
    Notre foi est en eux, dans leur mental.
    [Notre foi est] dans le mental de nos enfants et dans notre cause.
    Notre lutte nationale et populaire est le chemin de notre victoire.
    Merci. »


  • Les erreurs d’un labo chinois devraient provoquer des cancers en Europe


    Source : EURACTIV.fr avec l’AFP

    Les impuretés contenues dans une molécule fabriquée en Chine pour l’industrie pharmaceutique vont provoquer des cas de cancer en Europe, a prévenu jeudi l’Agence européenne des médicaments (EMA).
    Le problème vient du valsartan, principe actif de médicaments pour patients en cardiologie (insuffisance cardiaque, hypertension artérielle, infarctus cardiaque récent).

    Le 18 juillet, le laboratoire chinois Huahai avait rappelé dans le monde entier cette molécule, en raison de la présence de N-nitrosodiméthylamine (NDMA), une substance classée comme probablement cancérogène pour l’homme en cas d’utilisation prolongée.

    1 cas de cancer supplémentaire sur 5 000 selon l’EMA

    « À l’issue d’une évaluation préliminaire, l’EMA estime qu’il pourrait y avoir un cas supplémentaire de cancer sur 5 000 patients prenant les médicaments touchés à la plus haute dose de valsartan (320 mg) chaque jour pendant sept ans », a écrit l’agence européenne dans un communiqué. Ce qui signifie que le risque est beaucoup plus grand !
    L’EMA a indiqué ne pas savoir combien de patients cela concernerait, car elle attend des analyses qui permettront de déterminer la concentration de NDMA dans les médicaments en question.

    Pour le moment, elle a dit se fonder « sur les niveaux moyens de cette impureté détectés dans la substance active par Zhejiang Huahai Pharmaceuticals (60 parties par million) » et sur « des études sur des animaux ».
    Par ailleurs, la molécule ayant été retirée du marché, l’EMA a insisté pour que les patients continuent leur traitement.

    Pas de risque immédiat toujours d’après EMA

    « Il est important de noter qu’il n’y a pas de risque immédiat pour les patients. Ceux qui prennent les médicaments touchés et ne sont pas encore passés à un autre ne doivent pas cesser de prendre leur traitement sans consulter leur médecin ou pharmacien », a-t-elle souligné !

    Les autorités européennes pensent que l’impureté « s’est introduite comme produit secondaire après des changements effectués par Zhejiang Huahai dans son processus industriel en 2012 », a expliqué l’EMA.
    On pense que … on croit que … on estime ! Voilà qui est rassurant.


  • Recette de travers de porc aux épices … une tuerie !


    Le travers et un des meilleurs morceaux du porc avec les joues et les pieds ! … Hé oui !

    Ingrédients

    • 1.500gr de travers de porc coupé en morceaux.

    • 4 c.soupe de sauce soja épaisse
    • 8 c.soupe de sauce soja claire
    • 4 c.soupe de sucre
    • 25 dl d’eau
    • Un filet d’huile
    • 10 gousses d’ail
    • 5 c.café de Poivre noir moulu de Sarawak de Malaisie (si possible, ou un bon poivre noir)
    • 3 étoiles d’anis étoilé
    • sel
    • 4 c.café de graines de coriandre mixées
    • 1 c.café de graines de fenouil mixées
    • 1 c. café clous de girofle mixée
    Vous pouvez, si vous le souhaitez et c’est mieux, torréfier ces 3 dernières épices avant de les mixer ensemble. Pour ce faire mettez une poêle sur feu vif, et versez les épices en grains à griller 2 ou 3 min pour qu’elles dégagent plus de saveur.
    • 2 bâtons de cannelle de Ceylan :
    Les deux grandes sortes sont la cannelle de Ceylan (Sri Lanka) qui s’appelle Cinnamomum verum (ce qui veut dire “cannelle vraie“)

    et non de la cannelle de Chine (ci-dessous) qui a envahit le marché, qu’on appelle également la Casse (Cinnamomum cassia).

    Elles ne sont pourtant pas de même valeur énergétique ni gustative, car la Casse contient de la coumarine, une substance qui peut se révéler toxique à forte dose entraînant des problèmes au niveau du foie et des poumons. Son parfum est beaucoup moins subtil.

    Préparation

    Pelez l’ail et écrasez grossièrement les gousses.

    Fais chauffer l’huile dans une sauteuse et fais-y bien revenir les morceaux de porc sur toutes les faces à feu vif quelques minutes.

    Ajoutez les gousses d’ail écrasées.

    Baissez le feu. Ajoute alors tous les autres ingrédients et laissez mijoter à couvert, à feu très doux, durant 2h à 2h30

    Dégraissez en enlevant tout le gras rendu en surface. Le travers de porc peut rendre beaucoup de gras sous forme liquide. Par contre le gras restant avec la viande est délicieux cuit de cette façon.

    Rectifiez l’assaisonnement avec un peu de sel, si nécessaire.

    Comme tous les plats mijotés, ces travers de porc sont délicieux le jour même et encore meilleures réchauffés les jours suivants ! Avec un bon riz Basmati, bien sûr !


  • Google continue à nous prendre pour des billes !

    Avez-vous constaté comment Google nous harcèle, notamment via nos compte Gmail ?

    Avec ce message récurent : « Google a bloqué une tentative suspecte de connexion à votre compte avec votre mot de passe. »
    Sous le prétexte de la sécurité il tente d’obtenir nos N° de portables et/ou d’autres adresses email. Le principe est simple, vous voulez accéder à vos mails et Google vous refuse la connexion sous prétexte que peut-être ce n’est pas vous qui essayez de vous connecter.
    S’ensuit une longue procédure ou il faut fournir N° de téléphone, lieu d’habitation, Adresse mail dite de récupération des données etc.
    Et tous ces renseignements enrichissent leur base de données qui est revendue, car on a dit OUI à leur politique de confidentialité, puisqu’on n’avait pas le choix de dire NON !!!


  • Non aux Lamelles d’Encornet Géant saumurés :

    Depuis une bonne dizaine d’année les encornets géants sont maintenant très présents sur nos étals de poissonneries. On les trouve sous forme de longues, épaisses, et blanches lamelles malheureusement à un tarif avantageux.
    C’est pourquoi on le trouve partout aussi bien chez les traiteurs que chez les particuliers qui croient pouvoir faire avec: Paella, rouille sétoise, à la romaine, à l’armoricaine, persillé etc. Alors que c’est dégueu.

    L’encornet géant (Dosidicus gigas) ou Calmar de Humboldt est aussi appelé Diable rouge par les populations de pêcheurs de l’Est américain. On le trouve du chili jusqu’en Californie avec une forte présence dans le courant froid de Humboldt au Pérou. C’est un prédateur vorace qui s’attaque à tout ce qui lui parait mangeable. Même ses congénères

    Dosidicus gigas est un calmar géant qui peut atteindre 4 mètres de long et peser jusqu’à 50 kg.
    C’est l’omnivore type des océans. Et c’est l’une des raisons de son incroyable développement, jusque dans nos assiettes.

    Il s’est récemment rapproché des côtes tout en augmentant sa zone de prédation: il était très rarement près de la surface il y a cinquante ans, mais on le trouve maintenant de la surface à 2 000 mètres de profondeur.
    L’ogre bénéficie d’autres avantages. Par exemple, la surpêche fait que les prédateurs naturels des «bébés» calmars diminuent, faisant grimper leur espérance de vie.

    Qu’est-ce que je lui reproche :

    1. Sa provenance du Pacifique-Est c’est une des zones les plus polluées et contaminées notamment depuis que Fukushima rejette volontairement et involontairement ses millions de m3 d’eaux contaminées que l’on retrouve jusqu’aux cotes de la Californie à l’Alaska.
    2. La médiocrité de sa chair qui réduit énormément à la cuisson, on croit en avoir plein et il ne reste pas grand-chose.
    3. Son insipidité ! Rien à voir avec les seiches ou les calamars « normaux ». La texture de Dosidicus gigas est molle avant d’être dure quand c’est trop cuit.
    4. Son mode de conservation, c’est conditionné dans des emballages en plastique, et ça baigne dans une saumure dont on nous dit :

    Lamelles d’Encornet Géant saumurés : A consommer de temps en temps avec modération.

    Caisse polystyrène : 5 kg
    (Dosidicus gigas) Pêchée dans l’Océan Pacifique
    Sud-Est. Lamelle d’encornet géant saumurée.
    Additifs : Limiter si possible la consommation de ce produit .
    antioxydant : E330 (Acide citrique), correcteur d’acidité : E331 (Citrates de sodium), stabilisant : E501 (Carbonates de potassium) extrait de vinaigre, possible sulfites..

    Avec ce mauvais produit vous ne ferez jamais de …

    Seiche à l’ail et au persil, ni de seiche à la thaï, ni de Calamar ou Encornet grillé au barbecue, ni de rouille de seiche, ni d’encornets farcis, ni de Seiches à la vénitienne à l’encre.

    Alors que le calamar ou la seiche ont une chair ferme et blanche au petit goût sucré. Ils se cuisinent très facilement. Vous pouvez les cuire à la plancha, en fricassée, sautée au wok ou encore panée. Mais ils sont aussi délicieux à préparer à l’américaine, à la sétoise ou cuisinée en risotto, en gaspacho, en beignet ou en tielle. Ils entrent merveilleusement dans la composition de la paella. Ils se marient très bien à tous les ingrédients de la cuisine méditerranéenne : tomate, ail, poivrons, piment d’espelette…

    … mais pas les lamelles d’encornets géant saumurés !


  • Chronique historique de St André d’Olérargues

    Un nouveau site consacré à la commune

    Article destiné à tous ceux qui connaissent St André d’Olérargues et qui s’intéressent à son histoire et, à tous les curieux qui aiment découvrir des coins de France inconnus. Nouveau site sur l’histoire de la commune de St André d’Olérargues

    Cliquez sur l’image pour accéder au site


  • La Suisse passe à coté d’une grande réforme.


    L’initiative « Monnaie pleine » a été rejetée par la grande majorité des électeurs suisses dimanche.

    Les banques commerciales privées suisse pourront continuer de créer de la monnaie comme partout ailleurs et s’enrichir avec de l’argent qu’ils n’ont pas.

    Les banques privées suisses pourront finalement continuer de battre monnaie.

    Le puissant lobby des banques a su faire effrayer les votants pour que cette réforme révolutionnaire ne voit pas le jour.

    Les Suisses ont rejeté massivement une initiative dite « Monnaie pleine » dimanche 75,7 % des électeurs ont voté contre ce plan radical visant à donner à la Banque nationale suisse (BNS), la banque centrale helvétique, le monopole de la création monétaire dans le pays, a annoncé le Conseil fédéral. Et donc à l’ôter aux banques commerciales suisses.

    Actuellement, un peu plus de 10 % de la masse monétaire est émise par la BNS sous forme de pièces et billets, les près de 90 % restants, la monnaie dite scripturale, étant créée de manière électronique par les banques, notamment lorsqu’elles octroient des crédits. Selon la Radio Télévision Suisse, une majorité de cantons a rejeté la proposition, ce qui condamne aussi l’initiative.
    Cette réforme aurait consisté a obliger les banques de détenir des réserves correspondant à 100% des dépôts monétaires, soit une « couverture de 100% ». Autrement dit, cela voudrait dire, en termes simples, que les banques ne peuvent prêter que de l’argent qu’elles ont, qui existe, et non de l’argent qu’elles n’ont pas, qui n’existe pas et qu’elles créent artificiellement.

    Cela aurait été une première mondiale

    Si l’initiative avait été approuvée, la Suisse, célèbre pour son industrie bancaire, aurait été le premier pays au monde à interdire la création monétaire aux établissements privés, ce qui selon les opposants au projet aurait constitué une dangereuse expérimentation.

    La BNS, le Conseil fédéral (gouvernement) et les organisations patronales se sont mobilisés pour le « non ».
    Les partisans de la réforme faisaient valoir que le projet rendrait le système financier plus résistant et ferait du franc suisse la monnaie la plus sûre du monde. Ils ont annoncé leur intention de poursuivre le combat, en dépit des sondages montrant que leur soutien dans l’opinion publique est passé de 42 % en début d’année à 25 %.


  • Avant de critiquer l’absentéisme parlementaire, faut comprendre comment ça marche !

    Glyphosate: de Rugy sabote son Assemblée et François Ruffin explique.

    « Un seul député insoumis présent, sur 17, sur l’interdiction du glyphosate. Je suis trop déçue ! » On a reçu un paquet de courriels comme ça, et des remarques sur Facebook.
    Alors que répondre ? La vérité. Je vais parler pour moi, à la première personne : je suis un bleu à l’Assemblée, et ils m’ont blousé. Ils ont réussi, sur le glyphosate, un tour de force.
    Dans cette guérilla parlementaire, ils ont œuvré pour bafouer la démocratie.

    Qui ça, « ils »? C’est le président de Rugy, en première ligne.

    Qu’on résume : depuis une semaine, sur le projet de loi agriculture, nous siégeons de 9 h 30 le matin à 1 h du matin suivant. Samedi et dimanche compris. Avec, en parallèle, les missions et les commissions. Dans ce tunnel continuel d’amendements, plus de deux mille au total, difficile de deviner quand vont passer les trucs importants. On fait le guet. On perd des centaines et des centaines de votes, à lever la main en cadence. Et après sept jours de cette guerre d’usure, ce mardi, à 1 h moins deux minutes, le président de Rugy décide, arbitrairement, de prolonger les débats. Comme si le glyphosate était un point anecdotique, ou justement parce qu’il ne l’est pas. Parce que, sinon, ça repoussait la discussion au mardi 16 h 30. Et alors, l’hémicycle serait plein, les débats animés sur cette promesse du président Macron, la passion soulèverait les rangs.

    Et ça, il ne faudrait surtout pas.
    Surtout pas.
    Que la chambre d’enregistrement demeure froide et morte.
    Que de Rugy veille sur elle comme un croque-mort sur un cadavre.

    Oui, il faut accuser : le président de Rugy, qui organise lui-même le sabotage du parlement!
    Comment?
    Par ces prolongations nocturnes, certes, ces méthodes de cosaques. Mais au-delà: lui qui devrait nous protéger, lui qui devrait préserver le législatif contre l’exécutif, lui s’en fait le complice quotidien pour nous gaver de lois. Car, pour ce projet Agriculture, qui s’annonçait un marathon, de Rugy aurait pu bloquer deux semaines. On serait retournés chez nous le vendredi, en circo, les idées remises au clair. Mais non, il fallait faire vite. Au pas de charge. Parce que, derrière, arrive Elan, sur le logement, et là encore, on bouclera et bâclera en une semaine, samedi et dimanche compris. Et qu’on se souvienne, juste avant, du projet de loi « Asile et immigration », voté en catimini un dimanche soir ! C’est un dimanche, encore, ce dimanche dans la nuit, que fut rejetée la fin des poules en cages, autre engagement du candidat Macron.

    Et qu’importe, ici, qu’on soit pour ou contre tout ça.
    Qu’importe.
    On voit bien que ces sujets mobilisent des citoyens, des pans de l’opinion.
    Que les controverses et les décisions du Parlement sont attendues.

    Le président de l’Assemblée fait tout, alors, non pour permettre le débat, mais au contraire, pour le miner, pour l’enterrer, pour l’amoindrir. Plutôt que de résister à la toute-puissance de l’Elysée, il agit en porte-flingue.

    Répétons-le: c’est du sabotage législatif.
    Conscient.
    Volontaire.
    De la maltraitance des députés. On s’en fiche, admettons.
    De la maltraitance des salariés, aussi. Cette nuit, alors que les débats venaient de s’achever (à 3 h du matin!, la présidente de séance a d’ailleurs décidé, en dernière minute, de supprimer les « positions de vote » des députés), un copiste de l’Assemblée me chuchotait: « On en a marre. Ca fait onze jours sans pause, pour moi. Avec des horaires impossibles. On est épuisés. On n’a jamais vu ça. »

    Et surtout, de la maltraitance des citoyens, quand les lois sont ainsi passées, en vitesse, presque en clando, dans le dos de leurs représentants.
    Alors, que Les Républicains soient plus aguerris à cet art du siège: on peut le dire. Qu’on manque d’expérience face à ces stratagèmes, et qu’il nous faille progresser: on peut le dire. Que le gouvernement, allié au président de l’Assemblée, nous ait efficacement dupés: on peut le dire.

    On ne peut pas dire, en revanche, que les camarades Insoumis et moi-même soyons paresseux (matez les stats de nosdeputes.fr), ou qu’on s’en fiche du glyphosate (au contraire, c’est presque transformé en symbole identitaire), ou même, même, même, que l’amendement serait passé (un coup de sonnerie, une suspension de séance, et les presseurs de bouton de la majorité rappliquaient, bien plus nombreux que nous).
    N’empêche que.
    N’empêche que.
    A ce jeu injuste, on va s’efforcer de progresser.

    Texte de François Ruffin

    Monsieur « De » RUGY travaille bien pour sa caste ! Et il y en a qui croient que nous sommes en démocratie ! Quelle farce !


  • La raison pour laquelle les US se sont retirés de l’accord nucléaire iranien


    Source : Traduit par Hervé, relu par Cat pour le Saker Francophone. Merci

    Les États-Unis se sont retirés de l’accord sur le nucléaire iranien parce qu’ils sont coincés

    Voici une perspective autour de la décision de Trump de se retirer de l’accord JCPOA, c’est-à-dire l’accord sur le nucléaire iranien, qui n’a certainement pas assez de temps d’antenne. Tout n’est qu’une question d’argent. Après la révolution iranienne de 1978-1979, Jimmy Carter a gelé les actifs de l’Iran aux États-Unis. Depuis lors, les États-Unis conservent entre 100 et 120 milliards de dollars d’actifs iraniens, qui ont généré des loyers et des intérêts. Après la signature de l’accord JCPOA, qui stipulait la levée des sanctions contre l’Iran, Washington a fait de son mieux pour se débarrasser de ces actifs, mais ils auraient dû être rendus aux Iraniens tôt ou tard… à moins que les États-Unis ne se retirent de cet accord, ce qui vient d’être fait.

    Il est très important de noter que ces actifs iraniens gelés sont libellés en dollars américains.

    Et quelle serait la première chose que les Iraniens feraient en reprenant le contrôle du magot ? Mais c’est bien sûr, ils le convertiraient hors de la devise américaine. C’est une exigence inscrite dans la loi iranienne : aucun dollar américain n’est autorisé à être détenu, et personne en Iran n’a le pouvoir de changer cela même s’il le voulait. Selon les Iraniens, les responsables américains ont plaidé auprès des Iraniens pour qu’ils ne liquident pas leurs avoirs libellés en dollars, mais que les Iraniens leur ont dit que personne n’avait l’autorité pour changer cette loi.

    Une liquidation soudaine de cette ampleur aurait creusé un trou irréparable dans le système dollar, qui dépend de sa capacité à vendre d’énormes quantités de bons du trésor américain sur le marché international. La liquidation iranienne des actifs en dollars serait arrivée à un moment où les États-Unis ont un besoin urgent d’acheteurs étrangers de leur dette, la demande est faible et la liquidité chez les gros acheteurs de la dette américaine est à son plus bas historique. Cela aurait suffi à déclencher une ruée sur le dollar américain, tout le monde vendant ses bons du trésor. Cela pourrait mener à l’effondrement de tout le système qui permet aux États-Unis de faire les poches du reste du monde en l’obligeant à racheter continuellement sa dette.

    Ainsi, la décision de Trump de se retirer de l’accord JCPOA est une tentative de retarder l’inévitable. Les États-Unis s’achètent un peu plus de temps. C’est un mouvement qui sent la peur et le désespoir. En prenant cette mesure, Washington devient le grand perdant : personne ne voudra plus négocier d’accord avec les Américains maintenant qu’ils se sont montrés incapables de les respecter. D’un autre côté, il semblerait que l’Iran ne sera pas beaucoup frappé par ce développement ; ce pays vit déjà sous un régime de sanctions sous une forme ou sous une autre depuis 40 ans et s’en porte plutôt bien malgré lui.

    Et puis il y a des gagnants.

    Avec toute l’incertitude géopolitique que cela entraîne, les prix du pétrole remontent. Grâce à la hausse des prix du pétrole, l’industrie de la fracturation hydraulique aux États-Unis aura enfin la possibilité de commencer à rembourser sa dette massive (ils ont à peine réalisé un centime de bénéfice réel jusqu’à présent). Et, bien sûr, c’est une excellente nouvelle pour Poutine & Co pour la gestion de leur banque centrale [et augmenter les réserves d’or, NdT]. Avec le pétrole fournissant une fois de plus un flux massif de recettes fiscales, le plan ambitieux de Poutine sur six ans visant à améliorer considérablement le niveau de vie de tous les Russes sera facile à financer.

    Les détenteurs de la dette américaine dans le monde auront une chance de se dé-dollariser graduellement au lieu de le faire soudainement et de manière catastrophique. De nombreux pays, la Chine en particulier, ont été très actifs dans la négociation de swaps de devises entre eux pour éviter d’utiliser le dollar américain dans le commerce. Ces arrangements les protégeront des malheurs liés au dollar lorsque le système pyramidal de la dette américaine s’effondrera finalement. Les États-Unis eux-mêmes ne seront pas aussi chanceux : lorsque les bons du Trésor des États-Unis vont plonger, la capacité de dépense du gouvernement américain s’évapora.

    Et puis les 1,3 trillions de dollars en circulation dans le monde entier (la plupart sous forme de billets de 100 dollars que les Américains voient rarement) reviendront. Les acheteurs étrangers, armés de boisseaux de billets de 100 dollars, fondront sur les États-Unis comme des sauterelles, achèteront tout ce qui n’est pas coulé dans le béton, et tous les actifs négociables. Une fois cette frénésie finale terminée, personne ne saura ou ne se souciera beaucoup de ce qui se passe aux États-Unis, tout comme personne ne savait ou ne se souciait beaucoup de ce qui se passait dans l’ex-URSS dans les années 1990 : « Plus personne n’y va, c’est trop dangereux. »

    Vous devriez certainement vous sentir libre de croire Donald Trump quand il dit que sa décision de violer l’accord JCPOA est basée sur le fait que l’Iran essaye de construire une bombe nucléaire.

    Un fait ? … Désolé, les faits exigent des preuves, et il n’y en a pas en dépit du régime d’inspection le plus invasif de l’histoire. Mais les preuves qui existent vont dans une direction différente. Les États-Unis avaient l’habitude de bombarder des pays (Irak, Libye) qui tentaient de quitter le système du dollar. Maintenant, ce pays refuse simplement de leur rendre leur argent et ment sur les raisons. Cela peut fonctionner une ou deux fois, mais finalement le monde dira : « Tu peux garder ton argent pourri ; ferme-la et va-t’en ».


  • L’Amérique a cessé de nous fasciner pour mieux nous inquiéter


    Source : Laurent Sagalovitsch SLATE.fr
    Temps de lecture: 2 min

    Jusqu’à quand va-t-elle dégringoler

    La simple question qui mériterait d’être posée quand on en vient à disserter sur l’Amérique serait de se demander jusqu’à quand elle va dégringoler de la sorte. Jusqu’à quand va-t-elle aller à rebours de son histoire et emprunter des chemins qu’on croyait réservés à des nations européennes assez folles dans leur furie nationaliste pour avoir adopté dans le passé des comportements si immondes que leur souvenir continue encore de leur coller à la peau?

    Jusqu’à quand cet immense pays qui nous a donné Melville et Faulkner, Ford et Griffith, Pollock et Hopper, va-t-il se comporter comme une petite colonie mafieuse qui, de paroles fielleuses en postures indignes, de renoncements en rapiècements, d’accusations fantoches en élucubrations grotesques, sombre peu à peu dans une sorte de grand foutoir sans queue ni tête dont on aurait bien du mal à saisir la logique, si ce n’est celle d’imposer sa force, à l’intérieur comme à l’extérieur de ses frontières, par une sorte de tropisme triomphant qui serait celui du grand homme blanc outragé?

    On ne bâtit pas un pays sur la haine ni sur la division, pas plus qu’on ne se projette dans le monde avec comme seul principe celui de faire triompher ses intérêts au mépris de toute autre considération, emporté par une sorte d’aveuglement furieux où l’on piétine allègrement des accords internationaux quand ce ne sont pas des amitiés vieilles parfois de plusieurs siècles.

    Les signes avancés d’une maladie dégénérative

    C’est à se demander si l’Amérique n’est pas en train de payer toute cette accumulation de culture au rabais qui de Facebook en Twitter, de Netflix en films de superhéros, de malbouffe en abondance de publicités d’une niaiserie sans fond, d’outrance en vulgarité, provoque des dégâts tels dans les psychés individuelles que le pays, saturé de mauvaises graisses, apparaît comme inapte à articuler ne serait-ce que le début d’une pensée cohérente. Trump n’a pas été élu par hasard. Il est le résultat d’un grand dérèglement culturel qui a irrigué si profondément l’âme du pays qu’il ne semble plus être en mesure de surseoir à sa lente et longue agonie.

    Toute cette débauche de programmes débilitants à souhait, tout ce foisonnement de nouvelles technologies qui permettent à la haine ordinaire de se propager et de se répandre à la vitesse de l’éclair, tout cet obscurantisme de la pensée qui défie la science et les savoirs, tout ce triomphe de l’ignorance présent à tous les échelons de la société, sont les signes avancés d’une maladie dégénérative dont les conséquences se font peu à peu sentir, dans cette sorte de repli sur soi furieux qui exclut de son chemin tous ceux qui auraient le tort de ne pas penser comme la majorité silencieuse.

    À force d’avoir renoncé à élever les gens par le haut, à force de leur servir de la mélasse outrancière et sans saveur, à force de les engrosser à coups d’objets culturels qui ont fait le deuil depuis bien longtemps d’amener les individus à réfléchir par eux-mêmes, à force de rogner sur les fondamentaux nécessaires à l’émancipation de la pensée, à force de divorcer d’avec le réel pour s’abîmer dans des fantasmagories où triomphent des êtres sans aucune consistance intellectuelle, on en arrive à une Amérique qui a cessé de nous fasciner pour mieux nous inquiéter.

    Reste à savoir si elle a touché le fond ou si elle peut rejoindre dans l’infamie ce que fut l’Allemagne au siècle passé.

    Question cruciale à laquelle on aura bien vite la réponse.


  • Nouveau poison alimentaire en provenance des Etats-Unis, approuvé silencieusement et secrètement en Europe : l’isoglucose


    Source : Sott.net

    L’industrie ne semble pas avoir eu beaucoup de difficulté à faire approuver une nouvelle substance toxique.

    Les entreprises essaient depuis des années et soudain, comme par magie, l’isoglucose, nommé sirop de maïs, a été approuvé par l’UE ! Ainsi, à l’insu du public, le marché du sucre et l’industrie des édulcorants a obtenu une nouvelle réglementation.

    L’isoglucose est officiellement approuvé comme additif alimentaire depuis octobre 2017. En fin de compte, il s’agit d’un sucre produit artificiellement, même si le maïs en est un composant.

    L’industrie alimentaire européenne s’efforce de ne pas porter cette information au public afin que les entreprises ne soient pas aussi malmenées que leurs concurrentes aux États-Unis.

    Dans ce pays, les clients achètent de plus en plus souvent leurs boissons gazeuses au Mexique, car le sucre de canne, beaucoup plus cher que l’isoglucose, y est encore utilisé. C’est probablement la raison pour laquelle tout a été adopté discrètement et secrètement à Bruxelles. Toutes les restrictions sur ce sucre artificiel ont été levées par l’UE !
    A l’avenir, cette substance sera utilisée dans la crème glacée, le chocolat, le pain, les produits de boulangerie… et et et. Des études récentes montrent que l’isoglucose est particulièrement nocif pour la santé.

    La Commission européenne prévoit de tripler la production d’isoglucose en Europe, qui passera de 0,7 million de tonnes à 2,3 millions de tonnes.

    Dans l’UE, l’isoglucose, qui est principalement produit à partir du maïs, n’a joué jusqu’à présent qu’un rôle mineur, contrairement à des pays comme les États-Unis et le Canada. En 2017, les producteurs américains pourrons approvisionner le marché européen avec du sucre artificiel, produit principalement à partir de l’amidon de maïs et contenant beaucoup de fructose dangereux. Cela est susceptible de mener a un diabète de type 2, en particulier chez les jeunes.

    Depuis 2000, la consommation d’isoglucose aux États-Unis diminue rapidement pour des raisons de santé.

    Pour cette raison, de nombreuses usines ont dû fermer. Avec ce nouvel essor en Europe, l’isoglucose (fabriqué à partir des produits américains de Monsanto) est maintenant importé pour répondre à la demande.

    On peut se demander si on pourra l’éviter sur le long terme, car il est utilisé de partout !

    J’ai examiné certains produits et il est déjà présent dans la plupart d’entre eux. Dans le passé, « sucre » était écrit sur le contenu.

    Maintenant c’est l’isoglucose qui est mentionné sous l’appellation sirop de glucose-fructose ou sirop de fructose-glucose !

    La plupart des fabricants de boissons gazeuses utilisent beaucoup de sirop de maïs contenant du fructose pour sucrer leur boisson, qui est produit à partir de céréales OGM, transformée industriellement et mélangée à des produits chimiques pour devenir un sirop sucré. Par exemple, une bouteille de Coca-Cola contient 65 grammes d’isoglucose (sirop de fructose-glucose).

    L’UE prévoit l’utilisation de 2 millions de tonnes par an d’ici 2023. Cela signifie que 2 millions de tonnes de sucre de canne en moins seront importées des pays africains, ce qui entraînera une nouvelle vague de pauvreté et de réfugiés.

    Le fructose produit artificiellement a plus d’effets négatifs sur la santé que le sucre ménager.

    Ce sont les résultats d’une nouvelle étude publiée dans Journal of Nutrition.

    L’augmentation de l’obésité aux États-Unis depuis les années 1970 a été accompagnée d’une augmentation générale de la consommation de sucre et d’un passage du sucre cristallisé au sirop de maïs à haute teneur en fructose.

    Une expérience animale avec des souris a également montré les effets nocifs : 40 souris ont été divisées en 2 groupes. Certaines ont reçu 25 % de leurs besoins caloriques quotidiens en sucre cristallisé et d’autres en fructose. Le taux de mortalité dans le groupe fructose a été deux fois plus élevé et leur descendance a diminué de 26 %.

    La consommation de fructose aux États-Unis a augmenté de plus de 1000 % entre 1970 et 1990. L’étude attribue la résistance à l’insuline, le diabète de type 2, l’obésité et les maladies cardiovasculaires à la forte consommation de sucre ajouté dans l’alimentation.

    Tout cela et plus encore est aussi un petit aperçu du PTCI (TTIP en anglais) quand il arrivera. Les négociations secrètes sont déjà en cours.

    Bonne appétit !


  • Mandats limités dans le temps… ils nous prennent pour des cons !

    Emmanuel Macron tient sa promesse.

    Selon l’avant-projet de réforme des institutions, qui a fuité ce mercredi 9 mai, les mandats des élus seront bien limités dans le temps, mais …

    C’est un compromis comme seule la politique sait en inventer, dans le « nouveau monde » aussi bien que dans l’ancien. Dans l’avant-projet de la réforme institutionnelle préparée par le gouvernement d’Edouard Philippe, la limitation des mandats des élus dans le temps, promise par Emmanuel Macron, figure bien, à en croire Le Monde de ce mercredi 9 mai. Par rapport à l’annonce initiale du président, la mesure a pourtant subi un léger ripolinage.

    Il est désormais prévu qu’un parlementaire qui a déjà effectué trois mandats ne pourra plus se représenter… à partir de 2032, au plus tôt ! Soit dans quatorze ans ! ! ! ! ! ! ! Malin.


  • L’UE bannit (presque) trois pesticides néfastes pour les abeilles

    Les États membres ont validé le 27 avril l’interdiction de trois néonicotinoïdes

    Et ce sur l’ensemble des cultures en plein champ, en raison de leurs effets jugés néfastes sur les abeilles.

    La majorité qualifiée a été obtenue à l’issue d’une réunion d’un comité permanent en charge du sujet. D’après l’AFP, la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne ont voté en faveur de la proposition de la Commission, soutenue par le Parlement européen.

    Quatre États jugent à courte vue, que la production passe avant la préservation des abeilles, ce sont la Roumanie, la République Tchèque, le Danemark et la Hongrie qui ont voté contre.

    Les trois pesticides concernés – le clothianidine, l’imidaclopride et le thiaméthoxames – faisaient déjà l’objet d’une interdiction partielle mise en place par la Commission en 2013. Le vote du 27/04 permet non seulement d’étendre l’interdiction dans le temps, mais également de la généraliser à l’ensemble des cultures.

    Des exceptions sont prévues pour l’usage de ces nénonicotinoïdes au sein de serres permanentes qui pourtant devraient être naturellement protégées des insectes parasites, du fait de leur confinement.

    Effets néfastes sur les abeilles

    « Il s’agit d’une étape importante dans la protection des abeilles et des autres pollinisateurs », s’est félicitée Wiebke Schröder, responsable de campagnes pour la protection des abeilles chez l’ONG SumOfUs. Depuis décembre, 80 ONG, dont SumOfUs, militent dans le collectif « Save The Bees » pour obtenir cette interdiction. Ces organisations mettent en avant plusieurs enquêtes scientifiques venues détailler les effets des pesticides sur les pollinisateurs.

    Parmi celles-ci, une série de rapports publiée fin février, l’Agence européenne pour la sécurité alimentaire concluait que les abeilles pouvaient par de multiples façons être exposées aux pesticides néonicotinoïdes. Des résidus de ces derniers se trouveraient sur le pollen et le nectar des cultures traitées. Les plantes à proximité des cultures pourraient également être contaminées par la poussière en provenance du champ traité aux pesticides.

    « Quand on sait que les abeilles pollinisent 84 % des cultures européennes et 4 000 variétés de végétaux et que le taux de mortalité des abeilles atteint les 80 % dans certaines régions d’Europe, ce vote était essentiel pour l’avenir de la biodiversité et notre agriculture ! » a souligné le porte-parole des sociaux-démocrates européen à l’Agriculture Éric Andrieu dans un communiqué.

    Manque d’alternatives pour les opposants, mieux vaut produire quitte à détruire

    « L’agriculture européenne va souffrir de cette décision », prédit de son côté Graeme Taylor, Porte-Parole de l’Association européenne pour l’industrie du pesticide (ECPA).

    Le représentant décrie une « décision prématurée », alors que deux jugements de la Cour de justice de l’Union européenne sont attendus sur le sujet le 17 mai.

    Ces jugements concernent deux poids lourds de l’industrie des pesticides, l’entreprise suisse Syngenta et celle allemande Bayer. Le commissaire à la sécurité alimentaire Vytenis Andriukaitis a néanmoins déclaré hier (26 avril) à Euractiv, que « ces deux enjeux ne sont pas connectés ».

    Selon Graeme Taylor, cette interdiction présente un risque pour la viabilité de l’agriculture européenne. « Une telle décision est en contradiction directe avec les conclusions de récents rapports par l’ANSES (Agence nationale française de sécurité sanitaire) et le JRC (centre de commun de recherche de la Commission) sur la disponibilité et la viabilité d’alternatives ».

    Dans un rapport publié le 5 mars, l’ANSES n’a en effet trouvé, pour plusieurs cultures, que des alternatives à l’usage de pesticides, par exemple concernant les attaques de mouches sur les cultures de betteraves.


  • « Quand vas-tu enfin cesser d’être con ? » Signé : « Ta conscience ».


    Source : https://www.legrandsoir.info/la-mise-a-jour.html

    Quand Ils ont …

    Quand Ils ont pris aux Pauvres pour distribuer aux Riches, je n’ai rien dit, je n’ai rien exprimé, je n’étais pas touché, je suis dans l’entre-deux et mon ordi ramait comme jamais, vous comprenez ?

    Quand Ils ont accéléré la machine à expulser, je n’ai rien fait, je ne suis pas expulsable, et ma commande était enfin passée, la situation débloquée, vous saisissez ?

    Quand Ils ont abusé de la notion de sécurité, pour soi-disant sauvegarder nos libertés, j’ai cru à leur sincérité, en plus « la liberté, c’est l’esclavage » et j’étais en pleine frénésie d’achat pour le noël des petits et des grands, vous acquiescez ?

    Quand Ils ont instauré la Démocrature au nom de la sauvegarde de nos valeurs, je n’y ai vu que la signature du Bien contre les forces du Mal, et ma carte bleue commençait à chauffer, vous agréez ?

    Quand Ils ont fait une année mirifique pour les ventes d’armes, je m’en suis réjoui, je n’y ai vu que l’éclat des affaires, en plus « la guerre, c’est la paix » et j’étais encore indécis, je voulais tant ne pas décevoir mes amis, vous approuvez ?

    Quand Ils ont stigmatisé les parasites, j’ai cru à la véracité de la com’, j’ai reconnu ceux que l’on me désignait à l’envi et comme client, j’aime bien être servi sans délai, vous me soutenez ?

    Quand Ils ont inventé ce mouvement novateur, je me suis mis en marche, je crois au bienfait du sport, manger 5 fruits et légumes, c’est bon pour ma santé et je m’apprêtais à faire des excès, vous aussi vous anticipez ?

    Quand Ils ont comme supprimé l’ISF pour stimuler l’investissement, je n’y ai vu que du feu, je suis ignare en économie, je laisse cela aux experts, en plus « l’ignorance, c’est la force » et mes achats étaient en cours d’acheminement, vous suivez ?

    Quand Ils ont détricoté les conquis sociaux, je n’y ai pas vu le mal, je croyais que c’étaient des acquis, les nuances sémantiques c’est pas mon fort et avec tous mes achats, j’allais pouvoir bénéficier de juteuses remises, vous m’enviez ?

    Quand Ils ont installé des caméras, des joujoux par milliers, je n’ai rien manifesté, je crois en la vertu du progrès, j’aime bien savoir où je suis et les colis, on pouvait déjà les suivre d’un clic, vous opinez ?

    Quand Ils ont débauché par palanquées pour soi-disant plus embaucher, je n’ai rien pensé – j’avais tout dépensé, non je déconne, j’avais pas fini, je me sentais plutôt bien loti et je prévoyais de faire une fête d’anthologie, se faire plaisir c’est primordial, vous confirmez ?

    Quand Ils ont présenté leurs vœux, j’ai cru à leur franchise, à l’égalité, à la fraternité, j’ai pris ça pour moi, en tous cas, pour moi et mes amis, je n’ai pas lésiné, le buffet était à volonté, vous salivez ?

    Quand Ils ont privatisé la Sécu, pour soi-disant plus d’efficacité, j’ai bu à sa santé et lancé « notre Sécu est morte, vive la sécurité », j’ai lu le bonheur dans mon entourage, merci les bulles, vous appréciez ?

    Quand Ils ont modifié la devise nationale, j’ai resservi tout le monde, la sécurité c’est l’attractivité, la productivité c’est la félicité, la flexibilité c’est la sérénité, nous avons enfin sabré le balthazar en l’honneur d’Orwell, vous aimez ?

    Quand Ils ont fait retentir la sonnerie du réveil, comme Ils ont insisté, je me suis levé tel un zombie, j’ai gagné la salle de bains, les synapses encore dans le coaltar comme si j’étais lobotomisé, vous visualisez ?

    L’eau froide sur le visage brouillé, je découvre le rouge à lèvres non refermé, puis, sur le miroir qui m’a coûté une blinde, un message : « Quand, oui, quand vas-tu enfin cesser d’être con ? » Signé : « Ta conscience ».

    Un courant d’air frais m’invite, m’incite à parcourir l’appart : il est vide, désespérément vide. Elle est donc partie : je n’ai pas su la retenir.

    Comme je referme la porte, les fenêtres, l’air se fait douceur, je retrouve mon ordi. Il brille de mille feux : « La mise à jour est terminée ».


  • Liaisons troubles entre recherche publique et agrochimie

    Source : Le Monde. Par Stéphane Foucart

    Disparition des oiseaux

    Deux études françaises sur le déclin des oiseaux ont été partiellement financées et coordonnées par les fabricants de produits phytosanitaires BASF et Bayer.
    Les effets des pesticides auraient été minimisés.
    Influence discrète de financements privés sur une recherche publique ? A deux reprises, des travaux de chercheurs du Muséum national d’histoire naturelle (MNHN), portant sur les effets des pesticides sur la bio¬diversité, ont été partiellement financés par les sociétés agrochimiques Bayer et/ou BASF. Or les choix scientifiques opérés dans le cadre de ce partenariat ont potentiellement conduit à minimiser les effets négatifs de produits phytosanitaires sur les oiseaux, par rapport à d’autres variables comme l’habitat et la structure du paysage.

    La question est brûlante.

    Elle est revenue dans l’actualité, fin mars, avec l’annonce conjointe du MNHN et du CNRS des derniers chiffres de deux réseaux d’observation : environ 30 % des oiseaux des campagnes françaises ont disparu en quinze ans, du fait de l’intensification des pratiques agricoles. Pesticides, agrandissement des parcelles et disparition des haies, fin de la politique de jachères… les causes de cet effondrement, décrit par les chercheurs comme « proche de la catastrophe écologique », sont multiples, mais la conversation publique s’est vite orientée sur la question des pesticides.

    A tort ou à raison ?

    Dans le débat médiatique qui a suivi, des travaux conduits par des chercheurs du MNHN – dont certains à l’origine de la communication alertant sur le déclin des oiseaux – ont été cités pour relativiser le rôle des intrants chimiques. De fait, deux études, publiées en 2014 et 2016 dans la revue Agriculture, Environment & Ecosystems, suggèrent que l’impact des pesti¬cides sur l’abondance et la diversité des oiseaux des champs est jusqu’à trois fois moins important que celui du paysage. La première précise qu’elle a été financée par Bayer et BASF ; la seconde qu’elle l’a été par BASF seulement.